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«Bien joué les gars!»: Comment les traders manipulaient le marché des changes

Publié par MaRichesse.Com sur 12 Novembre 2014, 12:03pm

Catégories : #ARGENT, #ECONOMIE, #NEWS, #INSOLITE

«Bien joué les gars!»: Comment les traders manipulaient le marché des changes

«Trois Mousquetaires» ou «L'agence tous risques». Des groupes de traders autobaptisés s'entendaient sur Internet pour manipuler le marché des changes en se vantant de profits mirifiques, ont révélé les régulateurs américains et britanniquesqui ont sanctionné cinq grandes banques internationales.

5.000 milliards de dollars s'échangent tous les jours

Usant de phrases courtes, souvent en argot, les traders de banques concurrentes ont utilisé des forums de discussion sur Internet et des messageries instantanées pour partager des informations confidentielles et se concerter de façon indue. Le but de la manoeuvre était d'influer sur le «fix» qui sert de taux de référence dans ce vaste marché des devises où s'échangent quotidiennement plus de 5.000 milliards de dollars.

Le «fix», comme celui de la Banque centrale européenne de 13h15, ou celui de WM Reuters de 16h00, décide à un instant donné de la journée un taux qui détermine la valeur des échanges. Peser pour que ce taux soit un peu plus haut ou un peu plus bas constitue dès lors une obsession pour ces cambistes peu scrupuleux qui se concertent pour maximiser leur influence, une pratique jugée inappropriée par les régulateurs.

Tout se joue dans les derniers instants avant la minute M du «fix». Les traders complices mettent alors tous les ordres passés par leurs clients en commun pour créer un gros volume propre à peser sur le taux. Cette technique est connue sous l'appellation de «building» (construction) lorsque les cambistes se fournissent mutuellement des «munitions».

«Comment est-ce que je peux faire de l'argent gratuit»

Une concertation préalable pour orienter ce «fix» est dès lors essentielle. «Comment est-ce que je peux faire de l'argent gratuit sans qu'on coopère», demande ainsi un trader lors d'un de ces échanges révélés par l'autorité des marchés financiers du Royaume-Uni (FCA) qui, avec les régulateurs américain et suisse, a infligé l'équivalent de plus de 2,5 milliards d'euros d'amende mercredi à cinq banques internationales.

«Merci de m'avoir dit que vous allez dans la même direction, ça m'a aidé pour aller vite», écrit un autre, une fois l'opération complétée, lorsque tout le monde laisse un petit mot pour s'auto-congratuler et se vanter. «Impressionnant» ou encore «ça ne s'apprend pas», disent d'autres messages.

Les bénéficiaires de ces pratiques sont les banques lorsqu'elles ont acheté des devises à un taux inférieur à celui du «fix», le taux de référence auquel elles vendent à leurs clients. Par exemple, la FCA cite la banque américaine Citigroup qui, s'appuyant sur des ordres de ses clients pour acheter 200 millions d'euros au «fix» de la BCE, a gonflé ce montant avec l'appui d'autres banques grâce à la technique du «building». Avant d'injecter le nouveau total 15 secondes avant le «fix» et de faire bouger artificiellement le marché. Les autorités de régulation ont trouvé la trace d'opérations similaires chez les quatre autres banques mises à l'amende, HSBC, Royal Bank of Scotland, JPMorgan Chase et UBS. 

 

«Nous faisons du dollarrr»

Après une opération qui a fait gagner 162.000 dollars à HSBC, un trader a écrit à ses complices des autres banques: «Bien joué les gars, je vous tire mon chapeau». Un autre, après avoir apporté 33.000 dollars à JP Morgan, a fanfaronné: «nous faisons du dollarrr.»

Ces traders «ne se sont pas concertés pour agir dans l'intérêt de leurs clients mais seulement pour leur propre intérêt», souligne Therese Chambers, chargée de l'enquête pour le compte de la FCA. Pour le directeur général de la FCA, Martin Wheatley, il n'était pourtant «pas sorcier» pour les banques d'empêcher ces pratiques en limitant l'accès aux messageries privées ou en surveillant mieux l'activité des traders.

Plusieurs banques ont commencé à agir dans ce sens, souligne Simon Hunt, conseil en gestion des risques à PricewaterhouseCoopers. «Mais changer de culture, ajoute-t-il, ne se fait pas du jour au lendemain.» 

Source

 

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