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Rupture amoureuse: la vengeance est-elle libératrice?

Publié par MaRichesse.Com sur 14 Octobre 2014, 07:02am

Catégories : #COUPLE, #HOMME-FEMME, #VENGEANCE, #RELIGION, #DÉPRESSION, #DEVELOPPEMENT

Rupture amoureuse: la vengeance est-elle libératrice?

Qui n'a pas déjà échafaudé secrètement mille et un stratagèmes devengeance après une séparation douloureuse? Qui n'a pas souhaité au conjoint adultère quelque maladie honteuse ou déconvenue professionnelle, histoire de rétablir l'équilibre des souffrances? Dans toute rupture, la colère est l'une des étapes quasi obligées du processus de guérison

Seulement si chez certains et certaines elle se manifeste plutôt discrètement ou se limite à quelques scènes en tête à tête, chez d'autres le désir de vengeance se fait impérieux et se concrétise de manière parfois explosive. Si tous les amants trompés n'ont pas les moyens ni la force de frappe d'une ancienne première dame évincée au vu et au su de tous, il existe bien d'autres façons d'assouvir ce besoin de revanche. Reste à savoir si une fois réalisée, la vengeance est libératrice ou au contraire vaine et source de nouvelles souffrances. 

 

Etre reconnu(e) publiquement comme une victime

Pour Margareth, c'était "impérieux", il fallait que son mari, parti avec une jeune collègue "en bave" au moins autant qu'elle. "Je n'arrivais pas à me sortir de la tête que c'était injuste, que j'avais été là durant les coups durs et que maintenant que tout allait bien pour lui, qu'il avait enfin une situation stable, j'étais bonne à jeter. Et pendant que je souffrais comme une bête, lui s'éclatait avec une gamine?". Elle n'en est "pas fière aujourd'hui" mais Margareth a trouvé duréconfort en appelant les amis de son ex et "en leur révélant toutes les mesquineries qu'il avait pu dire sur les uns et les autres durant des années". "Je me suis bien lâchée et je pense que certains ne lui ont jamais pardonné, il avait la dent dure. D'autres ne m'ont pas crue et d'autres encore m'ont fait comprendre que j'étaispathétique. Si c'était à refaire je crois que je raccrocherais mon téléphone, je n'ai pas gagné grand chose si ce n'est la réputation d'une harpie. Mais sur le moment, ça me paraissait être la bonne réaction".  

"Je crois qu'il est important pour qui que ce soit de faire savoir que l'on a souffert car il s'agit de 'restaurer quelque chose' sur le plan identitaire.", commenteLysiane Panighini, psychopraticienne. A la notion de vengeance elle préfère néanmoins celle d'un besoin de "vérité". "Souvent, à la base, des valeurs ont été bafouées". Dans le cas précis de Valérie Trierweiler, ajoute Lysiane Panighini, "cette femme a dans son esprit, vécu une véritable injustice. Il faut savoir que globalement c'est une des choses les plus difficiles à vivre et qui occasionnent le plus de réactions. Dans ce cas précis elle estime rétablir 'la vérité'". Par ailleurs, poursuit la psycho praticienne, cela permet d'être 'active', de ne pas 'laisser faire' et de lutter contre le sentiment d'impuissance qui va généralement avec celui d'injustice. 

"J'avais envie que tout le monde autour de lui sache à quel point j'avais souffert et que ses amis réalisent qu'il n'était pas ce gars sympa pour qui il se faisait passer", confirme Margareth. "L'amour qu'on n'a plus de son ou sa conjoint(e), on le cherche chez les autres, d'où cette volonté de tout déballer", décrypte la psychanalyste Laura Gélin. "Il y a par ailleurs chez certaines personnes souffrant d'une blessure narcissique particulièrement intense un besoin d'exister à tout prix, de rester dans la lumière, quitte à révéler au grand jour ce qui relève de l'intime, quitte à ne pas en ressortir particulièrement grandi(e)". 

"Il y a des gens qui dans ces situations vont tout cadenasser et intérioriser leur douleur, d'autres qui au contraire auront besoin d'être reconnus publiquement comme des victimes", abonde Violaine Gelly, psychopraticienne et sexothérapeute.  

 

La vengeance empêche de rompre avec l'expérience douloureuse

Cependant, "La vengeance soulage rarement", ajoute Laura Gélin. "C'est une réaction humaine, mais notre propre souffrance ne peut être gommée par celle de l'autre". Surtout, "vouloir à tout prix récupérer sa mise, en quelque sorte, c'est d'une certaine façon refuser la fin d'une histoire. En relançant la machine, en refusant de faciliter les choses à son ex en cas de divorce par exemple, en cherchant à l'humilier publiquement, on cherche souvent à rester dans sa vie plus qu'à s'en éloigner". 

Un avis partagé par Violaine Gelly: "Dans un premier temps, oui, se venger permet de soulager cette pulsion, ce besoin de décharger une colère trop violente. On a l'impression que l'équilibre des choses va se rétablir, un partout et la balle au centre, que lesémotions négatives sont mises hors de portée. Mais à long terme, la vengeance empêche de sortir du lien et de rompre avec l'expérience douloureuse. Au contraire, même, la persistance de cette colère prouve que l'attachement reste fort". Par ailleurs, prévient Violaine Gelly, si on peut avoir la sensation d'échapper aurôle de victime en se vengeant, "il n'en est souvent rien. Au contraire, on entérine le fait que l'on a été abusé(e), quitté(e) ou trompé(e). Et à l'arrivée, c'est bien l'humiliation qui reste". 

Lise en a fait l'expérience. "J'ai très mal supporté ma séparation avec mon ex-compagnon, dont j'ai appris qu'il n'avait jamais cessé de voir sa précédente femme. Je me suis vengée en piratant son compte mail, personnel et professionnel. J'ai envoyé des messages à ses collègues en son nom, j'ai insulté sa femme également via sa messagerie. Sur le moment honnêtement, j'ai éprouvé une véritable jouissance. Soudain je n'avais plus envie de pleurer. Mais au final, quand nos proches ont appris ce que j'avais fait, j'ai senti que je suscitais au mieux de la pitié, au pire de la peur!". 

"Rester coincé dans ce rôle de victime, n'être que dans un désir de vengeance empêche surtout de prendre conscience que dans une histoire de couple, on est deux. Tant que l'on refuse de prendre sa part de responsabilité dans l'échec d'une relation, que l'on n'essaie pas de comprendre pourquoi on a laissé l'autre nous faire à ce point du mal, on ne peut pas sortir de cette spirale, on ne peut pas aller mieux", conclut Violaine Gelly.

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