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Si vous rêvez d’envoyer balader votre patron, devenez développeur

Publié par MaRichesse.Com sur 8 Décembre 2014, 18:36pm

Catégories : #TECHNOLOGIE, #TRAVAIL, #ENTREPRISE, #EMPLOI, #INTERNET, #ECONOMIE

Les « dev » se sont débarrassés du cliché du nerd à lunettes : aujourd’hui, les meilleurs sont convoités et embauchés à prix d’or par les entreprises. Aux Etats-Unis, certains ont même recours à des agents.

Si vous rêvez d’envoyer balader votre patron, devenez développeur

J’aurais dû faire développeur.

L’un des quelques métiers dans lesquels le salarié a aujourd’hui la main et peut envoyer balader son patron.

Un développeur, résume Wikipédia, « réalise des logiciels en créant des algorithmes d’après un “cahier des charges” et les met en œuvre dans un (ou plusieurs) langages de programmation ».

Ajoutons : les meilleurs peuvent exiger de son employeur qu’il lui amène un Cacolac le matin et un demi à l’heure du goûter, qu’il repeigne les murs du bureau en vert pomme et qu’il inscrive dans son contrat une heure par jour de « Call of Duty ».

Les développeurs ne sont pas des divas. Mais ils pourraient l’être.

Je m’en suis aperçu en discutant il y a quelque temps salaires et force de négociation avec notre directeur technique. Le jour où son travail l’ennuiera – ces temps-ci, ce n’est pas le cas –, il lui suffira de se baisser pour trouver un boulot.

Certes, il y a des développeurs au chômage. Mais les meilleurs « dev » inscrits sur LinkedIn reçoivent quantité de propositions. Ceux qui ont fait le choix de n’être sur aucun réseau social pour protéger leur vie privée savent qu’ils ne perdent rien : le jour où ils veulent changer de travail, ils contactent un cabinet de recrutement et décrivent leur boulot de rêve. Le cabinet cherche, trouve, négocie, propose. Le salarié dispose.

Le cabinet spécialisé UrbanLinker s’est créé il y a cinq ans et 70% de son chiffre d’affaires est apporté par les recrutements de développeurs, m’explique le fondateur Jonathan Azoulay :

« On entre dans une ère où un candidat choisit son entreprise, comme un consommateur. »

Certaines entreprises vont jusqu’à rémunérer les parrainages : « Si tu me présentes un bon dev’ et qu’il passe la période d’essai, tu auras une prime de 600 euros. »

Le salaire, pas toujours prioritaire

Jonathan Azoulay identifie quatre critères pour les attirer, chacun pesant de manière inégale en fonction de l’état d’esprit de la cible :

  • Le salaire :

UrbanLinker a mis au point une grille des salaires en fonction de l’expérience et des langages proposés. A partir de deux ans d’expérience, on va de 35 000 à62 000 euros par an.

  • Les conditions de travail :

« Le stéréotype, c’est Google. Un modèle managérial très plat, où l’on met tout à disposition pour les salariés. A Paris, ils ont des locaux magnifiques où ils côtoient des personnes plus “smart” les unes que les autres. Travailler dans un local de comptable avec un faux plafond ou dans un loft dans le centre de Paris avec de la bonne bouffe à disposition et des bornes d’arcade, ce n’est pas la même chose. »

Aux Etats-Unis, Google met à disposition un service de pressing, des repas àvolonté et des massages. Les vacances payées avant de commencer un travail sont monnaie courante.

  • Le projet :

« Un projet complexe et innovant, ça fait la différence. Les développeurs recherchent un challenge technique. »

  • L’image de l’entreprise :

« Pour avoir une bonne “marque employeur”, il faut mettre en avant les développeurs, avoir des projets innovants, une ambition internationale, un bon environnement de travail. »

Silicon Valley : un marché encore plus tendu

Selon lui, si les bons développeurs sont rares, les très bons le sont encore davantage en France, notamment car la formation française n’est pas adaptée à ce type de métiers et propose des profils trop similaires.

L’école 42, fondée par Xavier Niel (coactionnaire de Le Monde Libre, structure propriétaire de Rue89), pourrait changer la donne selon Azoulay, puisque la sélection ne se fait pas sur le diplôme ni un entretien mais à l’issue d’unconcours d’un mois en autarcie, le nez dans le code.

Outre-Atlantique, le marché des développeurs est encore plus tendu qu’en France et les salaires deux fois plus élevés (78 000 euros en 2014 en moyenne contre 43 500 euros en Europe, selon le cabinet Glassdoor). Les chiffres augmentent dans la Silicon Valley, où se trouvent les plus convoités.

