Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


10 choses à savoir sur les passifs-agressifs qui peuvent vous rendre fous

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Avril 2015, 11:33am

Vous en avez forcément déjà croisé. Adeptes des remarques, des sourires narquois, bref d'une agressivité réelle mais masquée, ils ont l'art d'esquiver la confrontation et de pousser leur entourage à bout. Décryptage de ce trouble de la personnalité.
 

10 choses à savoir sur les passifs-agressifs qui peuvent vous rendre fous

You are so passive agressive..." Chez les Anglo-Saxons, l'accusation est devenue courante. Popularisée par les séries télé et le cinéma, elle s'immisce autant dans les discussions de bureau que dans les disputes de couple et les réunions de famille. Historiquement, elle a d'abord été utilisée par des psychiatres de l'armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, afin de qualifier la résistance passive de certains soldats face à l'autorité, perçue comme une forme d'immaturité. "Un comportement peut être qualifié de 'passif-agressif' (PA) quand, par le mutisme, l'indifférence affichée et l'éloignement, le besoin d'être en relation et les attentes de dialogue du partenaire sont ostensiblement ignorés, explique la psychologue clinicienne et psychothérapeute Isabelle Levert (1). 

 

Cette attitude témoigne souvent d'une colère ruminée à la place d'une verbalisation." Est-ce une pathologie, un trouble de la personnalité ou un simple trait de caractère? Pour les pros du divan, la réponse n'est pas univoque. "La passivité agressive est un trait de caractère, présent en chacun de nous à des degrés variés, qui peut devenir une pathologie chez certains", indique Hervé Magnin (2). Celle-ci se traduit notamment par une communication indirecte et une méfiance à outrance à l'égard de son entourage qui, tôt ou tard, épuise tout interlocuteur de bonne volonté. Afin de mieux cerner ce que l'on appelle les "PA", dans le jargon, Isabelle Levert, Hervé Magnin et Anne van Stappen, docteur en médecine et formatrice en communication non violente (3), ont répondu à nos questions. Et dévoilent quelques techniques pour leur faire face. 

1. Comment les repérer?

Bienvenue dans le monde des non dits, des rancoeurs ressassées à l'infini, des phrases cryptées et des sourires en coin. Quand il veut obtenir quelque chose, le PA fait passer ses messages en filigrane et ne formule jamais (ou rarement) sa demande directement. Si vous êtes un adepte du franc-parler et de la transparence, faites demi-tour. Le PA risque de vous pousser à bout! 

D'après Isabelle Levert, la passivité agressive peut se traduire de trois façons: certains ont "un sentiment de persécution latent et caché, de supériorité sous des airs modestes, un grand self-control et une forte susceptibilité." D'autres se replient sur eux-mêmes et nient radicalement l'importance de leur entourage. D'autres encore, plus pervers - et ce sont les pires! - usent de la passivité agressive comme d'une provocation. Imaginez un couple en train de déjeuner. Très vite, le ton monte. L'homme, impassible, le visage dissimulé derrière son journal, ne répond pas (ou peu) aux invectives de sa compagne. Plutôt que de dire ses "quatre vérités" à l'autre, et de s'engager dans un échange constructif, il se dérobe. Et déplore le comportement de sa conjointe, la culpabilise. "Face à son silence horripilant, l'interlocutrice perd patience et sort de ses gonds, conclut la thérapeute. Le désarroi de l'un est le triomphe de l'autre." 

2. On naît passif-agressif ou on le devient?

"Ce syndrome découle d'atteintes narcissiques précoces qui ont des conséquences désastreuses sur le rapport aux autres et à soi", poursuit Isabelle Levert. Ces blessures, qui remontent à l'enfance, peuvent être d'ordre multiple: un deuil, un parent tyrannique, un environnement familial qui place trop de responsabilités sur les épaules d'un enfant... Cette souffrance va se transformer en rancoeur ou en colère réprimée, et pousser l'individu à mettre en place des mécanismes de défense contre tous ceux qu'il considère - souvent à tort - comme agressifs, ou figures d'autorité. A l'âge adulte, "le sujet continue de décrypter les situations actuelles à la lumière des expériences dévastatrices passées, et projette sur l'autre des traits qui ne lui appartiennent pas. Ainsi, plutôt que de subir, il fait subir", ajoute-t-elle. 

3. Sommes-nous tous des PA en puissance? 

Selon Hervé Magnin, le souhait d'éviter les conflits et de contourner les obstacles est très répandu et présent en chacun de nous, à des degrés différents. "Avant de coller des étiquettes à tout va sur le front des passifs-agressifs, il faut admettre que nous avons tous tendance, dans certaines situations, à ne pas prendre les conflits à bras-le-corps." En revanche, on ne devient un PA à part entière que lorsque ce comportement est récurrent, voire systématique. 

4. Sont-ils victimes ou bourreaux?

"On ne peut reprocher à un aveugle de ne pas voir, et on ne peut incriminer un PA pour son comportement, car celui-ci n'est que semi-conscient, prévient Hervé Magnin. La passivité agressive est un handicap psycho-social, dont les PA sont les premiers à faire les frais." En bref, s'ils agissent de façon déroutante, ne le prenez pas personnellement. Ils ne le font pas (totalement) exprès. "La question ? 'Est-ce conscient?', taraude souvent leurs partenaires, explique Isabelle Levert. Tout dépend de la sensibilité à l'autre, de la réceptivité à son bien-être ou, au contraire, à son mal-être." Le plus important? Voir si la plainte est entendue et si la personne fait des efforts. 

