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Conseils, science, sante et bien-être


3 questions sur la médecine contre l'Ebola

Publié par MaRichesse.Com sur 20 Octobre 2014, 05:47am

Catégories : #EBOLA, #VACCIN, #MEDICAMENT, #CANADA

Il n'existe aucun médicament ni aucun vaccin anti-Ebola dûment homologué dans quelque pays que ce soit. La crise actuelle est cependant à l'origine d'une accélération de la recherche. Cette semaine, la ministre de la Santé du Canada, Rona Ambrose, a annoncé que les premiers essais chez l'humain d'un vaccin élaboré au Canada allaient commencer sous peu. Décryptage.

3 questions sur la médecine contre l'Ebola

1. Que sait-on du vaccin canadien qui va être testé chez l'humain?

Les recherches sur ce vaccin ont commencé il y a une dizaine d'années, notamment dans les laboratoires de l'Agence de santé publique du Canada, à Winnipeg. Le « vaccin canadien » est développé par une compagnie pharmaceutique américaine, New Link Genetics.

Les essais de phase 1 - pour vérifier, chez des volontaires sains, la sécurité du vaccin et sa capacité de susciter une réponse immunitaire - commenceront incessamment au Walter Reed Army Institute of Research, à Washington, avec 40 personnes.

Le rVSV, c'est son petit nom, est un vaccin non conventionnel. Il est constitué d'un virus qui infecte des animaux, mais qui est inoffensif pour l'humain (le VSV, pour virus de la stomatite vésiculeuse), dans lequel on a inséré le gène d'une protéine d'enveloppe du virus Ebola. C'est cette partie du virus de l'Ebola contre laquelle l'organisme produira des anticorps.

Selon des études sur l'animal (souris, macaques), le vaccin canadien protège contre la souche sauvage de l'Ebola. Cette protection semblerait durer jusqu'à un an. Il est possible, de plus, qu'il soit efficace s'il est injecté immédiatement après infection.

Est-il sécuritaire chez l'humain? L'étude de phase 1 le dira sans doute d'ici un mois. Est-il efficace? La réponse à viendra bien plus tard.


2. Que sait-on de l'autre vaccin en développement?

Il est développé conjointement par les National Institutes of Health américains et par la pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline. Il est actuellement à l'essai chez l'humain, en phase 1.

Comme le vaccin canadien, il s'agit d'un vaccin « construit » à partir d'un virus inoffensif pour l'homme - un adénovirus du chimpanzé -, dans lequel on a introduit un gène d'une protéine d'enveloppe du virus Ebola.

Les essais chez l'animal ont donné des résultats satisfaisants, même si ce vaccin semble conférer une protection immunitaire de moins longue durée que le vaccin canadien. De plus, il pourrait nécessiter l'administration d'une dose de rappel, ce qui n'est pas très pratique dans le cadre d'une épidémie comme celle qui sévit en Europe de l'Ouest.

Ces deux vaccins potentiels, faits de virus recombinants - ou génétiquement modifiés -, sont donc des vaccins non conventionnels. Seront-ils vraiment efficaces et sécuritaires? Va-t-on pouvoir en produire suffisamment et dans un laps de temps raisonnable? L'avenir le dira.


3. Et les traitements?

Les médicaments à l'essai sont eux aussi des produits non conventionnels. Par exemple, le ZMapp, qui a été utilisé chez un petit nombre de patients, est un médicament à base d'anticorps monoclonaux produits non pas dans des cultures de cellules animales, mais dans une plante, le tabac.

Un anticorps monoclonal est un anticorps spécifique à une cible, et à une seule, en l'occurrence une partie du virus Ebola. Un médicament fabriqué avec un anticorps monoclonal, ou avec quelques anticorps monoclonaux, devrait donc être particulièrement efficace, se comportant dans l'organisme du malade comme un missile à tête chercheuse. Mais pour l'instant, on n'a pas réussi à en produire de grandes quantités.

Reste une approche très conventionnelle : la transfusion de sang total ou de plasma venant de personnes convalescentes guéries de l'Ebola. Leur sang contient en effet des anticorps anti-Ebola, en plus de tout un cocktail d'autres anticorps. Curieusement, cette approche a été essayée dès... 1976, lors de la première éclosion d'Ebola, au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo), puis en 1995.

On l'a aussi utilisée en 2014 sur deux médecins américains. Ils ont été guéris. Mais comme ils ont reçu aussi d'autres traitements (les traitements intensifs de soutien, le ZMapp, le TKM, un autre médicament expérimental), on ne sait pas ce qui a effectivement fonctionné. 

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