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Plus il y a de riches, plus les politiciens sont populistes

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Septembre 2014, 04:05am

Catégories : #RICHESSE, #POLITIQUE, #RELATIONS

Plus il y a de riches, plus les politiciens sont populistes

Intuitivement, nous savons tous que les riches ont plus d’influence sur la politique que les classes moins favorisées, mais sur le site du Project Syndicate, le professeur de sciences sociales de l'Université de Princeton Dani Rodrick rappporte les travaux de deux confrères chercheurs en sciences politiques, Martin Gilens de la Princeton University et Benjamin Page, de l’université de la Northwestern University, qui viennent de donner un fondement scientifique à cette notion, et leurs conclusions ont des implications importantes pour le fonctionnement de la démocratie, partout dans le monde.

 

Gilens avait déjà collecté des résultats de sondages d’opinion américains portant sur près de 2000 questions politiques entre 1981 et 2002, et le duo s’est donc basé sur ces données pour mener cette nouvelle étude. Il a examiné si le gouvernement avait adopté les politiques auxquelles les sondages faisaient référence dans les 4 années suivantes, et en particulier, si sa façon de le faire correspondait à celle qui avait eu la préférence des sondés en fonctions de la classe de revenus à laquelle ils appartenaient.

Ils ont constaté que l’électeur moyen, c’est-à-dire avec un revenu moyen, était celui qui semblait le plus écouté des politiciens. Mais cette impression est trompeuse, car en réalité, l’électeur moyen n’a pas des choix très différents de l’élite sur la plupart des questions politiques. Par exemple, les individus issus de ces deux classes sociales souhaitent une défense nationale forte et une économie dynamique.

Les deux chercheurs se sont donc intéressés dans une seconde étape aux décisions que prenaient les gouvernements lorsque les choix des membres du groupe des électeurs moyens divergeaient avec ceux des 10% qui percevaient les plus gros revenus. Ils ont constaté que les choix de l’électeur moyen n’étaient quasiment plus suivis, alors que ceux des plus riches continuaient d’influencer fortement les décisions politiques.

Autrement dit : en cas de divergence entre les intérêts de l’élite avec ceux du reste de la société, ce sont tout de même les premiers qui prévalent, presque exclusivement.

Gilens et Page ont constaté des résultats comparables s’agissant des groupes d’intérêts organisés, qui exercent une influence puissante sur la vie politique. « Ce que le grand public pense ne fait presque aucune différence » dès que les préférences des lobbies et des Américains les plus riches sont prises en compte, notent les deux auteurs.

On peut alors se poser une question subsidiaire : comment les politiciens font-ils pour se faire élire d’une majorité d’électeurs, alors qu’ils ne sont pas sensibles à leurs intérêts, et qu’ils ne se laissent influencer en réalité que par la minorité des plus riches ?

Cela pourrait s’expliquer pour partie par le fait que la plupart des électeurs n’ont qu’une compréhension médiocre du fonctionnement du système politique, et de son biais en faveur de l’élite.

Mais ce que les deux chercheurs soulignent, c’est que ce biais n’implique pas nécessairement que les classes les moins favorisées sont lésées. En pratique, souvent, les choix des citoyens ordinaires sont les mêmes que ceux de l’élite, et les politiciens peuvent donc satisfaire une vaste potion de la population, indifféremment de la classe de revenu des citoyens.

Mais une autre partie de la réponse est fournie par la stratégie que les politiciens emploient pour se faire élire. Un politicien qui représente surtout les intérêts de l’élite économique doit faire appel à des  arguments plus séduisants pour les masses pour se faire élire. Ces arguments sont ceux qu’il peut puiser dans les registres du nationalisme, du sectarisme et de l’identité – autrement dit, des arguments populistes – basés sur des valeurs culturelles plutôt que sur des intérêts purement économiques.

Les vainqueurs des élections sont donc les politiciens qui savent le mieux mettre en exergue ces marqueurs culturels et psychologiques, et non pas ceux qui représentent le mieux les intérêts des électeurs. Cette manière de faire de la politique est perverse, parce qu’elle se fonde sur la discrimination et l'exclusion de classes de citoyens, que ce soit sur la base de leurs valeurs, de leur ethnicité, ou de leur religion, par exemple.

Ce faisant, les politiciens alimentent les tensions entre les différents groupes religieux, ethniques, ou sociaux.

Ainsi, l'écart grandissant entre les inégalités que l'on observe dans le monde développé et les pays émergents nuit à la démocratie de deux manières : non seulement, il conduit à une négation toujours plus importante des intérêts des classes défavorisées et des classes moyennes, mais il oriente aussi davantage les discours politiques vers un sectarisme pernicieux, facteur de troubles sociaux. 

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