Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Pourquoi les gens intelligents sont les pires patients pour les médecins

Publié par MaRichesse.Com sur 21 Janvier 2015, 01:37am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #RELATIONS

Steve Jobs, célèbre fondateur d'Apple, diagnostiqué d'un cancer du pancréas, a pourtant refusé une opération chirurgicale qui aurait pu lui sauver la vie et a préféré se tourner vers la physiothérapie. Il ne serait pas le seul : les patients au capital culturel élevé seraient beaucoup plus enclins à refuser des soins. Il s'agirait pour eux d'une manière de se réapproprier leur existence et leur pouvoir de décision.

 

Pourquoi les gens intelligents sont les pires patients pour les médecins

Atlantico : A l'instar de Steve Jobs qui refusa une opération chirurgicale après avoir été diagnostiqué d'un cancer du pancréas et qui préféra se tourner vers la physiothérapie, il semblerait que la plupart des personnes au capital culturel élevé aurait paradoxalement plus tendance à remettre en question, voire refuser le traitement prescrit par leur médecin. Cette tendance est-elle avérée ? Comment expliquer que des personnes ayant une dextérité plus forte à comprendre la science puissent refuser de s'y soumettre ?

 

Philippe Bataille : Au cours de mes recherches, j’ai effectivement pu constater cette tendance, notamment chez les patients atteints de pathologie que l’on pourrait qualifier d’agressive, c’est-à-dire comprenant un traitement thérapeutique lourd et une espérance de vie très incertaine. Il n’est pas rare de voir ces patients possédant un certain niveau de capital culturel refuser les traitements ou, plus banal encore, de les commencer pour finalement y mettre un terme au bout d’un certain temps et passer à un autre type d’accompagnement.

Il ne faut pas particulièrement y voir de contradiction ou de marginalité de leur part, étant donné que la plupart d’entre nous considérons l’engagement dans des soins comme étant une réponse rationnelle du fait de l’espérance d’amélioration, voire de guérison que l’on y entrevoit. Mais lorsque ces schémas-là ne sont pas vraiment à portée de vue, certains patients, ceux ayant de fortes ressources personnelles – et je ne parle pas des ressources financières, mais bien des ressources cognitives, intellectuelles – cherchent à se réapproprier un certain pouvoir sur leur vie. C’est-à-dire qu’ils vont décider pour eux-mêmes et chercher à imposer leur décision aux autres. C’est une manière également pour eux de se réapproprier leur existence et leur destin à un moment de leur vie où le corps leur échappe, où il perde le contrôle et pour une fois, où ils n’ont plus le choix. Ils ne veulent plus s’en remettre aux autres, mais à eux.

Au fond, ce refus du traitement révèle quelque chose de plus large qu’on ne voit pas ni qu’on entend qui peut être le doute concernant l’engagement dans des soins très lourds. Certains se tournent alors vers une alternative thérapeutique, parfois ayant une dimension expérimentale, incertaine, voire carrément improbable.

Mais il est important de dire également que ces personnes au capital culturel élevé refusent des soins, également car elles sont en capacité de faire valoir ce refus, contrairement à d’autres patients qui n’ont pas le choix que de suivre ce qu’on leur médecin leur prescrit.

 

Les scandales à répétition, notamment dans l'industrie pharmaceutique, peuvent-ils également expliquer cette tendance ?

On pourrait effectivement le penser dans un premier temps. Les scandales comme celui du Médiator auraient tout à fait pu expliquer cette réticence à s’engager dans des soins. Mais je maintiens qu’au contraire, il s’agit à mon avis non pas d’une remise en question de la science médicale, d’un dénigrement ou d’une dissidence quelconque, mais bien d’une réelle décision personnelle, d’une réponse lucide – on parle d’ailleurs en sciences humaines de réflectivité – face à la maladie. J’ai d’ailleurs pu rencontrer certains patients ayant refusé des soins et proposé une alternative, tout en offrant un don au service dans lequel ils étaient afin qu’il puisse continuer son activité. 

lire la suite

 

Commenter cet article

machine de brique 22/01/2015 11:09

un bon sujet.

Archives