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Marichesse.com

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Conseils, science, sante et bien-être


10 conseils pour résoudre un conflit sans violence

Publié par MaRichesse.Com sur 14 Mai 2015, 10:51am

Catégories : #FAMILLE, #DEVELOPPEMENT, #RELATIONS, #COUPLE

S’affirmer dans le respect d’autrui, désamorcer l’agressivité, savoir négocier… Des comportements que chacun d’entre nous souhaite apprendre

 

10 conseils pour résoudre un conflit sans violence

Face au conflit

Au bureau, Lilly, secrétaire, est contrariée : son nouveau patron dicte trop vite. Elle a bien essayé de le lui signaler, d’un geste timide… Il lui a renvoyé un bref sourire ironique, puis a continué son monologue, sans fléchir le rythme. Lilly bouillonne : le stress, la frustration de ne pas pouvoir affirmer ses compétences, la peur d’être renvoyée… Fragilisée, elle devient sensible à toute critique. « Si je parle ouvertement, se dit-elle, je vais passer pour une nulle. Les patrons sont des tyrans ! » Dans cet état d’esprit, Lilly peut-elle imaginer une discussion positive avec son chef ?

Quand deux personnes se bloquent sur une divergence de point de vue, que cela empoisonne leurs relations et occasionne des heurts, nous parlons de « conflit ». Le terme s’applique chaque fois que deux parties, individus ou groupes, vivent un désaccord comme un rapport de forces. Limitons-nous au cas le plus courant : le conflit interpersonnel. Quand il survient en famille, au travail, à l’école, nous le percevons comme un épouvantail. Il fait naître en nous des sentiments d’hostilité, de haine, de peur, ainsi que de la souffrance. Pour chacun de nous, les extravertis comme les réservés, la situation conflictuelle est une rude épreuve. Au point que l’on est tenté de la contourner, en faisant semblant d’être content ou en arborant un sourire qui nous rend acceptable aux yeux des autres. Mais avons-nous la paix pour autant ? 

En refusant d’extérioriser ce qui nous « tiraille », nous renonçons à nos désirs, nous optons pour une vie guidée par les convenances. Pire, nous risquons des déséquilibres, physiques et psychiques, en enterrant des émotions dans notre inconscient. D’où l’enjeu d’apprendre à traiter positivement les conflits. Notre bien-être, notre joie de vivre et de nous accomplir en dépendent. Pour mieux saisir les cas de conflits, voyons ce qui les motive. 

Quand quelqu’un fait fi de nos envies, de nos intérêts, de nos valeurs, c’est comme s’il nous disait : « Tu n’es rien. » Qui peut accepter de compter pour rien ? La négation de notre besoin d’exister et d’être reconnu provoque en nous de l’agressivité. Notre incapacité à réagir nous met aussi en colère contre nous-mêmes. 

Force dangereuse ou salutaire ? Tout dépend de la réponse que nous adoptons pour la canaliser : attaquer l’adversaire au risque de la violence, éviter le conflit en étouffant ses sentiments, établir un échange avec l’autre pour se faire comprendre… Seule cette dernière attitude s’avère constructive. Parce qu’elle oriente la poussée agressive vers l’affirmation de soi, dans le respect d’autrui. C’est quand nous devenons capables de satisfaire nos besoins – tout en tenant compte des autres –, que nous atteignons la maturité affective.

La communication non violente

Un outil pour acquérir de l’empathie
Pascale Molho, médecin, pratique la communication non violente (CNV) à l’hôpital. Une ambiance « électrique » règne dans ce service qui traite des maladies hémorragiques : depuis l’affaire du sang contaminé par le VIH, les patients hémophiles retiennent beaucoup de colère, tandis qu’une culpabilité latente pèse sur les soignants.

Pascale Molho reçoit en consultation un jeune homme de 23 ans, contaminé, qui lui demande un somnifère en plus de son traitement. Connaissant sa tendance à abuser de ce type de médicament, elle refuse. Furieux, le malade réplique : « Jusqu’à maintenant, tout ce que vous m’avez prescrit, c’est de la merde ! Alors, je ne vois pas pourquoi vous faites des manières, ma petite dame. » C’est à cet instant que s’applique le « réflexe » CNV.

Il consiste à contrôler son envie d’argumenter et à deviner ce que vit l’autre, ses sentiments et ses besoins. Enfin, il s’agit de formuler une réponse en miroir. Pascale Molho a répondu : « Vous êtes très en colère à cause de la contamination VIH. Vous avez besoin qu’on comprenne à quel point cela a détruit votre vie ? » Rien que le fait de se voir « reflété » – pas seulement au niveau des mots, mais avec le cœur – procure la sensation d’être compris, et donc un soulagement. La tension agressive est désamorcée, l’échange peut continuer.

