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Les parents contre la vaccination obligatoire de leurs enfants sont de plus en plus nombreux

Publié par MaRichesse.Com sur 20 Octobre 2014, 05:08am

Catégories : #VACCIN, #ENFANT, #NEWS

Les parents contre la vaccination obligatoire de leurs enfants sont de plus en plus nombreux

Refuser un vaccin. L'attitude a de quoi choquer de prime abord. L'OMS estime que la vaccination sauve plus de 3 millions de vies dans le monde chaque année. C'est pourtant le choix de certains parents qui se mettent hors-la-loi, convaincus de préserver la santé de leur enfant. C'est le cas de Samia et Marc Larère, un couple de l'Yonne qui n'a pas fait vacciner sa fille aînée contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DT polio), les trois vaccins obligatoires en France. Pourquoi? Ils craignent la supposée toxicité de certains adjuvants présents dans ces vaccins. Cette décision qui a interdit à la fillette l'entrée en crèche et à l'école maternelle les a donc conduits devant les tribunaux. Les parents sont poursuivis pour s'être soustraits à leurs "obligations légales compromettant la santé, la moralité ou l'éducation" de leur enfant. Ils risquent deux ans de prison et 30.000 euros d'amende.

Comme la loi le permet, Samia et Marc Larère ont déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour que soit reconnue leur liberté de choix en matière de vaccination. Dans trois mois, le Conseil constitutionnel dira si oui ou non il donne son avis sur cette QPC. En attendant sa réponse, le procès a d'ores et déjà ravivé le débat sur la vaccination obligatoire en France. De quoi inquiéter la ministre de la Santé, Marisol Tourraine. Elle s'est dite préoccupée jeudi 9 octobre par "un mouvement de défiance envers les vaccins" et a appelé à ce qu'il n'y ait pas "d'arrêt de vaccination". 

La ministre n'a pas tort. Il existe bien en France une remise en question de la vaccination obligatoire. Le mouvement ne s'arrête pas à nos frontières, des parents dans les pays anglo-saxons, en particulier aux États-Unis où la rougeole a refait son apparition vont dans le même sensLe HuffPost a cherché à mieux comprendre le scepticisme, les doutes et interrogations de ces parents inquiets voire révoltés par le système de vaccination français.

"C'est quand même fou tout ce qu'on leur injecte alors qu'ils viennent de naître..."voilà ainsi résumé par une maman blogueuse bretonne en avril 2014 un avis partagé par de nombreux détracteurs de la vaccination obligatoire. Dans le camp des opposants, rares en effet sont les parents à être entièrement contre les vaccins. La plupart s'oppose surtout au caractère obligatoire de cette vaccination et au fait qu'elle se fasse dans les premiers mois suivant la naissance, un moment, où, craignent-ils, le système immunitaire des enfants est trop faible. Ce que réfute l'Inpes dans un document officiel citant une étude publiée en 2002 dans la revue Pediatrics : "Les études ont montré que le système immunitaire humain a une capacité très importante de répondre aux antigènes. Selon les modélisations, un nourrisson pourrait répondre à quelque 10000 antigènes administrés en même temps : en d’autres termes, si l’on administrait onze vaccins à la fois, on ne mobiliserait que 0,1% de son système immunitaire"

La vaccination obligatoire, une "exception culturelle française" comme l'appelle le professeur Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations interrogé dans Le Monde, a toujours été contestée. En Europe, seuls nos voisins italiens obligent à la vaccination contre certaines maladies. Comme en témoigne l'exemple du vaccin contre la variole qui fut vivement critiqué au XIXe et au début du XXe sièclepour être responsable chez certaines personnes d'inflammations de l'encéphale comme le rappelle le Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine (édition 2014). Quand l'obligation vaccinale tombe en 1979 après l'éradication de la maladie, "la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations qui comptait alors 12.000 membres en France perd la moitié de ses adhérents", raconte Jean-Marie Mora, président de la Ligue contacté par Le HuffPost.

"Ma fille n'est pas et ne sera pas vaccinée"

Jacques Bessin, le président de l'Union nationale des associations citoyennes de santéqui soutient financièrement le couple Larère dans sa procédure judiciaire a bon espoir que le Conseil Constitutionnel tranche en faveur du libre choix. "Je ne suis pas contre les vaccins", précise-t-il d'emblée interrogé par Le HuffPost. Son engagement contre la vaccination obligatoire est ancien. Avant d'être père, il s'était déjà interrogé sur le sujet. À la naissance de sa fille, Ophélie, son combat a pris une autre dimension. Lorsque les médecins ont évoqué la vaccination devant sa femme et lui, les jeunes parents ont refusé tout net. "C'était un accouchement un peu prématuré, se souvient Jacques Bessin, mais ma fille était en pleine forme." Le couple explique sa décision sans se faire comprendre du personnel médical. Ils savent qu'ils ne sont pour l'instant pas dans l'illégalité. En France, l'enfant doit être vacciné dans les onze premiers mois suivant sa naissance.

