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Pourquoi les femmes croient-elles toujours au coup de foudre ?

Publié par MaRichesse.Com sur 2 Septembre 2014, 03:52am

Catégories : #HOMME-FEMME, #COUPLE, #RELATIONS

Pourquoi les femmes croient-elles toujours au coup de foudre ?

Puisque, décidément, les hommes et les femmes ne se ressemblent pas, la philosophe Michela Marzanonous invite, dans son nouveau livre, à vivre l’aventure. Les psychanalystes Sophie Cadalen et Serge Hefez apportent leurs variations à cet aggiornamento sentimental. 

 

« Ma relation avec Jacques a commencé sans grande conviction. »C’est ainsi que débute « Tout ce que je sais de l’amour » (1), dernier livre de la philosophe Michela Marzano. « Et puis, un jour, j’ai découvert qu’il y avait autre chose… » C’est ainsi que le récit se termine. Autre chose ? « Oui, autre chose que l’amour impossible, puéril, inaccessible que décrivent les films et les romans », nous explique l’intellectuelle italienne installée à Paris. « Et cette autre chose s’appelle Jacques. » Jacques, c’est son homme. Il est devenu une sorte de concept. Définition du « Jacques » : le Jacques ne demande rien, ne fait pas de scène, aime patiner l’hiver et manger des glaces l’été, n’est ni envieux, ni jaloux, ni en colère. Le « Jacques » est juste là. Il n’est ni un prince charmant, ni un grand séducteur, ni forcément un bon mari ou un bon amant. Mais il est là et c’est tout ce qui compte pour cette philosophe complexe et engagée, qui a décidé une fois pour toutes de ne plus se poser de questions inutiles sur l’amour. D’accepter son imperfection. Une par une, elle revisite les interrogations que les femmes partagent depuis toujours, quels que soient leurs origines sociales, intellectuelles, leurs engagements politiques, leur niveau de fortune, de Françoise Sagan à Françoise Giroud, en passant par Simone deBeauvoir ou Coco Chanel. Ces questions sont : est-ce qu’il m’aime ? est-ce qu’il me trompe ? est-ce que je suis la plus belle ? me trouve-t-il intelligente ?… Michela Marzano nous propose, dans un livre apaisé, une solution pour une rentrée sereine, qui se résume par ce mantra : « Ne pas chercher à plaire. Être soi-même. » Pour mieux comprendre ces maux d’amour qui nous gouvernent, les psychanalystes Sophie Cadalen et Serge Hefez apportent leur éclairage.

 

Pourquoi les femmes croient-elles toujours au prince charmant ?

« Parce que c’est bon d’y croire, bon et rassurant comme un croissant chaud que l’on trempe le matin dans un café-crème », répond la psychanalyste Sophie Cadalen. « C’est de l’ordre du rêve, du désir, du fantasme. Croire au prince charmant, c’est se dire que tout peut toujours recommencer, c’est croire à la vie éternelle, au plaisir. » Coco Chanel disait à ses mannequins : « Mon petit, ne sortez jamais de chez vous, même pour cinq minutes, sans que votre mise soit parfaite. C’est peut-être le jour où vous allez rencontrer l’homme de votre vie. » Le prince charmantau coin de la rue ? Pourquoi pas ? « Les petites filles ont été élevées dans cette idée, réplique Serge Hefez, on les incite à se construire psychiquement dans la passivité, dans l’attente de celui qui va enfin les extraire de leur condition et les révéler à leur propre existence. » Une existence que les femmes souhaiteraient sans heurts, ni amertume. « La rencontre avec le prince charmant répond chez la femme à un désir de stabilité, où tout est à sa place et ce pour toujours, reprend Sophie Cadalen. Elle rêve d’être une héroïne à la Pretty Woman (2), choisie, désignée, reconnue par un homme comme l’unique », poursuit la psy. Mais alors pourquoi les femmes, même les plus libérées, souhaitent-elles toujours toujours dans leur inconscient être choisies ? Réponse de Serge Hefez : « Cela remonte au moment où l’enfant quitte ce que Freud appelle la bisexualité psychique pour acquérir son sexe propre. Chez la fille, cette construction se fait par amputation. Elle doit quitter les bras de sa mère tout en poursuivant avec elle un travail d’identification. Le garçon, lui, se sépare plus définitivement de la fusion maternelle pour acquérir sa liberté. »  

 

« Parce qu’il met l’homme et la femme sur un pied d’égalité », explique Serge Hefez. Le coup de foudre peut tétaniser un homme, le transformer en carpette, le lessiver, le mettre en position d’attente et de soumission », poursuit Sophie Cadalen, qui ajoute que la femme, dans ces moments-là, retrouve, non sans plaisir, son pouvoir de domination. « Personne ne résiste à I’idée d’être embarqué, de ne plus rien maîtriser, de devenir un bateau ivre que seule la passion gouverne », assure la psy. « Le coup de foudre, c’est une vague qui vous submerge, qui vous éloigne de vous-même, qui fait que vous ne vous posez plus aucune question. C’est plus fort que tout, que la raison, que les exigences sociales, que le regard des autres, que la famille. C’est un vertige », confirme Serge Hefez. « J’aime Antonio », dit simplement Tilda Swinton à son mari dans le film « Amore » (3), alors même qu’elle vient d’enterrer son fils mort accidentellement. Et elle quitte la demeure familiale, ôte sa robe de deuil, met un jean et court retrouver son amant, bafouant ainsi les règles élémentaires de la décence.

