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Les mobiles révèlent les migrations humaines

Publié par MaRichesse.Com sur 5 Novembre 2014, 20:18pm

Catégories : #TECHNOLOGIE, #ENVIRONNEMENT, #RELATIONS, #NEWS

Les mobiles révèlent les migrations humaines

 

Suivre les mouvements de populations à l'aide de leurs téléphones mobiles ? les cartographier ? Et quasi en temps réel ? C'est le sujet d'un article d'une équipe internationale de scientifiques dirigée par Pierre Deville de l'Université Catholique de Louvain (Belgique) paru dans les PNAS (la revue de l'Académie des Sciences des Etats-Unis d'Amérique).

Les chercheurs ont utilisé des informations que peuvent fournir en quasi temps réel les opérateurs de téléphonie mobile. Et testé leur capacité à les transformer en cartographie dynamique des mouvements de populations. Ces informations sont de nature statistique, les individus ne sont pas identifiés dans le processus de traitement qui aggrège des données.

 

CRISES SANITAIRES ET ENVIRONNEMENTALES

L'intérêt ? Non pas de savoir que les Parisiens partent en week-end à la campagne ou au bord de la mer en vacance, comme le montrent les tests et le film ci-dessous. Mais d'offrir un outil capable de suivre des migrations de populations disposant de téléphones mobiles... ce qui est paradoxalement le cas dans de nombreuses régions et pays peu développés. L'article avance ainsi le chiffre de 90% de taux de pénétration des téléphones mobiles dans les pays en voie de développement (contre 121% dans les pays industrialisés).

Or, en cas de crises sanitaires ou environnementales, de survenue de risques naturels (séismes, éruptions volcaniques, inondations...) provoquant des déplacements de populations qu'il faut secourir, l'information sur les déplacements de populations est cruciale. Tant que les réseaux tiennent, si ces populations utilisent des téléphones mobiles, il peut être possible de détecter rapidement ces mouvements et de localiser très précisémment les lieux concernés en se branchant sur les données des opérateurs et en les traitant avec les outils informatiques et cartographiques idoines. Et le tout par un système automatisé et très peu coûteux.

Pour faire leur démonstration, les chercheurs ont utilisé une base de données d'un milliard d'appels téléphoniques depuis un mobile, en France et au Portugal. Il fallait en effet dépasser les méthodes déjà utilisées pour ce type d'analyse, la plupart du temps réduites à une petite région, une ville, pour suivre les trafics routiers ou la saisonnalité des déplacements touristiques. L'objectif des chercheurs était de mettre au point un outil pour  cartographier les déplacements de populations sur de vastes territoires mais avec une résolution temporelle et spatiale fine. Le tout en évitant les pièges des variations de densité démographiques et d'intensité temporelle de l'usage du téléphone mobile ou les hétérogénéité de la couverture des réseaux de télécoms.

Dans les pays développés où les recensements de populations sont fréquents et fiables, l'intérêt d'une telle méthode est surtout de descendre à une échelle très fine aux plans spatial et temporel des déplacements de populations. Dans les pays en voie de développement, en Afrique notamment, l'intérêt est beaucoup plus grand, car il peut permettre de pallier l'absence d'opérations de recensement fiables et fréquentes.

► L'utilisation des réseaux de téléphonie mobile pour autre chose que téléphoner n'est probablement qu'au début. Ainsi, une étude internationale à laquelle participaient des chercheurs de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) ont montré qu'il était possible de suivre les pluies et leur intensité en utilisant les antennes du réseau de l'opérateur du Burkina Faso Telécel Faso. Comment ? En suivant l'atténuation du signal entre deux relais du réseau, provoquée par l'interaction des gouttes de pluies avec le signal radio. Dans des pays dépourvus de radars pluviométriques et où le suivi de la mousson est crucial pour les agriculteurs et la préparation aux opérations agricoles comme au suivi global de la production par les autorités ce type de dipositif peut se révéler précieux, car l'opération est quasi gratuite, il suffit que les opérateurs transmettent leurs données sur le suivi de leur réseau (lire dans le n°75 de Sciences au Sud, la publication de l'IRD).

► L'article des PNAS est ici en pdf. Source

 

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