5. Sont-ils lâches?

Parce qu'il fuit la confrontation, le PA va se trouver de multiples excuses et faire des "tentatives d'évitement". Nos trois experts s'accordent à dire qu'il est davantage "coupable" d'immaturité que de lâcheté. "Le PA est incapable de mesurer l'impact de ses actes sur son entourage, analyse Anne van Stappen. Au lieu d'émettre un jugement hâtif sur son comportement, j'aime mieux croire qu'il agit de la sorte parce qu'il a peur (de souffrir, d'être utilisé, déstabilisé, etc.) ou parce qu'il ne connaît pas d'autres façons d'agir." L'une des causes de son attitude s'enracine dans son manque de confiance en soi. "Le drame des personnes au narcissisme meurtri est qu'elles n'ont pas les assises suffisantes pour douter d'elles-mêmes avec assez d'assurance. Résultat: soit elles refusent la divergence d'opinion et deviennent totalement hermétiques aux autres ; soit elles sont trop perméables, et ont une propension excessive à se culpabiliser, ce qui ouvre une brèche large comme une autoroute aux manipulateurs", précise Isabelle Levert. 

6. Quel impact a-t-il sur autrui?

Son silence et ses non-dits deviennent vite irritants. Pour Anne van Stappen, "c'est le sentiment de n'avoir personne au bout du fil qui prédomine". Son interlocuteur s'épuise à essayer de créer un lien relationnel, à chercher la solution à un problème, à vouloir avancer dans divers projets, tandis que le PA, lui, freine des quatre fers. "L'autre se vit comme quelqu'un à qui on ne veut pas ou ne peut parler, observe Isabelle Levert. Il pressent une méfiance à son égard, dont il ne peut se défendre." La psychothérapeute compare même ce type de relation à celle de la nymphe Echo, follement éprise de Narcisse, qui n'est préoccupé que par lui-même. "L'exaspération, l'irritation, les larmes de l'autre ne l'émeuvent pas et mènent souvent à une surenchère de la douleur, ajoute-t-elle. Et n'ont comme effet que de recharger le narcissisme de celui ou celle qui passe à l'acte dans le dédain." 

7. La relation de couple avec un PA est-elle vouée à l'échec?

Non, mais elle promet d'être un parcours du combattant. Et pour cause: la passivité agressive peut faire obstacle aux trois piliers du couple - le "partage d'âme à âme", la "communion des corps" et l'"implication des coeurs". Si la relation d'amitié entre les conjoints se désagrège ou se fragilise, la libido, fatalement, s'amenuise. "L'un est de plus en plus écoeuré par l'attitude de l'autre. Au fur et à mesure des déceptions, l'espoir d'une amélioration disparaît et les sentiments amoureux s'usent jusqu'à ce que la séparation se profile à l'horizon", souligne Isabelle Levert. 

Attention, donc, à ne pas confondre l'absence de conflit avec un bon équilibre relationnel. "C'est plutôt un statu quo stérile! En faisant l'impasse sur des besoins inassouvis et en taisant des reproches, n'est-on pas en train de se soumettre au diktat de l'autre?" s'interroge-t-elle. Pour Anne van Stappen, la relation de couple avec un PA a aussi de bons côtés. "Vivre avec ce type de personnes peut amener à affiner sa connaissance de soi, à devenir fin observateur, à développer son empathie et formuler des demandes concrètes à l'autre. Vu sous cet angle, le PA me sert plus qu'il ne me dessert..." 

8. La passivité agressive est-elle une violence psychologique?

Il s'agit plutôt d'une violence sournoise, très difficilement identifiable, car beaucoup plus insidieuse, sans coups ni insultes. "La "destructivité" est saupoudrée par fines touches, faites de petits riens, décrit Isabelle Levert. Elle est sans injure mais injurieuse, et méprisante. Elle se traduit par l'ignorance de l'autre, l'indifférence. L'agression est pourtant réelle et récursive." 

9. Face au PA, comment tenir le coup?

Il existe deux méthodes principales: la première, surnommée la "stratégie du faux naïf", consiste à jouer le jeu du PA et requiert une immense capacité d'écoute et de maîtrise de soi. "Le but est d'identifier l'incohérence des excuses données par le PA, de démonter ses arguments sans moralisme ni jugement, et de tenter, ainsi, de lui faire entendre raison", précise Hervé Magnin. La seconde, quant à elle, est la communication non violente (CNV). Pour Anne van Stappen, la CNV est bien plus qu'une simple technique, c'est un art de vivre. Elle correspond à la recherche d'une connexion bienveillante avec l'autre et à une façon particulière de communiquer, en trois volets : l'observation des faits, l'expression des sentiments, des besoins, et la formulation d'une demande. 

10. Le PA peut-il "guérir"?

"Je refuse de condamner définitivement une personne et veux croire à la possibilité d'une guérison pour chacun. Pour autant, il faut beaucoup de temps pour qu'une conscience s'ouvre", prévient Anne van Stappen. C'est au moment d'une thérapie que de nombreux patients sont pris en flagrant délit de passivité agressive: le thérapeute aide alors la personne à prendre conscience de ses blocages, à les identifier, puis l'encourage à s'assouplir


lexpress.fr

Commenter cet article

Archives