Quand Ophélie est hospitalisée quatre mois plus tard pour des problèmes d'anorexie du nourrisson, infirmières et médecins reviennent à la charge. "Ma fille souffrait d'un mal qui n'avait rien à voir avec les maladies contre lequelles on voulait la vacciner", s'énerve-t-il. Convaincu que le chef de service de l'hôpital dans lequel sa fille est hospitalisée la garde car il refuse la vaccination, Jacques Bessin décide de la faire sortir contre l'avis médical. S'en suit un marathon judiciaire de quatre ans. L'homme est poursuivi auprès d'un tribunal pour enfants pour mauvais traitements. La Juge tranche finalement en faveur d'un non lieu et classe l'affaire. "Ma fille n'est pas et ne sera pas vaccinée", se réjouit-il alors.

Pour le couple, l'histoire ne s'arrête pas là. Ils créent une association entre autres pour aider les parents poursuivis pour n'avoir pas fait vacciner leur enfant. "Nous recevions en moyenne un appel par mois, explique Jacques Bessin, en ce moment, c'est plutôt huit par semaine". De l'aluminium dans les vaccinsun lien avec l'autisme, une main-mise des laboratoires, malgré les démentis des autorités et les études scientifiques, ces parents refusent toujours la vaccination de leur enfant.

Faux certificat, contre-indication et homéopathie pour échapper aux vaccins

Tous les parents concernés ne veulent pas se mettre hors-la-loi pour autant. "Certains achètent des vaccins, collent la vignette sur le carnet de santé de leur enfant et imitent le tampon de leur médecin pour pouvoir les mettre en crèche", déplore Jacques Bessin. Jean-Marie Mora, le président de la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations met, lui, à disposition de ses adhérents une liste de 150 médecins acceptant de produire un certificat de contre-indication à la vaccination.

Séverine, 39 ans et mère d'une petite fille née en 2011, n'est pas passée par là. Alertée par son pédiatre et son médecin généraliste, tous deux homéopathes, elle a décidé de ne pas faire vacciner sa fille contre la rougeole, entre autres. "Après son premier vaccin contre le BCG (contre la tuberculose, grandement recommandé pour les enfants entrant en crèche, NDLR), l'organisme de ma fille a mal réagi, raconte-t-elle au HuffPost. Ma pédiatre m'a mise en garde contre les vaccins et a prescrit à ma fille un traitement d'une semaine pour faire évacuer les adjuvants toxiques contenus dans le BCG."

La méfiance des Français à l'égard des vaccins est difficilement quantifiable. Mais le phénomène est assez important pour qu'il inquiète les médecins de l'Hexagone. Une personne non vaccinée risque non seulement de tomber malade mais aussi de contaminer les autres. Un risque que Séverine mesure mais qu'elle dit contrôler. "Ma fille est suivie très régulièrement. Elle va à l'école. Elle est soignée dès les premiers symptômes lorsqu'elle est malade, ce qui reste assez rare", assure-t-elle. "De nombreuses personnes autour de nous ne comprennent pas notre choix de ne pas l'avoir fait vacciner, c'est un sujet très sensible que j'ai même appris à éviter", déplore-t-elle.

"Ceux qui ne vaccinent pas leur enfant mettent en danger ma fille"

Mais dire que Séverine est dans une opposition totale aux vaccins serait faux. Comme Jacques Bessin, elle explique "Ce n'est pas tant que je suis contre les vaccins. Si à l'adolescence, ma fille n'a pas eu la rougeole, je réfléchirai à la vacciner parce que je sais que c'est une maladie dangereuse en cas de grossesse. Ce qui me pose problème, c'est plutôt le nombre de vaccins que la France impose ou conseille de faire à un enfant si jeune."

Des doutes que partage Aurore*, 32 ans, mère d'une petite fille née en 2013 mais qu'elle interprète autrement. Fille d'un médecin généraliste, elle a été très tôt alertée sur les risques que pouvaient présenter certains vaccins. "À mes 18 ans, mon père a refusé que je fasse le rappel pour l'hépatite B, se souvient-elle, il estimait que c'était trop risqué". À la naissance de sa fille, Aurore* n'a pourtant pas hésité un seul instant à la faire vacciner contre la poliomyélite, la rougeole et le tétanos, les trois vaccins obligatoires. "Je pense que les gens qui ne font pas vacciner leurs enfants sont irresponsables, s'agace-t-elle. Ils mettent ma fille en danger".

Attention, Aurore* ne fera pour autant pas vacciner sa fille les yeux fermés. Il faut que la balance joue en faveur des bénéfices et non des risques. Elle refuse pour l'instant d'envisager le vaccin contre le papillomavirus (cancer du col de l'utérus), celui contre l'hépatite B et la méningite, "trop risqués" selon elle. Ces questionnements ne remettent pas en question le bien-fondé de la vaccination obligatoire. Elle doit perdurer. "Je comprends l'aspiration à vouloir vivre de manière plus naturelle, concède-t-elle. Mais alors arrêtons d'utiliser l'eau de Javel et tous les autres produits chimique du genre plutôt que de mettre les vaccins de côté. La vaccination est avant tout un enjeu de santé publique, ce n'est pas et ce ne peut pas être un choix personnel.On expose ces enfants à des maladies bien trop graves."

C'est en effet tout le problème, comme l'expliquait le Quotidien du médecin en 2013, "la surmédiatisation des effets secondaires éventuels liés aux vaccins pourrait faire oublier les risques des maladies en question". Aux États-Unis où les cas de rougeole se multiplient, la contre-attaque pour réhabiliter les vaccins est en marche. Comme le rapporte Slate, un documentaire diffusé à la télévision américaine et sur Internet a jeté un pavé dans la mare pour déconstruire les arguments des anti-vaccins. 

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