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Conseils, science, sante et bien-être


Être un salaud permet de mieux faire carrière.

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Mai 2015, 14:27pm

Catégories : #DEVELOPPEMENT, #ENTREPRISE, #TRAVAIL, #EMPLOI

Dans la biographie que Walter Isaacson a consacrée à Steve Jobs en 2011, il ressort du portrait du génial fondateur d'Apple qu'être une "ordure" est l'une des clés de la réussite.

 

Être un salaud permet de mieux faire carrière.

Atlantico : Ce phénomène a-t-il été théorisé ? Quelles études viennent soutenir l'idée qu'être une ordure constitue un avantage pour réussir ?

Hamid Aguini : Ce qui apparaît rapidement dans une personnalité comme celle de Steve Jobs, c’est que c’est un génie. Il a construit l’entreprise qui est probablement la plus rentable du monde. Ce qui intéresse les théories autour du management, de la sociologie ou de la psychologie c’est de se centrer sur ce qu’on peut apporter de positif en termes de comportement. Aucune théorie managériale n'explique comment manipuler les autres, comment profiter des autres et comment être une "ordure". Toutes les théories apportent des méthodes pour obtenir des résultats positifs ou pour obtenir ce qu’on veut : le leadership, la communication, le marketing, le management participatif.

 

 

 

 

Ce qui est important, c’est comment manager un individu, comment créer une entreprise, comment atteindre ses objectifs, comment avoir un marketing stratégique, etc. Pour moi, une "ordure" est une personne qui n’a aucune moralité, et n’a aucune éthique.

Pascal Neveu :  Plusieurs études universitaires anglo-saxonnes s’intéressent à la personnalité des leaders, à leur style de management et à l’analyse des facteurs de leur réussite. Car aux Etats-Unis, réussir est important et est valorisé. En effet la culture américaine laisse la possibilité d’accéder à des fonctions prestigieuses. Il n’est donc pas rare qu’une biographie ou un film racontent l’histoire d’un succès saupoudré d’un portrait psychologique qui dévoile les bons aspects et les mauvais travers d’un Steve Jobs ou Alfred Hitchcock. « Génial mais peu aimable, hors norme mais dur et exigeant, faisant pleurer… » sont des descriptions très souvent retrouvées, surprenant celles et ceux qui ne font pas partie de leur entourage.

 

Les chercheurs s’intéressent à une sorte de portrait robot du « winner ». Il en ressort que la représentation que nous nous faisons, et que nous acceptons, de celui qui a réussi, est plus proche du requin blanc que du chérubin.

Comme l’écrivait Machiavel : « La fin justifie les moyens ! ».

En France où la réussite suscite envie et jalousie, quand elle n’est pas caution à des rumeurs, les études portent avant tout sur la vie des employés (conditions de travail, risques psycho-sociaux, burn-out…) et non la personnalité des dirigeants qui sont par essence des nantis, profiteurs, libéraux sans scrupules… de véritables ordures !

De fait, être une ordure aux USA n’a pas la même portée symbolique qu’en France. L’ordure, en France est celui qui méprise l’autre, tire jouissance dans la destruction de l’autre. Il ne peut acquérir le statut de génial, ni de haute fonction, ou alors sera suspecté d’être un pervers narcissique.

 

Comment expliquer que les personnes les plus "odieuses" parviennent à obtenir plus que les autres ? Comment expliquer que cela les servent plus que ça ne les dessert ?

Hamid Aguini : Ce que j’ai constaté en matière de management, dans mon expérience professionnelle, c’est que ceux qui ne demandent rien, n’obtiennent rien. Dans le monde de l’entreprise comme dans la vie quotidienne, si l’on veut quelque chose il faut aller le chercher. Ceux qui vont oser, ce sont ceux qui vont obtenir le plus, notamment dans le monde de l’entreprise.

Laissez-moi vous développer cette image : un "salaud", une "ordure" est comme une voiture lancée à pleine vitesse, sans frein, il fonce, il ose, et demande ce qu’il veut, quand il veut, à qui il veut, sans aucun complexe, en faisant dégager tous les obstacles qui peuvent obstruer son chemin. L’ "ordure" est quelqu’un qui va aller loin, et qui ne se préoccupe pas des obstacles qu’il pourrait rencontrer sur la route.

Dans mon livre "La rébellion positive", j’explique que le manipulateur est quelqu’un dénué d’empathie, ne se préoccupant pas de ce que ressentent les autres, et ayant d’excellentes qualités pour se vendre auprès de la hiérarchie ou auprès des clients. Il a un double avantage : il ne se laisse pas influencer par des problèmes émotionnels, sentimentaux, et il d’adapte très rapidement, il fait même preuve d’une grande suradaptation, et adopte les bons comportements lors de certaines difficultés.

Ces gens-là obtiennent plus que les autres car ils osent, ils savent formuler leurs demandes et leurs attentes. Ils n’ont jamais peur de demander une augmentation, ils savent jouer sur les arguments pour faire bouger les choses.

Pascal Neveu : Dès l’antiquité des tyrans dirigeaient des populations par la terreur, la peur engendrée par ces pratiques se révélant contre-productive.

Le principe à retenir, utilisé dans ce cas de figure, est simple : c’est la loi du plus fort qui l’emporte !

Lorsque deux ou plusieurs personnes ou groupes ont des intérêts antagoniques, ils peuvent entrer dans un rapport de forces. C’est alors que la jalousie, la rivalité, le besoin de dominer, la nécessité de résister à une domination, la fascination, l'admiration, l'envie, la peur, le rejet, l'application de la loi, la mobilisation populaire pour l'obtenir alimentent le rapport de forces. Une variété d’émotions et de ressentis qui nous amènent à nous positionner.

Un pas est alors franchi dans la relation dominant/dominé, comme le rappelle Machiavel : « La raison du plus faible n’est jamais assez forte puisqu’elle ne lui permet pas de prendre l’avantage sur son adversaire ». Universel, non réservé aux humains (travail, couple…), le cas de putschs violents chez les Gorilles le démontre également.

L’odieux n’est pas banni. Au contraire il va être respecté.

Notre sensibilité psychique nous renvoie à l’idée que celui qui est odieux est titulaire d’un pouvoir qui l’autorise à sortir du cadre normal. « S’il agit ainsi, c’est qu’il est intouchable et puissant… et donc qu’il a réussi. » pourrait-on penser.

Un patron gentil n’apparaîtra pas, aux yeux de ses employés, comme suffisamment sécurisant, ne pouvant faire l’affaire face à un monde régi par des pulsions instinctives pour ne pas dire animales, sans foi ni loi.

Un patron se doit d’être respecté, usant symboliquement de notre rapport à la crainte de la figure autoritaire du père ou de la mère. 

Atlantico

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l'aboyeur 22/05/2015 20:37

+2

Rouezz 22/05/2015 17:01

Oui et non. Des entreprises exigeantes et employant une main d'oeuvre qualifiée ne mettent pas des salauds aux postes de manager. Là bas tout est fait pour créer une atmosphère de travail productive, avec confort, bonne ambiance et surtout respect !

l'aboyeur 22/05/2015 20:37

+2

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