Etre attentif aux sentiments d’autrui, pour s’harmoniser avec ce qu’il ressent, s’appelle avoir de l’empathie. La CNV se présente comme une voie pour acquérir cette attitude, non seulement vis-à-vis d’un autre, mais aussi pour soi-même. Sous l’angle de la progression personnelle, la méthode consiste à écouter son interlocuteur en se demandant : «Qu’est-ce que ses propos font naître en moi ?» Si, à l’écoute de votre discours intérieur, vous piégez une pensée comme «Il est nul», ou si vous ressentez de l’irritation, dites-vous que vous êtes en train de juger, et que ces mouvements de colère vous rendent sourds à vos besoins. Pour sortir de cet état, commencez par vous taire, pour ne pas semer de violence supplémentaire, puis osez le « geste » clé : renoncez à votre habitude d’évaluer, pour sentir ce qui se passe en vous.

Avec courage et patience, car le changement ne se fait pas immédiatement… Vous saurez que le processus est en train de réussir quand vous observerez un lâcher-prise dans votre corps, accompagné de sentiments comme la tristesse, l’impuissance, la solitude, le découragement… Demandez-vous alors quel désir non assouvi vous fait éprouver cela. Quand vous l’aurez découvert, vous deviendrez capable de vous mobiliser pour le satisfaire.

La CNV a un symbole, la girafe, à cause de son cœur, le plus gros chez les mammifères. Son inventeur, le psychologue américain Marshall Rosenberg, vient régulièrement en France.

La résolution de conflit

Exercices de négociation et travail sur les émotions

Depuis une dizaine d’années, des organismes se sont spécialisés dans l’approche non violente des conflits. C’est le cas de l’Ifman (Institut de formation du Mouvement pour une alternative non violente), qui propose des stages aussi bien à des acteurs de la vie sociale qu’à des particuliers. En groupes de dix à quinze personnes, les stagiaires découvrent les concepts et les outils qui servent à analyser et résoudre les conflits. La pratique y est très présente : exercices de communication et de négociation, travail sur le corps et les émotions, recherche de solutions face à des situations de crise…

L’Ifman s’inscrit dans un mouvement de réflexion et d’action sur la non violence. Son directeur, François Lhopiteau, précise l’esprit de sa mission : « Gandhi et ses successeurs. sont nos maîtres à penser. Nous tentons de rendre une orientation philosophique opérationnelle au quotidien. »

De son côté, la Communauté de l’arche Saint-Antoine anime un cycle de sessions intitulé « Relations et non-violence ».

Le but : apprendre à se calmer physiologiquement quand les émotions s’emballent. « Les stagiaires viennent avec les situations conflictuelles qu’ils vivent, indique Philip Van de Vijver, formateur. Nous les plaçons en jeu de rôle : le groupe invente et teste des comportements pour gérer le conflit de façon positive. Des solutions émergent… Chacun choisit celle qui lui convient. Nos grilles d’analyse se limitent au plan comportemental ; nous avons la ferme volonté de séparer pédagogie et thérapie. »

Ce travail est ponctué par des temps de relaxation, des danses et des jeux. Les formateurs sont des membres de la communauté, qui s’efforcent de vivre selon l’enseignement de Lanza del Vasto et de l’Evangile. Rien de philosophique ni de religieux dans les stages, seulement leur rayonnement… et le tintement de la cloche qui scande la vie communautaire toute proche.

 

L’appel à un tiers

Quand on n’arrive pas à régler un conflit

Les Iraniens de Paris étaient de fête, ce jour-là. Soudain, le ton monte entre deux hommes. C’est l’escalade. L’un d’eux, réfugié politique, reçoit un verre en pleine figure. Blessé à la lèvre, il porte plainte. Le parquet de Paris propose une médiation. Les deux parties l’ayant acceptée, il adresse le dossier au CMFM (Centre de médiation et de formation à la médiation). « Notre intervention a permis à la victime de parler des injustices qu’elle avait vécues, de sa dignité bafouée, et de prendre conscience de l’amalgame qu’elle faisait entre son passé douloureux et cette affaire, raconte Jacqueline Morineau, animatrice au CMFM.

L’homme s’est senti compris. La médiation s’est terminée par un acte de reconnaissance : l’Iranien blessé a reçu des excuses devant des membres de sa communauté. En réparation, il n’a finalement demandé qu’un livre de poésie, au lieu de la somme énorme qu’il exigeait au départ. »

C’est seulement quand on n’arrive pas à régler soi-même un conflit qu’on fait appel à une tierce personne : le médiateur.

