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Conseils, science, sante et bien-être


Le vaccin contre le Sida, bientôt disponible

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Novembre 2014, 22:36pm

Catégories : #VACCIN, #SANTE-BIEN-ETRE, #SCIENCE

Le vaccin contre le Sida, bientôt disponible

Sur le front du sida, les scientifiques multiplient les percées. Un vaccin est à l’étude et des travaux montrent que l’ADN humain serait capable de neutraliser le virus grâce à une enzyme. 

 

Vaccin, booster immunitaire, stimulateur enzymatique… Trente ans après les débuts de l’épidémie, les pistes thérapeutiques contre le virus du sida se précisent enfin. « La science n’a jamais été aussi proche de contrecarrer le mécanisme de mutation qui protège le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) contre les défenses naturelles de l’organisme », estime Michel-Paul Correa, directeur de l’Institut inter­national pour le développement et le soutien à la recherche scientifique innovante, (IIDSRSI), et nombre de chercheurs avec lui. Son comité scientifique, présidé par le codécouvreur du virus, Claude Chermann, a placé ses espoirs dans une série de travaux dirigés notamment contre les enzymes nécessaires à la multiplication du virus ou les récepteurs qui lui permettent de pénétrer la cellule.

Les plus avancés sont menés par la start-up azuréenne Biosantech, dont le ­vaccin « provoque une réponse immunitaire encourageante », indique le docteur Jean Bora de Mareuil, directeur de la recherche et du développement, au vu des premiers résultats de l’étude clinique en cours. La molécule développée par cette société de biotechnologies cible la protéine Tat, qui permet d’activer la multiplication du virus.

 
 

Une protéine porteuse d’espoirs

Cette protéine clef, la communauté scientifique la connaît bien. Dans les années 1990, elle a identifié un de ses variants chez une patiente gabonaise prénommée Oyi, porteuse du virus mais pourtant en bonne santé, comme ses trois enfants, tous nés séronégatifs. « Nous faisons l’hypothèse qu’un principe actif synthétique dérivé de “Tat Oyi” [le variant de la protéine Tat trouvé chez cette patiente gabonaise, NDLR] agit comme une protéine “anti-Tat”, empêchant la réplication du virus. En le neutralisant, on permet à l’organisme de restaurer son im­munité cellulaire pour éliminer de lui-même les cellules contaminées par le virus », explique Jean Bora de Mareuil. Testée sur des macaques infectés par le VIH, Tat Oyi a montré la même efficacité que dans l’étude réalisée sur la cohorte de patientes gabonaises. L’université de Harvard a confirmé ces résultats et attesté que c’est bien la protéine Tat Oyi, en produisant les anticorps adéquats contre la protéine Tat, qui permet aux singes vaccinés de résister au virus. Un brevet a été déposé en France par l’équipe CNRS d’Erwann Loret, le chercheur marseillais à l’origine de ces travaux. Biosantech en détient la licence exclusive.

Ses essais ont démarré sur l’homme en avril 2013 : 48 patients séropositifs ont validé l’absence de toxicité du vaccin. La phase II qui a suivi s’achève à la fin de ce mois. Elle doit déterminer le dosage le plus efficace pour produire des anticorps anti-Tat. Répartis en quatre groupes, les patients ont reçu chacun 3 injections à différentes concentrations ou un placebo, puis leur trithérapie a été arrêtée pendant deux mois. « Plusieurs patients maintiennent un taux de reproduction virale très faible après l’interruption de leur trithérapie », dévoile Jean Bora de Mareuil. Un nouvel essai, attendu pour 2015, recrutera 80 nouveaux patients pour tester l’absence d’effets secondaires et confirmer l’efficacité du traitement avec un objectif d’au moins 30 % de patients maintenant une virémie indétectable après interruption de leur traitement. S’il est concluant, une dernière étude testera le vaccin à grande échelle selon les normes Onusida, en le comparant avec des groupes placebo et des traitements de référence.

Anti-Tat n’est pas le premier candidat vaccin évalué : depuis trente ans, plus de 600 essais cliniques ont été conduits, mais aucun n’a dépassé la phase I. Avant l’été, Biopharma a levé 803.000 euros auprès de 107 investisseurs, faisant de cette opération de « crowdfunding » la plus importante ­réalisée en France.

Mais le vaccin n’est pas la seule voie prometteuse. Au début du mois, le virologue Didier Raoult, de la fondation Méditerranée ­Infection, et l’équipe du professeur Yves Lévy, nouveau président de l’Inserm, ont pu montrer qu’une enzyme connue, l’Apobec, qui fait partie de l’arsenal des humains pour lutter contre les infections virales, est inactivée par le virus du sida. Une découverte majeure. « On peut imaginer que la réactivation de cette enzyme pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de guérison de la maladie », fait valoir Didier Raoult.

 

L’exemple des koalas

Cette hypothèse est née de l’observation de l’évolution du sida chez le koala, dont une population a guéri spontanément en intégrant le virus dans ses gènes jusqu’à le neutraliser et transférer son immunité à sa descendance. La même chose est en train de se produire chez l’homme. « Environ 8 % du génome humain contient des rétrovirus désactivés », poursuit Didier Raoult.

S’agissant du sida, ce mécanisme dit d’« endogénisation » a été constaté chez au moins deux patients diagnostiqués séropositifs. Le séquençage de leur génome a montré que le virus était inactivé, probablement du fait de coups de ciseaux donnés dans son ADN par l’enzyme Apobec. L’un des deux patients, âgé de cinquante-sept ans, est ­aujourd’hui considéré comme guéri, trente ans après avoir été diagnostiqué séropositif.

 
Une piste pour déloger les stocks de virus cachés dans l’organisme

Le virus du sida ne se contente pas de muter pour échapper aux lymphocytes : il stocke des troupes de réserve dans les macrophages, des cellules du système immunitaire qui avalent et détruisent les microbes pathogènes et autres débris circulant dans notre corps. Le VIH n’a pas choisi sa cible au hasard : contrairement aux lymphocytes T qui meurent quelques jours après l’infection, les macrophages sont plus résistants et peuvent héberger le virus pendant des mois, voire des années. En étudiant ces éboueurs du corps humain, une équipe du laboratoire Immunité et Cancer (Inserm/ Institut Curie) vient de montrer que des récepteurs liés à la fonction de nettoyage se concentrent dans des compartiments internes servant de réservoirs aux virus. En exposant ces macrophages infectés à des anticorps actifs contre ces récepteurs, les chercheurs sont parvenus à empêcher la libération des virus cachés en leur sein. « Les anticorps pénètrent les compartiments internes où ils piègent les particules virales, explique l’immunologiste Philippe Benaroch, qui a mené l’étude. Si les particules virales sont ainsi piégées pendant suffisamment de temps, nous pensons qu’elles perdront leur pouvoir infectieux. »


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