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Conseils, science, sante et bien-être


4 idées préconçues sur ce qui est bon ou non pour notre corps à ne pas suivre

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Octobre 2014, 02:12am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #CORPS, #DOS, #CERVEAU

4 idées préconçues sur ce qui est bon ou non pour notre corps à ne pas suivre

Pourquoi les affirmations suivantes, dont certaines sont communément admises, telles que le fait de dire que le choix du matelas est déterminant si l’on veut éviter tout mal de dos, ou que les étirements permettent de minimiser les courbatures, sont-elles erronées ? 

 

Maxime Bilodeau : À première vue, il peut sembler difficile d’établir une constante dans tous ces mythes. Pourtant, lorsqu’on s’y penche d’un peu plus près, on se rend bien compte qu’ils découlent tous d’une conception fautive du corps humain ainsi que de ses manières de fonctionner. Je m’explique : dans l’esprit de plusieurs, le corps est conceptualisé comme une machine. Ses os sont sa charpente, ses articulations des pentures et les substrats énergétiques qu’il métabolise son essence. Il en découle que, lorsqu’il est "brisé", le corps doit être "réparé" comme la machine qu’il est, de là l’origine des affirmations répertoriées ci-dessous.

Or, cette conception, que certains appellent d’ailleurs "structuralisme", omet le fait que le corps est avant tout une entité biologique complexe dotée d’un système nerveux et capable d’adaptation. Aussi évoluées soient-elles, les machines ne sont pas (encore) capables de se régénérer par elles-mêmes ! 

 

1 – "Le choix du matelas est déterminant contre le mal de dos"

Le mal de dos est une problématique complexe qui, dans la majorité des cas, n’a pas seulement dû à une, mais bien plusieurs causes relatives à notre mode de vie à l’Occidentale. Le surpoids, le tabagisme, le stress, le déconditionnement physique et le fait d’adopter des postures statiques prolongées (assis, debout, etc.) sont quelques-uns des facteurs qui les précipitent. Le choix du matelas n’aura que peu d’impact sur ceux-ci.

 

2 – "Les étirements protègent les coureurs occasionnels contre les blessures et les courbatures"

Le fait d’étirer un muscle ne change strictement rien quant à son fonctionnement ni à sa prédisposition aux blessures. En fait, l’étirer de manière statique aurait plutôt tendance à le rendre moins réactif, donc moins performant. Quant aux courbatures, elles sont généralement dues à un régime de contraction musculaire excentrique où le muscle force tout en s’étirant (descente d’escaliers, s’accroupir au sol, etc.). Ces situations provoquent beaucoup de microdéchirures dans les muscles sollicités. 

 

3 – "En cas de traumatisme cervical, il faut porter une minerve"

La minerve n’est nécessaire que lorsqu’il y a une fracture des cervicales. Elle servira alors à stabiliser la région du cou et favorisera ainsi la reformation de l’architecture osseuse. Si les cervicales ne sont pas fracturées, la minerve n’aura aucune utilité et pourrait même être nuisible puisqu’elle amènera l’ensemble des muscles qui soutiennent la tête à se déconditionner. Autrement dit, la minerve, comme la ceinture lombaire et les orthèses plantaires, a un effet fragilisant qu’il faut utiliser avec parcimonie. 

 

4  -  "Plus une chaussure de course à pied est dotée de technologies de stabilité et d’absorption, mieux elle prévient les blessures"

C’est le crédo qui a longtemps prévalu, et qui prévaut encore, dans les boutiques de sport. Or, il est complètement faux de penser qu’une grosse chaussure rigide et bien rembourrée protège le coureur des blessures occasionnées par les chocs de la course. En fait, l’interface entre le pied et le sol est tel que ce type de chaussure ne fait que le couper de précieuses sensations qui le forceraient à modérer par lui-même les impacts. Sans tomber dans le discours du "tout minimaliste", il convient d’admettre que les chaussures minimalistes et d’inspiration minimaliste constituent de formidables outils d’apprentissage et de sensibilisation des bons comportements de course.

 

Comment expliquez-vous que ces mythes soient pris au sérieux ? Qui s’est chargé de les colporter ?

La conception selon laquelle "le corps est une machine" est celle véhiculée dans les programmes de médecine et de santé. Dès les cours d’introduction à l’anatomie et à la physiologie humaine, elle est utilisée à outrance pour faire comprendre la matière. Tant et aussi longtemps que les limites de l’analogie sont comprises, cela n’est ni mauvais ni mal en soi. Or, au lieu d’être prise pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un outil pédagogique, la conception s’ancre durablement dans l’esprit des futurs professionnels de la santé. Et le problème ne se règle pas une fois rendu sur le marché du travail. Au contraire, on pourrait même dire qu’il s’amplifie puisque les intérêts commerciaux se mettent de la partie. En effet, combien de professionnels de la santé tirent leurs principaux revenus de leurs prescriptions d’outils visant à "réparer" le corps ? Beaucoup. 

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