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«Les innovations sont faites d'erreurs à 99%»

Publié par MaRichesse.Com sur 12 Décembre 2014, 04:09am

Catégories : #RICHESSE, #DEVELOPPEMENT, #TECHNOLOGIE

«Les innovations sont faites d'erreurs à 99%»

James Dyson, c'est un peu le « Steve Jobs » de l'électroménager. À force de persévérance et d'abnégation, l'ingénieur anglais a réussi à innover dans un secteur où personne n'espérait de révolution : les aspirateurs. Aujourd'hui, ce géant britannique dépose un brevet par jour. Et veut innover dans un nouveau territoire : la robotique.


Un jour d'octobre 1978, James Dyson a une idée de génie : créer le premier aspirateur sans sac. À l'époque, cet ingénieur propose aux grands noms de l'électroménager de produire son modèle : refus unanime. Aujourd'hui, huit millions d'appareils sont vendus chaque année dans 72 pays. Devenu la onzième fortune du Royaume-Uni, anobli par la Reine, Sir James Dyson est l'inventeur le plus célèbre d'Europe. Et un innovateur acharné, qui n'a rien, absolument rien à envier à Steve Jobs ou à Elon Musk (patron de Tesla Motors et Space X). Fondateur du groupe qui porte son nom, il a d'ailleurs rendu sa casquette de CEO pour recommencer à travailler parmi les siens, en préférant endosser la fonction de responsable de la R&D. Aujourd'hui, Dyson réinvestit 35 % de ses bénéfices dans la R&D. Son mot d'ordre : Concevez quelque chose qui résout un problème. En pleine diversification, le groupe va d'ailleurs créer un laboratoire de recherche robotique au sein de l'Imperial College de Londres. Un investissement de 6 millions d'euros sur cinq ans. But ultime : imaginer le robot domestique du futur. Ma génération a cru que le monde serait envahi de robots en 2014. Nous avons les compétences mécaniques et logicielles. Ce qui nous manque, c'est la compréhension, avec des machines qui peuvent voir et penser comme nous le faisons, précise James Dyson. La société a d'ailleurs annoncé un autre investissement de 250 millions de livres pour doubler la taille de son centre de recherche de Wiltshire, au sud-ouest de l'Angleterre. Un labo qui recrute tous azimuts. Et qui se veut résolument « européen ». 

 

Steve Jobs, Elon Musk... Chacun, à sa manière, a rallumé la mèche d'une notion quelque peu galvaudée : l'innovation. Quelle est « la méthode Dyson » pour créer de (vrais) produits de rupture ?

La bonne technologie, c'est celle qui résout un problème. Mais il n'y a pas de méthode miracle ni de succès instantané... parce qu'inventer prend du temps et nécessite beaucoup d'investissement. Nous, êtres humains, voulons toujours créer quelque chose de nouveau à partir de rien, sans recherche, sans de longues et difficiles heures de labeur. Mais cela n'existe pas. Il n'y a que la persévérance, la ténacité qui vous permettent de réussir. Chez Dyson, nous chérissons l'erreur. J'ai fait 5 127 prototypes de mon moteur d'aspirateur sans sac avant de trouver le bon compromis. Ce qui veut dire que j'ai échoué 5 126 fois. Mais j'ai appris de chacun de ces échecs. Et ce sont eux qui m'ont permis de trouver la solution. J'ai toujours pensé que les écoliers devraient être notés en fonction du nombre d'échecs qu'ils ont eus. En réalité, les innovations sont faites d'erreurs à 99 %. 

 


Vous avez investi dans un nouveau centre de recherche, à Malmesbury, au Royaume-Uni plutôt qu'en Asie ou aux États-Unis. Quel « état d'esprit » et quels résultats attendez-vous de vos ingénieurs ?

Nos ingénieurs ont une moyenne d'âge de 26 ans. Tant qu'ils ne sont pas formatés, les jeunes esprits peuvent résoudre des problèmes de manière vraiment différente. Parce qu'on innove seulement quand on reste naïf et qu'on ose tester des idées saugrenues. D'ici 2025, le centre de Malmesbury emploiera 3 000 personnes. Mais nous aurons engagé 400 nouvelles recrues avant la fin de cette année. Et nous continuerons à recruter de nouvelles personnes pour compléter l'équipe. Surtout, pour innover dans de nouveaux domaines. Certains de nos ingénieurs ont travaillé dans la Formule 1. Leur connaissance des flux d'air est sans pareil. D'autres injectent algorithmes, logiciels, connectivité... 

 

Avec le 360 Eye, votre premier aspirateur autonome, Dyson fait son entrée dans la robotique. Et ce, au travers d'une collaboration avec l'Imperial College de Londres, plutôt qu'avec l'armée... Pourquoi ce choix ?

Avec ce centre, nous voulons créer l'ingénierie du futur. Nous pensons que l'avenir est là. Grâce à un don de près de 6 millions d'euros, nous avons aidé à construire une pépinière au sein du Royal College of Art de Londres, où j'ai moi-même étudié. Celui-ci accueille une quarantaine de startups pilotées par de jeunes diplômés. C'est une manière de garder un œil sur les futures élites de l'innovation. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai créé la James Dyson Foundation. Chaque année, nous organisons un concours auprès des étudiants pour imaginer des solutions améliorant la vie de tous les jours ou l'évolution de la planète. Là, il n'est pas question de développer des prototypes. Notre objectif est surtout de promouvoir les métiers d'ingénierie et de design. Des matières délaissées par les jeunes, qui s'orientent aujourd'hui plus volontiers vers la finance ou le marketing. 

 

Plusieurs années avant Google, Dyson a développé des lunettes connectées. Pourquoi ne pas avoir donné suite à ce projet ?

Nous ne lançons une technologie que lorsqu’elle est vraiment efficace. Nous avons commencé à travailler sur ce projet dès 2001, grâce à un écran de la taille d'un ongle placé dans le verre des lunettes. Mais, à l'époque, il n'y avait pas encore l'accès à internet sans fil, le Wi-Fi, et nous devions raccorder les lunettes à un petit ordinateur placé dans la poche. Pour autant, je n'appellerais pas cela une invention, il s'agissait plutôt d'une combinaison de différentes technologies connues. Vous savez, nous développons beaucoup de choses auxquelles nous ne donnons pas suite. D'ailleurs, je n'ai pas de plans prédéterminés. Aucune logique ne relie les appareils que nous avons conçus, nous ne faisons ni études de marché ni plans marketing. J'avoue que ce n'est guère une démarche commerciale.
 

 

Aujourd'hui, vos produits combinent algorithmes, logiciels, connectivité... Comment voyez-vous l'avenir de Dyson ? Votre entreprise a-t-elle vocation à innover au-delà du seul secteur de l'électroménager ?

Notre avenir est dicté par ce qui se passe dans notre laboratoire de R&D. L'époque est formidable pour nous. La liberté que donnent les algorithmes, les logiciels, la connectivité, combinés aux nouveaux matériaux, ouvre des perspectives fabuleuses. Je peux seulement vous dire que nous sommes en train de travailler sur un pipeline de vingt-cinq années de nouvelles technologies. Mais des technologies qui, j'insiste, peuvent résoudre de vrais problèmes. Les gens n'ont pas besoin d'une brosse à dents qui peut partager vos habitudes hygiéniques avec votre dentiste ou d'une tasse qui vous informe des composés chimiques de votre boisson. Les vrais enjeux se situent davantage sur les économies d'énergie et la préservation des ressources de la planète. En réalité, il reste une quantité de problèmes à résoudre. Et pour cela, le monde n'a jamais eu autant besoin d'ingénieurs !


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