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Travail le dimanche: La proposition de Macron peut-elle vraiment doper la croissance?

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Octobre 2014, 03:09am

Catégories : #ECONOMIE, #FRANCE, #TRAVAIL, #NEWS

Travail le dimanche: La proposition de Macron peut-elle vraiment doper la croissance?

Le ministre de l'Economie rouvre le dossier du travail dominical. Dans son projet de loi sur l'activité et l’égalité des chances économiques, Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu'il souhaitait assouplir les règles du travail du dimanche dans les commerces non alimentaires. Ils pourraient ainsi ouvrir cinq dimanches par an sur simple demande (et non sur autorisation préalable) et jusqu'à 12 au total. Avec pour but de dynamiser l’emploi.

Dérogations étendues aux gares et aux «zones touristiques à fort potentiel économique»

A ce jour, seuls les commerces des «zones d'intérêt touristiques ou thermales», des «zones touristiques d'affluence exceptionnelle» et des «périmètres d'usage de consommation exceptionnel» dans les agglomérations de plus d'1 million d'habitants, créées par la loi Maillé du 10 août 2009, peuvent ouvrir le dimanche. Pour les commerces de détail non alimentaire, la règle du repos dominical ne peut être transgressée que cinq fois par an maximum sur décision du maire.

Dans la foulée du décret publié le 8 mars dernier inscrivant les magasins de bricolage sur la liste des dérogations permanentes, le texte d’Emmanuel Macron prévoit d'élargir les dérogations déjà existantes aux gares et aux «zones touristiques à fort potentiel économique». «Cette initiative du ministre vient s’inscrire dans la volonté plus large de libérer quelques verrous (professions réglementées, santé, transports. Il y aura un impact économique positif grâce au choc d’offre de travail que cela va produire», analyse Amandine Brun-Schammé, économiste pour Coe-Rexecode

Le boulevard Haussmann à Paris, qui abrite les grands magasins, pourrait ainsi intégrer ce dispositif. Le PDG des Galeries Lafayette  a notamment promis la création de 500 emplois, en CDD et temps partiels. «Nous pouvons attendre quelques milliers d’emplois supplémentaires et un impact sur le chiffre d’affaires des commerces concernés, notamment grâce au fort pouvoir d’achat des touristes, explique Amandine Brun-Schammé. Et ce «en dépit de coûts de fonctionnement engendrés par une ouverture dominicale».

De meilleurs salaires pour les travailleurs dominicaux… mais pas pour les Français

Pour les autres commerces, en revanche, l’intérêt économique du dispositif pourrait être plus limité. «Seule la petite niche des magasins de tourisme international dans des zones très limitées peuvent profiter de cette proposition», estime Gérard Cornilleau, économiste à l’OFCE. «Le travail dominical n’est ni un enjeu de PIB, ni d’emploi, mais plutôt de bien-être des Français. Celui de pouvoir faire ses courses le dimanche en acceptant implicitement qu’il y ait un coût supplémentaire. Notamment car le commerçant doit mieux rémunérer ses salariés dominicaux. Mais les Français ne vont pas dépenser plus car leur revenu en parallèle n’augmente pas» poursuit-il.

Après une longue lutte pour obtenir le droit d’ouvrir le dimanche, le PDG de Bricorama Jean-Claude Bourrelier, a lui-même récemment reconnu que le compte n’y était pas. «L’enseigne ne fait pas plus de chiffre d’affaires, ni de recrutement, mais a plus de frais, depuis l’ouverture de ses magasins le dimanche en mars. Cela ne dope ni l’emploi ni la croissance»,  affirme Eric Scherrer du comité de liaison intersyndical du commerce de Paris.

Le ministre a précisé que les salariés des commerces concernés devraient être volontaires. Après accord majoritaire au sein de leur entreprise, ils recevront en contrepartie une «compensation importante», à savoir un salaire doublé pour les établissements employant plus de 11 personnes. Des employés mieux payés qui pourront davantage consommer? Gérard Cornilleau «n’y croit pas».

Pour l’heure, seuls les salariés travaillant dans les commerces de détail non alimentaires et dans les « périmètres d’usage de consommation exceptionnel» voient leur rémunération obligatoirement doubler le dimanche. Pour ceux exerçant dans les «zones touristiques», tout dépend des conventions collectives de leur entreprise. 

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