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Conseils, science, sante et bien-être


Rompre quand l’autre n’ose pas le faire

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Novembre 2014, 10:16am

Catégories : #COUPLE, #HOMME-FEMME, #RELATIONS

Rompre quand l’autre n’ose pas le faire

Les jeunes femmes quittent souvent les hommes qu’elles aiment encore, car eux sont trop lâches ou indécis pour le faire. De quoi rendre le deuil de la relation plus ardu, mais aussi renforcer la confiance en soi sur le long terme. 

 
Julien vivait une romance pimentée avec Sarah, la nouvelle recrue de sa boîte. Sorties, restaurants, nuits torrides… Si leur relation n’était pas officielle, tous leurs collègues savaient qu’ils se « voyaient ». Et puis Julien s’est lassé. Plutôt que de rompre avec Sarah, le jeune homme de 27 ans a planté bien profond sa tête dans le sable : messages de plus en plus espacés, rendez-vous décalés et excuses sans saveur. Tout en organisant un marathon millimétré de nouveaux rendez-vous sur le site de rencontres Tinder. Pas vraiment larguée mais déjà remplacée, Sarah a donné le coup de grâce au bout de plusieurs semaines de ventilation par un texto : « J’ai compris. Je suis triste, tu vas me manquer. » 
 

Comme Sarah, les jeunes femmes sont de plus en plus nombreuses à « s’autolarguer ». Comprendre : quitter par lucidité quelqu’un que l’on aime encore car il est trop lâche pour le faire. L’autolargué trouve les mots et le courage que l’autre n’a pas, par égoïsme, flemme ou culpabilité. Il préfère nous laisser endosser la responsabilité de la rupture, en restant immobile au fond du canapé au moment où l’on claque la porte. Ces situations deviennent fréquentes quand l’histoire commence avec ferveur et s’éteint au bout de quelques semaines ou mois. « Les garçons ont de plus en plus de mal à s’engager. Les femmes, elles, sont devenues plus autonomes et fières que les générations précédentes, elles savent partir quand elles ne se sentent plus valorisées, explique Isabelle Yhuel, auteure de Quand les femmes rompent (Éd. JC Lattès). Sans compter que les nouvelles technologies, les réseaux et les sites de rencontres ont créé une confusion sur l’amour. La notion d’engagement est plus floue, et celle de rupture aussi. »

Pourquoi ces hommes qui n’aiment plus ne nous quittent pas eux-mêmes ? Souvent, par confort. En s’éloignant sans adieu, Julien est toujours désiré – et donc valorisé – par Sarah, aux aguets. Une bonne dose de confiance pour le jeune homme aux yeux de loup qui repart en chasse. « En ne rompant pas clairement, on reste l’objet de l’amour de quelqu’un, son héros, explique Isabelle Yhuel. On garde le beau rôle en se protégeant des engueulades et des reproches de l’autre. » Sans s’embêter des larmes et du drame, Julien a fait son deuil dans son coin et n’a pas jugé utile d’en avertir l’autre. « Je ne voulais pas la blesser. La rupture n’est pas un moment facile, ni agréable, se dédouane-t-il. Elle finira par comprendre par elle-même avec la distance. » Après tout, pourquoi s’alourdir d’une rupture quand on n’est même pas sûr d’avoir vraiment eu une relation sérieuse ? Ou, tout simplement, des sentiments. 

 

Une rupture à ma guise 

D’autres font l’autruche par culpabilité, ayant été les instigateurs des débuts de la relation. Après plusieurs chassés-croisés, Yann, jeune trentenaire un peu torturé, avait convaincu Marion de remettre le couvert. Deux mois plus tard, elle reçoit un SMS « j’ai revu mon ex et cela m’a fait quelque chose ». Ce seront ses derniers mots. Marion lui enverra des messages d’incompréhension, de rage, de regrets pour finir par un « bonne continuation » en guise de point final. Un monologue angoissant, insupportable. « Rien ne l’a fait réagir, je n’ai jamais eu de réponse », se souvient cette jolie blonde parisienne. « Après avoir aimé et aspiré l'autre vers eux, certains se disent qu’ils ne peuvent pas fracturer ce noyau qu’ils ont créé, développe Isabelle Yhuel. C’est très égoïste car l’autre a besoin de pouvoir dire sa déception, son malheur, une fois la relation officiellement finie. Entendre "c’est fini" et lâcher "salaud", c’est aussi apaisant. »

