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Marichesse.com

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Conseils, science, sante et bien-être


Plus on est intelligent, plus on est naturellement inquiet !

Publié par MaRichesse.Com sur 28 Avril 2015, 12:42pm

Le stress serait-il un signe d'intelligence ?

Plus on est intelligent, plus on est naturellement inquiet !

Vous êtes d'un naturel très inquiet? N'ayez crainte –votre anxiété pourrait bien être un signe de grande intelligence. L'idée n'est pas nouvelle: l'expression «moins on en sait, mieux on se porte» sous-entend justement que la connaissance est une source d'angoisse. Et une récente étude sembledonner raison à la sagesse populaire.

Le psychologue Alexander Penney et ses collègues ont sondé plus de cent étudiants de la Lakehead University (Ontario, Canada) et leur ont demandé de faire état de leur niveau d'inquiétude. Les chercheurs ont constaté que les étudiants les plus angoissés –ceux qui, par exemple, ont répondu qu'ils«s'inquiétaient toujours pour une raison ou pour une autre»– obtiennent de meilleurs résultats lorsqu'ils sont soumis à un test mesurant l'intelligence verbale

Efficacité

L'idée selon laquelle les grands inquiets sont plus intelligents que la normale est renforcée par une curieuse expérience menée en 2012. Elle était organisée par les psychologues Tsachi Ein-Dor et Orgad Tal, du Centre interdisciplinaire d'Herzliya (Israël). Les chercheurs ont infligé des pics de stress (apparemment accidentels) à quatre-vingts étudiants.

On a dit aux participants que leur rôle était d'évaluer des œuvres d'arts présentées via un logiciel informatique –mais ce n'était là qu'un prétexte. Pendant l'exercice, les participants activaient «accidentellement» un virus informatique censé être particulièrement agressif (c'était bien évidemment un processus automatique, indépendant du comportement des participants). Ensuite, l'organisatrice de la séance (une actrice professionnelle) les exhortait à demander, aussi vite que possible, de l'aide à un technicien.

En s’exécutant, les pauvres diables devaient faire face à quatre épreuves supplémentaires: une fois arrivés dans le couloir, quelqu'un les suppliait de répondre à une enquête d'opinion; un autre étudiant faisait tomber une pile de feuilles à leurs pieds.

Les participants étiquetés les plus anxieux étaient aussi ceux qui avaient tendance à se concentrer sur le premier obstacle, le virus informatique. «Nous avons constaté que les sujets anxieux étaient moins susceptibles que les autres de se laisser détourner de la tâche qui leur avait été confiée», expliquent Ein-Dor et Tal dans l'étude. Les grands anxieux se sont donc montrés à la fois plus alertes et plus efficaces

Aux aguets

Dans des travaux précédents, Tsahi Ein-Dor et Orgad Tal avaient montré que les inquiets percevaient les menaces plus rapidement que les personnes calmes –y compris l'odeur de la fumée. Selon les deux chercheurs, les personnes qui se font souvent du mauvais sang sont –fait rassurant– plus des«sentinelles» que d’incontrôlables boules de nerf.

Le psychiatre Jeremy Coplan (SUNY Downstate Medical Center, New York) a mené une étude auprès de personnes souffrant de trouble anxieux généralisé. Avec ses collègues, il a constaté que les participants souffrant des symptômes les plus graves avaient un QI supérieur à ceux atteints de symptômes moins aigus.

L'idée selon laquelle les grands inquiets sont plus rusés que la moyenne n'a rien d'illogique. L'anxieux est constamment aux aguets. Par ailleurs, les personnes intelligentes pourraient jouir d'une agilité cognitive leur permettant d'examiner toutes les situations sous de multiples angles, pour le meilleur et pour le pire.

Alexander Penney et ses collègues écrivent ainsi dans leur étude:

«Il est possible que les individus doté d'une grande intelligence verbale soient capables de considérer les événements passés et futurs de façon plus détaillée. Cela les prédispose à des périodes de réflexion et d'inquiétude plus intenses.»

Ce lien –s'il existe vraiment– pourrait fonctionner dans les deux sens. Les enfants prédisposés à l'anxiété pourraient par exemple être plus attentifs et plus assidus à l'école –et développer ainsi leur intelligence. Dans le même temps, les personnes astucieuses pourraient se trouver plus de motifs d'inquiétude que les autres

Jonathan Alpert, psychothérapeute à Manhattan (New York), explique qu'une personne ayant peur de l'avion imagine toutes sortes de scénarios catastrophes, tous plus créatifs les uns que les autres; selon lui, l'anxiété serait une forme de vigilance. Il m'a expliqué qu'un phobique de l'avion peut par exemple se demander si un mécanicien fatigué n'a pas bâclé son inspection de l'appareil. Ou s'inquiéter à l'idée de voir un gros oiseau s'engouffrer dans le moteur...

Pour la thérapeute Allen Wagner (Los Angeles), si l'imagination stressante est basée sur une juste prévision des événements à venir, elle peut générer des méthodes de prévention des catastrophes –ce qui est généralement perçu comme un signe d'intelligence.

Grands angoissés

Cette interprétation de l'anxiété contredit toutefois d'autres études, qui mettent en lumière un lien négatif entre l'intelligence et l'inquiétude. Dans l'étude de Coplan (qui montre que les personnes souffrant de graves symptômes du trouble d'anxiété généralisé ont un QI plus élevé), les scientifiques ont également observé un QI plus élevé chez les participants du groupe contrôle faisant montre d'un faible niveau d'inquiétude.

Selon Robert Epstein, psychologue à l'American Institute for Behavioral Research and Technology, plus on est intelligent, plus on est détendu:

«Il existe des exceptions, bien entendu, mais les constatations de base sont solides. La corrélation négative peut s'expliquer simplement: lorsqu'on est anxieux, on n'a pas vraiment les idées claires.»


 

Mais rien n'y fait: pour beaucoup, la nervosité trahit une supériorité mentale. Nombre de brillants penseurs étaient de grands angoissés: Nikola TeslaCharles DarwinKurt Gödel... En dépit de sa stature magistrale,Abraham Lincoln était doté d'une sensibilité à fleur de peau et affirmait lui-même être d'un«tempérament naturellement nerveux».

Un poème attribué à cet incroyable orateur comprend ainsi cette strophe dépressive en diable:

« Pour me délivrer de cette capacité de penser,
Qui traverse ma poitrine et me submerge,
Je me jetterai la tête la première du haut précipice de l'enfer
Et m'abîmerai joyeusement dans ses vagues.»

Edvard Munch a peint Le Cri après avoir été victime d'une attaque de panique, pendant laquelle un ciel rouge sang lui est apparu:

«J'étais là, debout, tremblant d'angoisse –et j'ai senti un cri sans fin qui traversait la Nature.»

Quel que soit votre niveau de créativité, si vous êtes en proie à l'angoisse, vous serez peut-être plus susceptible d'éviter le danger. Mieux vaut être anxieux et vivant qu'impétueux et mort.

Aussi, la prochaine fois que quelqu'un vous conseille de vous calmer un peu, expliquez-lui que cette nervosité a ses bons côtés. Un tempérament nerveux pourrait même être présenté comme un avantage stratégique au travail –une preuve subtile de votre excellence et de votre QI de haut vol. Il ne s'agit pas de chanter les louanges de la paranoïa la plus extrême –mais il n'y a pas de quoi rougir d'une anxiété légère, bien au contraire. Au pire, elle vous permettra de résister aux sirènes de l'arrogance 

Slate.fr

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