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Vingt-cinq ans de crimes racontés par un tueur à gages devenu indicateur

Publié par MaRichesse.Com sur 8 Novembre 2014, 16:52pm

Catégories : #LIVRES-A-LIRE, #NEWS, #CANADA, #POLICE

Vingt-cinq ans de crimes racontés par un tueur à gages devenu indicateur

Le 5 juillet 2006, Gérald Gallant est interpellé dans un palace cinq étoiles de Genève. Ce quinquagénaire canadien achetait depuis une semaine des montres de luxe, à l'aide de cartes de crédit falsifiées, qu'il comptait revendre au marché noir. Mais son arrestation va surtout permettre à la police québécoise de mettre la main sur "le pire tueur à gages de l'histoire du Québec". Gérald Gallant est responsable du meurtre de 28 personnes, en grande majorité des membres et proches de l'organisation criminelle des Hells Angels canadiens.

Criblé de dettes au moment de son interpellation en Suisse, celui qui est parvenu à échapper aux forces de l'ordre pendant près de trente ans va conclure un "pacte"avec les enquêteurs québécois. En échange de leur protection, il va leur raconter sa vie de criminel. Ses confessions vont conduire à un vaste coup de filet qui se soldera par l'arrestation de 11 de ses complices, le 26 mars 2009. Tous ont plaidé coupable avant leur procès et sont désormais derrière les barreaux.

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Le Journal de Montréal s'est procuré les cinquante heures de vidéo de ces aveux ainsi que plusieurs dizaines de milliers de pages de rapports d'enquêtes policières, de photos de scènes de crime et de déclarations de témoins. Le quotidien publie aujourd'hui une vaste enquête mêlant tous ces formats, le fruit de six mois de recherche et de six mois supplémentaires de mise en ligne, explique le journaliste Félix Séguin, coauteur du grand format avec Eric Thibault, au Parisien (article payant).

De l'enfance difficile du tueur à son dernier meurtre, en passant par ses premiers délits et ses rencontres déterminantes avec de "gros caïds"Le Journal de Montréaldécoupe son enquête en sept chapitres qui constituent un portrait inédit de Gérald Gallant. Son mode opératoire et sa relation avec ses femmes, son fils et les commanditaires de ses crimes y sont détaillés.

A la fois "tueur redoutable" et "peu sûr de lui", Gérald Gallant voulait devenir riche. Il était "prêt à tout pour faire partie de l'organisation du caïd Raymond Desfossés", chef de gang influent des Rock Machine, rivaux des Hells Angels, rencontré en prison. Son rêve sera rapidement exaucé, car il deviendra un tueur au service du caïd, au cœur de la "guerre des motards".

"Une Labatt 50 de trop", capture d'écran du grand format publié dans le Journal de Montréal.

"Une Labatt 50 de trop", capture d'écran du grand format publié dans Le Journal de Montréal.

Le récit explique également la façon dont les enquêteurs ont fini par mettre la main sur celui qui a tué impunément pendant vingt-cinq ans. Décrit par ses proches comme parfois "paranoïaque", Gérald Gallant prenait soin de ne laisser aucune trace de sa présence sur les scènes de crime, qui étaient en général des lieux publics et souvent des restaurants, où le professionnel tuait ses victimes en plein jour. C'est pourtant son imprudence qui va permettre à la sûreté du Québec de se mettre à le surveiller, lorsqu'il va laisser son ADN sur une bouteille de bière qu’il a "fait semblant de boire" – il n'aime pas l'alcool – dans un bar "en attendant de faire feu sur le gérant".

Face à deux enquêteurs québécois en 2006, dans une "salle interrogatoire surchauffée", Gérald Gallant, "qui sait qu'il est cuit", implore ses interrogateurs de le protéger s'il accepte de coopérer. "Je veux pas sortir de prison dans une boîte de carton", explique-t-il. "On va prendre nos responsabilités, fais confiance au système", lui répond l'un des policier avant d'ajouter : "L'Etat va contrôler ta vie."

Aujourd'hui en prison jusqu'à l'âge de 83 ans au moins, lorsqu'il aura purgé sa peine de vingt-cinq ans d'incarcération, ce passionné de cyclisme se consacre à la lecture de la biographie d'une de ses idoles, Lance Armstrong. "Il cultive aussi des fleurs et des tomates", rapporte Le Journal de Montréal"Je veux juste faire mon temps en paix", a-t-il écrit dans une lettre adressée au quotidien au moins de juillet. Le jour de l'arrestation de ses 11 complices, il s'est dit "libéré d'un poids énorme". 

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