La rupture, expérience ultime du couple, se vit désormais en mode perso. Et sans échange, ni larmes ou vase cassé, le deuil peut être laborieux. L’autolargué doit se rendre compte par lui-même de l'insatisfaction de l'autre, la formuler et agir en conséquence. Sans être exempt de questionner sans cesse ses déductions. « Il y a toujours un doute qui persiste sur les intentions de l’autre. On commence à interpréter les moindres signes et souvenirs pour avoir des explications… On est seul devant le vide et on doit tout faire soi-même », explique Isabelle Yhuel. Si bien que quelques semaines après, Marion déclarait qu’elle « lui accorderait une seconde chance s’il revenait ». Ce qui n’est jamais arrivé.

Les hommes s’abstiennent de rompre pour diverses raisons : égoïsme, lâcheté, culpabilité… Ou tout simplement car ils ne veulent vraiment pas rompre ! Cette dernière catégorie valorise plus le confort du couple que l’amour.  Pour eux, pas besoin de grands sentiments tant qu’il y a le reste : la tendresse, la sécurité, le statut social. Même s’ils savent qu’ils n’ont pas les mêmes critères que leur partenaire, ces spécimens ne dérangeront pas leur confort par respect et cohérence avec l’autre. « Ont-ils vraiment aimé ? explique Isabelle Yhuel. On peut se le demander car ils ne se rendent même pas compte de la douleur qu’ils infligent à l’autre et de la nécessité d’une séparation. » Jusqu’à ce que leur partenaire, cet accessoire qui aime en silence, en ait marre d’attendre un changement miracle. 

Ainsi Rachel, 23 ans, a vu sa belle love story se faner sans réaction de la part de son copain qui lui avait déclaré des « je t’aime » au bout de trois semaines. « Au quatrième mois, il est devenu indifférent. Nous habitions à 500 km l’un de l’autre. Il ne venait plus me voir car il avait "de la paperasse à régler" le week-end », se rappelle-t-elle. Lors de son ultime visite, Rachel, prête à accueillir sa sentence, a reçu une tout autre proposition. « Je sais que c’est moins fort qu’avant entre nous, je n’ai pas envie de m’embêter et prévoir mes week-ends mais on peut rester comme ça, ça me va. Et toi ? » Séchée, Rachel a remonté ses manches pour s’autolarguer. « C’est moi qui ai dû lui dire "tu ne m’aimes plus" et lui montrer que ça n’avait aucun sens de rester ensemble par flemme, jusqu’à ce que l’un de nous trouve quelqu’un d’autre. Ça aurait été insultant et pitoyable d’accepter cette proposition pantouflarde juste parce que je l’aimais encore, comme une droguée. »

 

L'avenir et l’estime de soi

Tout n’est pas si noir dans l‘autolargage. Si le désaimé reprend sa liberté malgré lui, il garde une certaine estime de soi.  « Ceux qui partent malgré leurs sentiments savent que tout n’est pas acceptable au nom de l’amour. Ils ont su ne pas s’enfermer dans le malheur et en tirer la fierté d’avoir choisi l’avenir », décrypte Isabelle Yhuel. Ce bon sens n’a pas de genre : s’ils ont tendance à plus souvent faire l’autruche que les femmes, les hommes ne sont pas privés de s’autolarguer de temps en temps. Avachi sur le canapé le jour et perdu dans des soirées la nuit, le compagnon de Fabrice était à la dérive. « Après trois ans de relation, on a besoin de se réengager avec l’autre. Lui était devenu lointain et fuyant. Je me suis rendu compte que j’étais malheureux. » Poussé à bout, Fabrice, 37 ans, a lancé à son copain un ultimatum – « tu fais un effort pour changer ou je pars » – que ce dernier n’a pas relevé. « Il ne s’est pas battu trente secondes. J’étais hystérique, c'était tellement douloureux d'avoir dû le quitter, c'était comme me couper un bras. Mais je savais que j’irais au bout de mon raisonnement, c’était presque devenu une question de survie. Cette fierté a été le seul moyen de valoriser notre séparation. »

Exigeant, l’autolargué s’offre la chance d’être aimé à nouveau. Ainsi Rachel a vite tourné la page. « Je ne sais toujours pas pourquoi il ne m’a plus aimée et il n’a rien fait. Mais aujourd’hui, je m’en fiche. C’est son problème. Le plus important, c’est d’avoir pris la meilleure décision pour moi… et d’avoir trouvé quelqu’un de plus entier. » 

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