Dans une passionnante enquête du New Yorker, on apprend que Facebook a pour habitude de racheter des start-up essentiellement pour récupérer leursdéveloppeurs. Au sujet de l’état d’esprit de certaines stars du développement, un patron du secteur dit :

« Dans leur esprit, vous ne les payez pas uniquement pour faire leur boulot. Vous les payez pour qu’ils ne deviennent pas le prochain Mark Zuckerberg. »

Facebook a donc tout intérêt à garder les meilleurs.

« Dev’ rockstar »

Aux Etats-Unis, les meilleurs développeurs sont surnommés les « 10x », selon la croyance qu’ils travailleraient dix fois plus efficacement que les autres. Lorsqu’elles veulent recruter ce genre de génies, les entreprises de la Silicon Valley croient bon d’écrire « ninja du code » ou « dev’ rockstar » dans leurs annonces.

La starisation s’opère autour des hackathons, des concours, des conférences mettant en avant des développeurs évangélistes d’une technologie, d’une API. Agréable retournement de l’histoire pour ceux qui ont longtemps été considérés comme des nerds à lunettes.

Arnaud Tanielian, qui travaille dans un studio web new-yorkais depuis quatre mois, estime que les Français sont moins dans ce délire mais reconnaît une certaine hype autour de son métier, surtout pour les créatifs. Il raconte qu’unrécent article des Echos sur les « dev » artistes et rebelles a été beaucoup partagé dans la communauté :

« On était fier ! Développeur n’est pas forcement le métier le plus sexy du monde donc on ne crache pas dessus. »

Dans son secteur, les Français sont très demandes et remportent souvent lesAwwwards, un prix récompensant les plus beaux sites Internet. Ces prix permettent notamment d’obtenir un visa de trois ans aux Etats-Unis pour « talent exceptionnel ».

Une expression sensationnaliste

Katie Siegel, une étudiante du prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology) qui a commencé la programmation à 15 ans et se retrouve souvent dans l’équipe gagnante dans les hackathons, trouve ça un peu ridicule :

« Je ne crois vraiment pas que la société nous considère comme des rockstars, c’est juste une expression sensationnaliste pour attirer l’attention sur nous. Les meilleurs développeurs sont des gens humbles et de gros travailleurs. »

Humilité n’est pas le premier mot qui m’est venu à l’esprit lorsque j’ai trouvé sa fiche sur Internet :

« Katie sera probablement maître du monde dans dix ans. Katie Siegel sait tout faire. Quand elle ne s’occupe pas de HackMIT, elle gagne les meilleurs hackathons dans tout le pays. »

Le site s’appelle HackMatch. Son créateur fait la promotion de développeurs à destination des entreprises. Il met ses meilleurs produits en vitrine. Les employeurs qui veulent s’attacher leurs services doivent dire « pourquoi leur entreprise est exceptionnelle » et ne doivent « pas hésiter à se la péter ».

Agent de développeur

Aujourd’hui, aux Etats-Unis, des développeurs bénéficient des services d’un agent. Comme un joueur de foot, un chanteur ou un acteur. Il négocie leurs revenus, prend 15% au passage, l’aide à choisir son employeur, lui élabore un plan de carrière, veille à ce qu’il soit heureux dans son travail et à ce qu’il ait tout ce dont il a besoin.

Ça peut rapporter : les développeurs ne se sentent pas liés indéfiniment à leur entreprise. Ils travaillent sur des cycles courts, trois ans maximum, et préfèrent un nouveau challenge une fois qu’ils ont mené un projet à terme plutôt que d’en assurer la maintenance. D’autant plus tentant lorsque l’on est courtisé de toutes parts.

Le métier d’agent de développeur est né dans les années 90 mais a disparu avec la bulle Internet. Le voilà qui refait surface, doucement, aux Etats-Unis.HackMatch est encore en version bêta mais l’agence 10x revendique déjà 80 développeurs, pour la plupart basés aux Etats-Unis.

Deux agents du monde de la musique se sont aperçus un jour qu’il était très difficile de trouver un développeur qui corresponde parfaitement à leurs attentes, et, dans l’autre sens, que les développeurs n’aimaient pas négocier ni chercher du travail.

Rishon Blumberg, cofondateur, l’explique au site Inc :

« En travaillant avec des développeurs, notre sentiment est qu’ils étaient si uniques dans leur manière de fonctionner qu’on pouvait les comparer à des artistes. De la même manière, ils pouvaient avoir du mal à communiquer sur l’aspect business, les délais, les projets et les questions d’argent. »

Will.I.Am, le rappeur des Black Eyed Peas, l’avait vu venir avant tout le monde,en 2012 :

« Je pense que ceux qui conçoivent des applications sont des artistes. Je pense que les gens qui codent pour Facebook sont les nouveaux Rolling Stones. »

Qui a ses places pour la tournée de Zuckerberg ? 

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