Son rôle ? Aider les adversaires à renouer le dialogue, à trouver eux-mêmes une solution à leur différend. Très à l’écoute, neutre, il donne la parole à chacune des parties. Il pose des questions, cherche des bases de négociation. Quand un accord est trouvé, il est formulé par écrit. La médiation est souvent proposée par une structure qui la finance – tribunal, mairie, école… –, mais elle peut faire suite à une démarche volontaire.
Pour qu’une médiation ait lieu, les deux parties doivent être prêtes à négocier. Si l’autre refuse, on peut aussi se faire conseiller sur la manière de présenter son besoin de dialogue à son « ennemi », afin qu’il vienne autour de la table. «Dans les conflits de famille, de travail, de voisinage, où les parties se côtoient, la médiation soigne les relations, conclut Jacqueline Morineau. Alors qu’une solution imposée par le tribunal crée un gagnant et un perdant.»

Les psychothérapies

Consoler son “enfant intérieur” blessé

Une forte tendance à agresser les autres ou à nier les conflits renvoie presque toujours à une problématique personnelle. Exemple : le cas de la maltraitance infantile, dont Chantal Herrou, psychothérapeute, nous explique le mécanisme psychologique : « Le bébé, le petit enfant (jusqu’à 3 ou 4 ans) qui manque d’amour ou subit des violences est envahi par la souffrance. Il n’a pas de mots pour la penser, ni d’autre moyen pour s’en libérer. Alors, il l’oublie. Ce faisant, il se forge une bombe de colère inconsciente.Plus tard, son “enfant intérieur” blessé cherchera toutes les occasions de conflit, à son insu, pour exorciser le mal qu’on lui a fait. »

Certaines victimes, au contraire, retiennent leur agressivité sous pression, soit parce que leur culture familiale leur a interdit toute expression des sentiments, soit parce qu’elles craignent d’être submergées par leurs émotions enfouies. Souvent, elles vivent sous un masque de froideur et fuient l’intimité, de peur que des échanges de tendresse fassent craquer leur système de contrôle. Les tensions qui accompagnent ce refoulé font que la personne n’est plus à l’aise dans son corps. Accidents et maladies jouent alors un rôle de soupape. Dans de tels cas, la psychothérapie apporte une aide profitable.

La cure consiste à reconnaître la blessure, à exprimer les sentiments et les souvenirs qui s’y raccrochent. Art-thérapie, approches psycho-corporelles, génosociogramme ou kinésiologie peuvent enrichir ce travail. « Mais la souffrance a besoin d’être parlée, pleurée, acceptée pour s’évacuer, précise Chantal Herrou. Des séances hebdomadaires avec un psychothérapeute restaurent progressivement la joie, la créativité, l’envie d’apprendre et d’aller vers les autres. Pour certains, la guérison complète s’obtient par le pardon. »

Les conflits

Les éluder, c’est dangereux
La peur d’échouer en se confrontant à autrui, la peur d’être submergé par ses propres émotions, la peur de perdre une relation, l’incapacité à sentir ses vrais besoins… Les motifs sont nombreux, pour lesquels il arrive que l’on préfère ne rien dire et subir. Mais en éludant systématiquement les conflits, savez-vous ce que vous risquez ?

La répétition du problème ailleurs et plus tard. Tant qu’un conflit n’est pas résolu, vous allez inconsciemment créer des situations où il pourra se réactualiser afin de libérer les émotions bloquées.

La baisse de votre « puissance personnelle ». Choisir de se soumettre, c’est admettre que l’autre est supérieur ou plus compétent. Du coup, vous perdez confiance dans vos idées et vous vous coupez de votre potentiel créatif.

La fatigue, les traumatismes, les maladies. Quand vous réprimez vos émotions, vous emmagasinez des tensions dans le corps. Lequel réagit avec son langage…

Vivre dans le ressentiment. A force d’accumuler des frustrations, vous vous exposez à ruminer de la colère, des rancunes, des envies de vengeance… Cela conduit à la haine des autres et au dégoût de soi.

 

Exercice

Comment accepter une critique

« Franchement, comment peux-tu porter un chemisier aussi bizarre quand nous sortons ensemble ? » vous lance votre mari. C’est le moment de vous entraîner à la communication non violente (d’après le protocole de communication enseigné à l’Association de communication non violente.).

1. Calmez-vous. Observez sans juger.
2. Devinez le sentiment et le désir cachés derrière les mots. Vérifiez votre impression avec une question : « Est-ce que tu te sens irrité parce que tu voudrais me voir avec un vêtement classique ? » Et maintenez le dialogue sur ce registre jusqu’à ce que l’autre se sente apaisé.
3. Exprimez vos propres sentiments et besoins : « Je me sens agacée parce que j’ai besoin que mon goût soit respecté. »
4. Exprimez votre demande, concrète et réaliste : « A l’avenir, pourrons-nous prendre cinq minutes ensemble, pour que je choisisse une tenue qui nous plaira à tous les deux ? » 

Psychologies.com

 

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