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5 raisons de ne pas croire Hollande sur la fin des hausses d'impôts

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Novembre 2014, 19:50pm

Catégories : #FRANCE, #ECONOMIE, #ARGENT, #POLITIQUE, #5-TRUCS-A-SAVOIR

Parmi les (rares) annonces de François Hollande ce jeudi sur le plateau de TF1, la promesse d'une pause fiscale à partir de 2015 et jusqu'à la fin du quinquennat semble un peu trop belle pour y croire. 

5 raisons de ne pas croire Hollande sur la fin des hausses d'impôts

Lors de son intervention télévisée, François Hollande l'a répété trois fois: promis, juré, craché, il n'y aura plus de hausses d'impôts d'ici la fin du quinquennat. Pourtant, ce vendredi, personne ne semble croire aux promesses fiscales d'un président dont tous les sondages montrent qu'il est déjà en enfer. Voici pourquoi. 

  • Parce qu'en la matière, sa "virginité" pose question

Mentir en annonçant une pause fiscale qui n'aura pas lieu? "Pas moi, je suis vierge de ce côté-là", a déclaré jeudi le chef de l'Etat interrogé par Gilles Boulleau. Or François Hollande, quoi qu'il en dise, n'en est pas à son coup d'essai. Il a déjà fait aux Français le coup de la pause (fiscale) avant de rétropédaler en catastrophe. A l'automne 2012, comme un symbole, c'est Jérôme Cahuzac alors ministre du Budget qui s'était chargé de porter la bonne parole. Alors en plein vote d'un budget 2013 comprenant 20 milliards d'euros de hausses de prélèvements, il promettait, la main sur le coeur: "Il n'y aura pas d'effort fiscal supplémentaire ensuite car le président de la République s'est engagé à la stabilité." Au passage, mais c'est anecdotique, il promettait également le retour à l'équilibre budgétaire en 2017. Aux dernières nouvelles, ce sera plutôt autour de 4% de déficit. Neuf mois et une litote plus tard, lors de la traditionnelle allocution télévisée du 14 juillet, François Hollande enterrait la perspective d'une pause. "Pas d'augmentation d'impôts" devenait alors "dans l'idéal, le moins possible". 

  • Parce qu'il joue sur les mots

Les mots choisis par le chef de l'Etat, malgré les questions de relances des journalistes en plateau, restent sujets à interprétation. "A partir de l'année prochaine, il n'y aura pas d'impôts supplémentaires sur qui que ce soit." Les "impôts" comprennent-ils les taxes? "Qui que ce soit" désigne-t-il seulement les ménages, ou englobe-t-il également les entreprises? Le Medef n'a pas attendu d'en avoir le coeur net pour réagir: "[Nous espérons] que le gel des taxes et des impôts annoncé concernera aussi les entreprises et que cela s'appliquera dès 2015".  

Pierre Gattaz peut toujours rêver à voix haute, on sait en tout cas que "à partir de l'année prochaine" ne désigne pas l'année 2015. Car le projet de budget, qui prévoit certes la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu, contient également des hausses. On pense notamment à l'augmentation de la taxe sur le diesel, au projet de surtaxe d'habitation pour certaines résidences secondaires, ou encore de la pérennisation au-delà de 2016 de la hausse des droits de mutation entrée en vigueur, pour deux ans, en 2014. Sans oublier que les collectivités locales, confrontées à la réduction de la dotation de l'Etat en leur faveur, seront fatalement poussées à augmenter leurs propres impôts. 

  • Parce que Emmanuel Macron a déjà rectifié le tir

Emmanuel Macron, interrogé ce vendredi sur l'antenne de BFMTV, est naturellement revenu sur la bombe lâchée la veille par François Hollande. Face à Jean-Jacques Bourdin, le ministre de l'Economie a rappelé qu'un certains nombre de mesures sont actuellement en gestation et qu'elles sont loin d'aller toutes dans le sens d'une baisse de la pression fiscale. "Vous avez des textes qui sont en train d'être discutés, un projet de loi de finance, un projet de loi de finance de la sécurité sociale et sans doute un projet de loi de finance rectificative", a-t-il énuméré. "Il y a dans ces textes des impôts nouveaux, des augmentations nouvelles", a précisé le ministre. 

  • Parce que baisser les prestations familiales revient finalement au même

Le syndicat de l'encadrement CFE CGC, farouchement opposé à la modulation des allocations familiales en fonction des revenus, s'interrogeait ce vendredi dans un communiqué: "Où est la pause fiscale promise hier par le président de la République?" Une façon comme une autre de souligner que les baisses de prestations sociales et les augmentations d'impôts, qui touchent particulièrement les classes moyennes supérieures, sont en fait les deux revers d'une même médaille. De fait, la piste de la fiscalisation des allocations familiales pour réduire le déficit de la branche famille avait aussi été envisagée. Face à cela, l'aveu par François Hollande selon lequel "75% des impôts supplémentaires ont été acquittés par 20% de contribuables" et que "à un moment donné, la classe moyenne supérieure ne peut plus accepter d'augmentation d'impôt" risque de ne pas suffire... 

  • Parce que rien ne dit que la croissance sera au rendez-vous

Mais surtout, en promettant un gel des impôts à partir de 2015 et jusqu'à la fin de son mandat, François Hollande semble oublier un peu vite le contexte macroéconomique. Les projections du gouvernement, qui ne prévoit aucune amélioration des comptes publics avant 2016 et table sur 1% de croissance en 2015, sont fragiles. La Commission européenne lui a d'ailleurs déjà signifié qu'elle n'y croyait pas. Or si, comme cette année, la croissance devait rester molle (au mieux 0,4% en 2014) et l'inflation au plus bas, le gouvernement n'aura d'autre choix que d'augmenter les impôts, ne serait-ce que pour financer les (rares) mesures nouvelles annoncées hier par le chef de l'Etat. On pense par exemple aux contrats aidés pour les chômeurs séniors. Jeudi sur TF1, la vérité était peut-être ailleurs que dans les promesses. Une petite phrase lâchée par François Hollande résonne bien davantage, ce vendredi, aux oreilles du contribuable: "tout se fait avec les impôts des Français"... et les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. 

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