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Un Québécois pris dans un piège à voyageurs en Inde

Publié par MaRichesse.Com sur 5 Janvier 2015, 01:15am

Catégories : #FAITSDIVERS, #INDE, #CANADA

Le 10 novembre, Alexandre (nom fictif) part en Inde avec un aller simple pour le voyage d'une vie. Trois semaines plus tard, il est de retour à Montréal endetté de 10 000 $, ses économies envolées, heureux de ne pas croupir dans une prison du tiers-monde. Bienvenue dans le piège des fraudeurs indiens.

 

Un Québécois pris dans un piège à voyageurs en Inde

Ce n'est qu'une fois au Québec qu'Alexandre se rend compte qu'il s'est trouvé pendant une semaine en plein centre d'un piège à voyageurs extrêmement organisé qui fait de plus en plus de victimes à Goa, en Inde.

Comment un voyageur expérimenté comme lui a-t-il pu se faire prendre? Le principal intéressé s'explique toujours mal sa rocambolesque mésaventure. 

Le 10 novembre, l'homme de 26 ans de Québec s'envole vers l'Inde avec quelques milliers de dollars de côté. Il quitte son travail des trois dernières années et son appartement. Il compte passer trois mois en Inde en solo, puis aller rejoindre des amis à Bali. On verra pour la suite. 

 

Un matin, à Jangpur, un Indien d'une trentaine d'années engage la conversation avec Alexandre dans la rue. L'Indien, Akbar, l'invite à prendre un thé. Le jeune voyageur accepte, il n'aurait jamais dû. 

Rapidement, Akbar le présente à ses amis et sa copine, une Française. Après quelques semaines à voyager seul, Alexandre est heureux d'avoir de la compagnie. Dans les jours qui suivent, ses nouveaux amis font des activités avec lui du matin au soir, lui paient des repas au restaurant. La bande planifie un voyage à Goa. 

Un soir, Akbar invite son patron, un riche dirigeant de compagnie de bijoux, à souper avec eux. Au fil de la conversation, ce dernier explique à Alexandre qu'il fait souvent affaire avec des voyageurs comme lui pour contourner la loi quand vient le temps d'envoyer des bijoux à l'étranger. «C'est là que tout a déboulé.»

Le principe est le suivant. Les voyageurs comme Alexandre se servent de leur visa de touriste pour envoyer un colis contenant plusieurs milliers de dollars de bijoux vers leur pays d'origine en prétendant les avoir achetés. En revenant chez eux à la fin de leur voyage, ils vont récupérer le colis au bureau de poste et signent une décharge statuant qu'ils retournent les bijoux à la compagnie. Un représentant de la compagnie les récupère sur place et les revend beaucoup plus cher qu'en Inde. Le touriste complice se fait donner 9000 $ pour son aide. 

Alexandre hésite. Il pose des questions. Akbar lui assure que c'est sans risques. Croche, mais pas vraiment illégal. Même la Française du groupe lui dit qu'il ferait une bonne affaire. «On a discuté en français toute une journée sans que personne comprenne, elle aurait pu me mettre en garde si elle avait voulu.»

Le riche patron lui propose de lui payer l'avion vers Goa. Il pourra procéder à l'envoi du colis, puis profiter des plages. Alexandre finit par accepter. Ça lui donnera un coussin financier à son retour à Québec. Akbar l'amène à l'aéroport et le présente à un ami qui l'accompagnera. 

Arrivé à l'hôtel à Goa, un autre membre du groupe apporte les diamants à la chambre. «Ce sont les plus beaux bijoux que j'ai vus de ma vie, c'était incroyable.» Alexandre les met dans une boîte et, suivant les instructions de ses interlocuteurs, inscrit «Bureau de poste de Montréal» sur le colis, signe une lettre où il décrit ses achats et va porter le tout au bureau de poste de Goa. 

Ses cochambreurs lui demandent de rester quelques jours, le temps que le colis soit officiellement envoyé. Dans de rares cas, lui expliquent-ils, le bureau de la douane peut l'appeler pour lui poser des questions sur ses achats. Le lendemain, ils refusent qu'Alexandre quitte la chambre. Ils veulent être avec lui s'il reçoit un appel. 

 

La panique

Quand son cellulaire sonne, un douanier furieux est au bout du fil. Alexandre est soupçonné de fraude. Il a 24 heures pour fournir une preuve d'achat des bijoux, sinon son passeport sera «gelé» et des procédures judiciaires seront entreprises. C'est la panique dans la chambre. Les Indiens expliquent à Alexandre qu'ils vont tous finir en prison, lui y compris, si le tout n'est pas réglé rapidement. Un des deux pique une crise de panique. L'autre, plus pragmatique, appelle l'avocat de la compagnie. 

Une seule solution, Alexandre doit réellement acheter les bijoux pour avoir une preuve d'achat. Alexandre craint pour sa sécurité. Il transfère les 2500 $ de son compte en banque et met 10 000 $ sur sa carte de crédit. Le reçu de 12 500 $ devrait suffire à convaincre les douaniers, lui explique-t-on. Pour s'assurer qu'Alexandre n'aura pas de problème à quitter l'Asie, les Indiens lui proposent de lui payer un billet d'avion pour le prochain vol en direction de Montréal, avant que son passeport puisse être «gelé». Le lendemain, il est de retour au Québec, trois semaines après être parti. 

Akbar lui envoie un courriel, lui disant de recommuniquer avec lui pour la suite des choses. À ce moment-là, Alexandre croit encore qu'il pourra à tout le moins toucher la prime des bijoux et repartir vers l'Asie. Mais le ton d'Akbar dans leur échange de courriels change rapidement. À la suite d'une brève recherche Internet, la réalité le frappe de plein fouet. Il est la dernière victime des très organisés fraudeurs de Goa, qui ont fait le coup à des voyageurs en solo de partout à travers la planète ces dernières années. Il ne reverra ni son argent ni les bijoux. 

Alexandre se demande encore comment il a pu tomber dans le panneau. Pendant des jours, il s'est trouvé au centre d'une pièce de théâtre visant à le voler, sans comprendre qu'il était entouré d'acteurs. Le jeune homme s'exprime intelligemment. Il avait l'expérience des voyagesbackpack. Il n'a rien vu aller.

«Ce n'est pas la fin du monde, je suis ici en santé», relativise-t-il. Il est en procédure avec sa compagnie de carte de crédit pour tenter de récupérer au moins une partie de son argent. Il n'en était pas à son premier voyage, mais c'est le dernier avant longtemps.

Il était parti en Inde pour se dépayser, pour grandir. Il revient changé pour la vie. Ça lui aura coûté cher. 

Source

 

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Jeanne 06/01/2015 06:51

c'est vraiment effrayant......venant d'un tel pays recommandé entr'autres pour sa spiritualité!!!

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