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Euthanasie : les cinq leçons du rapport sur la fin de vie

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Octobre 2014, 00:00am

Catégories : #MORT, #SANTE-BIEN-ETRE, #MALADIE, #5-TRUCS-A-SAVOIR

Euthanasie : les cinq leçons du rapport sur la fin de vie

C’est la synthèse de deux années de débat public sur la fin de vie. Deux années au cours desquelles ont été consultées de nombreuses institutions (Ordre des médecins, Académie nationale de médecine, Observatoire national de la fin de vie), ainsi que des citoyens. Les conclusions de ce travail, publiées jeudi par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), montrent que les souhaits des personnes concernées ne sont pas assez pris en compte. En voici les principaux enseignements. 

 

► Le "droit à la sédation" consensuel
Il apparaît, selon le CCNE, que la société française veut avoir le droit à une "sédation profonde" en fin de vie. Il s’agit d’injecter, au moyen d’une perfusion, un produit qui plonge le patient dans un sommeil profond. Dans cet état, celui-ci ne ressent plus aucune douleur. Le produit n’est pas directement fait pour tuer mais son utilisation prolongée, ainsi que l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, permet de conduire doucement jusqu’à la mort. Aujourd'hui, la loi Leonetti permet l'administration d'antidouleurs au point d'"abréger la vie". Mais ne prévoit pas, en revanche, de "droit à la sédation" pour les malades en phase terminale. 

 

► L’euthanasie et le suicide assisté divisent
Si une sédation terminale "accompagnant" le décès est largement consensuelle, l'injection d'un sédatif accélérant la mort ne l'est pas. Une nuance ténue mais qui fait profondément débat. A fortiori, l’euthanasie ou le suicide assisté, conçus comme l’injection d’un produit directement létal à une personne consciente ou non, divisent encore la société française, selon le CCNE.

 

 

► La volonté du patient et de sa famille pas assez respectée
En l'état actuel de la législation, les Français aspirent à ce que leurs souhaits soient plus respectés, comme l'avait déjà relevé le Comité d'éthique en 2013. Concernant les directives anticipées, qui ne sont pas toujours suivies, "elles doivent s'imposer aux médecins et aux soignants, sauf exception parce que la situation ne s'y prête pas", estime Jean-Claude Ameisen, le président du CCNE. Que se passe-t-il, par ailleurs, en cas d’absence de directives et si la personne en fin de vie ne peut s’exprimer ? Il existe actuellement une procédure collégiale. Les proches et la famille sont consultés mais ce sont les médecins qui décident in fine. Le CCNE propose qu’une réflexion soit lancée pour qu’il n’y ait plus de hiérarchie et que, si aucun accord n’est trouvé, il soit fait appel à une médiation. 

 

► Un accès insuffisant aux soins palliatifs
Pour le président du Comité d'éthique, l'autre grand défi reste l'accès aux soins palliatifs, qui reste très insuffisant en France : moins de 20% des personnes en fin de vie peuvent en bénéficier, et ce pour une période maximum de trois semaines. Alors qu'il faudrait également les "accompagner" et les "soulager" avant la phase terminale. 

 

► Difficulté de s’entendre sur les mots utilisés
Finalement, le rapport montre une réelle difficulté pour les Français à s'accorder sur une terminologie commune. Que veut-on dire lorsque l’on parle du suicide assisté ? De l’euthanasie ? D’une "sédation profonde"? Lorsqu'on les interroge, plus de 90% des Français se déclarent favorables à l'euthanasie pour les personnes qui en font la demande et qui souffrent de "maladies insupportables et incurables". Mais entendent-ils par là le fait de pouvoir être "endormi" jusqu’à ce que mort s’ensuive, ou bien de recevoir une injection de produit immédiatement létal ? Le débat reste ouvert dans la société française. 

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