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Conseils, science, sante et bien-être


Beaucoup de jeunes préfèrent être mal accompagnés que seuls

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Octobre 2014, 11:50am

Catégories : #COUPLE, #HOMME-FEMME, #RELATIONS, #JEUNESSE

Beaucoup de jeunes préfèrent être mal accompagnés que seuls

On les pensait libres, détachés des contraintes matérielles du couple établi, romantiques et décidés à vivre pleinement leurs sentiments, de rencontres en flirts, jusqu’à trouver l’âme sœur. Il semblerait que ceux qui ont 20 ans aujourd’hui soient surtout désireux de stabilité, d’une forme de réconfort et qu’importe l’amour si l’autre réchauffe les nuits. 

 

Cela commence souvent par une rencontre enflammée. L’amour, le vrai, raconte Pauline, 23 ans, étudiante en édition, qui a passé un an et demi avec son copain, dont six mois à chercher à le quitter. « J'ai réalisé que nous avions peu de chose en commun. J’étais en prépa littéraire, je courais les expos et les ciné tandis qu’il aimait rester à la maison ». Une mollesse qui a fini par éroder les sentiments et l’admiration. Mais pour autant, « je n’arrivais pas à me décider. C’était confortable, il avait une voiture, je n’étais pas seule… » Comme une facilité, un réconfort agréable à tout age, explique Patrick Avrane, psychanalyste, auteur de Les Chagrins d’amour (Seuil), « les couples peuvent être ensemble par amour, mais pas seulement. Ça peut être par convenance matériel et par confort. »

Selon une enquête Ifop pour Marianne, du mois de mai, 60% des 18-24 ans se sont déclarés en couple. Difficile de distinguer parmi eux, ceux qui vibrent et les autres, mal assortis, résignés, incertains...Mais dans les moments de confession, beaucoup reconnaissent qu'ils restent ensemble pour ne pas être seuls. 

Romain s’est installé chez sa copine par opportunisme. Il avait besoin d’un logement à Bordeaux et elle avait proposé qu’il s’installe. Quoique sans réelle passion, le jeune homme assure qu’il était prêt à créer des liens avec sa nouvelle copine. D’autant qu'ils pouvaient compter sur une attirance mutuelle prometteuse qui les avait convaincus de tenter l'aventure. « Les pratiques sexuelles ont fortement évolué depuis quelques années et le rapport à l’intime est différent, explicite Elodie Cingal, psychothérapeute parisienne. Les jeunes n’ont pas de problème à avoir des rapports sexuels sans amour».  Et ils attachent presque autant d'importance à cette vie sexuelle épanouie qu'aux sentiments. Il faut désormais être performant au lit ou du moins le paraître pour prétendre à une vie réussie, détaille la thérapeute. Le célibat est devenu le symbole d’un problème. Comme s’il fallait afficher un partenaire pour montrer que l’on est désirable.

Plus profondément, de nombreux jeunes préfèrent aussi rester dans une relation imparfaite par besoin de sécurité. Selon une étude de la TNS Sofres, plus d’un tiers des Français de moins de 25 ans disaient souffrir de solitude en 2011. S’ajoute à ce sentiment le chômage, l’angoisse de ne pas être assez talentueux, assez créatif dans une société, où tout va toujours plus vite, et surtout où tout est périssable. Devant un futur incertain et des amitiés plus éphémères, selon Elodie Cingal avoir « quelqu’un qui m’attends à la maison, c’est sécurisant ». Le couple devient alors une institution stable dans un monde aux remous permanents, le conjoint une bouée à laquelle se rattacher. 

 

Un amour fraternel

Aline, 23 ans, vit depuis plus de 3 ans avec son copain, alors même qu’elle pense le mariage impossible. « En matière d’éducation, on ne s’entend sur rien. Je ne me vois pas avoir des enfants avec lui », explicite la jeune femme. Pourtant, malgré les questions qui s’entassent dans sa tête, elle ne bouge pas : « j’habite chez lui, je sors avec lui, je me confie à lui, nous avons des amis en commun. Nous avons une vie ensemble, c’est difficile de tout remettre en question... » Les habitudes ont décidément la peau dure.

« L’humain n’est pas fait pour vivre seul, souligne Patrick Avrane. Et lorsqu’on est avec quelqu’un depuis longtemps, on crée une dépendance à l’autre. » Par exemple, si une personne ne sait pas dormir seule, elle a besoin d’une autre personne pour la sécuriser. La dépendance soude les couples, peu importe si les sentiments y sont. « Si les gens restent ensemble, c’est qu’ils ne se détestent pas », ajoute le psychanalyste. L’affection est belle est bien présente, comme l’atteste Mathilde : « J’ai des sentiments pour mon copain. Avec les années, je m’y suis naturellement attachée ». C’est également pour cette raison que la jeune femme redoute de le quitter : « Je ne veux pas le blesser. Je culpabilise à l’avance… » 

 

Inter: Une génération qui s'est repliée sur l'amour fraternel

Ces jeunes ressentent dans le couple une affection et une protection qu’ils ne trouvent pas ailleurs. « Parfois, ce soutien fait défaut au sein de leur propre famille. Alors ils construisent leurs propres liens et racines », explique Elodie Cingal. La psychothérapeute rapproche par ailleurs l’affection dans ces couples à ce que peuvent ressentir des frères et sœurs.  Cette génération désillusionnée ne croit plus vraiment en l’amour : « elle a été témoin du divorce de masse. Ces jeunes ont vécu des ruptures familiales. Ils ont créé de nouveaux critères pour évaluer l’amour>. Pour la psychologue, cette génération s’est repliée sur l’amour fraternel.

Et ce qui peut paraître tiède aux adeptes du romantisme et de la flamme amoureuse, peut se révéler en réalité, une relation riche. « Et s'’ils restent ensemble c’est qu’ils ne sont pas malheureux. Même si leur relation n’est plus passionnée, ils sont avec quelqu’un qu’ils affectionnent. Ils sont bien accompagnés au bout du compte. » 

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