 

Pourquoi les femmes continuent-elles de s'accrocher au couple ?

« Qu’est-ce qu’un couple, François ? »,ne cesse de demander Danielle Darrieux à Jean Gabin dans « la Vérité sur Bébé Donge » (4). Et Gabin de lui répondre, agacé : « Mais quand cesseras-tu de me poser cette question idiote ? » Ce qui lui vaudra une bonne lampée d’arsenic dans son café et une mort dans d’atroces souffrances. « Danielle Darrieux a raison de poser cette question à son mari, acquiesce Serge Hefez, car le couple ne va pas de soi. C’est une tentative de régulation de la relation affective qui doit tenir compte des sentiments, des émotions, de la réalité sociale comme de cette autre réalité souterraine et pernicieuse qui est celle du fantasme de la femme qui veut être protégée en restant libre », poursuit le psy. Le couple d’autrefois était-il plus simple ? « Sans doute, pour Sophie Cadalen, car fondé sur la complémentarité : chacun avait son terrain. Pour l’homme, le monde extérieur, l’action, le combat. À la femme d’organiser le foyer et le repos du guerrier. Chacun avait besoin de l’autre. Le fondement de la société était le couple marié et tout allait bien. » À quels moments les ennuis ont-ils commencé ? « Quand les femmes ont trouvé que leur territoire était petit et voulu construire leur vie dans la symétrie et l’égalité. Le couple égalitaire est source de conflits. Il n’y a plus de territoires définis, et l’angoisse aujourd’hui, pour une femme, est d’être soi au sein du couple. » Pourquoi alors, l’idée du couple demeure-t-elle aussi vivace ? « Il y a peut-être une explication pragmatique, avance Serge Hefez.Le couple a un grand avantage, car il permet de faire l’économie d’un face-à-face avec soi-même et de reporter sur l’autre ses échecs. »

Pourquoi aucune femme ne résiste à un "tu viens" ?

« Parce que la puissance du désir est irrésistible », tranche Sophie Cadalen, citant Lacan, pour qui « le désir est désir de désir ». Et Serge Hefez de poursuivre : « Un homme qui dit “Viens” à une femme, c’est la perspective d’une vie chamboulée, d’un abandon, et face à cela peu résistent. Les tricotages de la vie amoureuse sont faits de “Viens”, de “Pas tout de suite”, de “Pas encore”. La femme affine sa stratégie, même si elle déteste - autant qu’elle adore - n’être qu’un objet de désir. Les femmes pensent pouvoir choisir entre être mère, épouse ou putain. La vie est plus compliquée. On peut être vertueuse d’un côté et mauvaise fille del’autre, » assure Hefez.  

 

Pourquoi les hommes et les femmes sont-ils en éternel décalage ?

Quand l’un dit « Est-ce que tu m’aimes ? »,l’autre répond « Où as-tu mis la carte grise ? ». « La demande est embarrassante. La réponse demeure donc impossible », explique Serge Hefez. L’homme se protège. Il sait que la femme cherche des garanties et qu’après  « Est-ce que tu m’aimes ? », arrivera  « Comment m’aimes-tu ? ». « L’homme préfère négliger la demande, car il sait qu’il ne pourra la satisfaire », conclut le psy. « Il ne faut pas oublier, ajoute Sophie Cadalen, que poser cette question permet à la femme de ne pas se demander à son tour si elle aime son homme. Elle est davantage préoccupée de l’amour que l’autre ressent pour elle que de celui qu’elle donne. » Et de rappeler cette autre phrase de Jacques Lacan : « Aimer, c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. » Pour Serge Hefez, le rapport amoureux se crée à la naissance : « On apprend à aimer quand on est nourrisson, dans les bras de sa mère ou de son père, dans un lien de dépendance, d’abandon, puis de résistance, qui donne toutes les colorations affectives ». À l’âge adulte, les hommes renouvellent ce schéma. Ils veulent être aimés, cajolés, câlinés et en même temps ne pas perdre le contrôle. L’opposition vécue dans les bras de la mère pour s’émanciper rejaillit sur le couple. Sans oublier que la virilité implique une certaine indépendance, une autonomie, une volonté de décider. « Voilà pourquoi l’homme ne joue pas le jeu et n’est jamais raccord avec la femme », conclut Hefez. 

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