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Faire pipi au travail: presque un luxe

Publié par MaRichesse.Com sur 14 Septembre 2014, 03:45am

Catégories : #TRAVAIL, #ENTREPRISE, #EMPLOI, #RELATIONS, #ECONOMIE

Faire pipi au travail: presque un luxe

Caissières, ouvriers à la chaîne, kiosquiers, chauffeurs routiers ou encore enseignants...: pour certaines professions, s'absenter pour uriner pendant les heures de travail n'est pas une évidence.

Didier Pean, qui passe environ 12 heures par jour seul dans son kiosque à journaux du Ve arrondissement de Paris, doit recourir au système D. "J'ai des clients que je connais très bien à qui je peux sans problème confier la caisse pendant cinq minutes, le temps d'aller au café d'en face", dit-il à l'AFP. Mais, confie-t-il, "si personne ne passe, je fais comme pas mal de mes collègues plus isolés que moi dans leur kiosque: on pisse dans une bouteille et on attend la fin de la journée pour la balancer".

Il relève que les routiers, eux, jettent souvent la bouteille par la fenêtre. "On fait ça discrètement derrière le comptoir en espérant qu'il n'y aura pas un client qui arrive au moment crucial", dit-il avec humour, se jugeant "chanceux" parce qu'en plus de 20 ans de kiosque, il n'a pas eu recours à ce procédé plus de cinq fois, alors que certains collègues "font ça tout le temps".

Pour les enseignants, avoir une petite vessie peut aussi être problématique. En primaire, "la règle est simple: nous sommes toujours responsables des élèves, de l'entrée dans l'école à la sortie!", donc "jamais on ne laisserait une classe seule", explique à l'AFP une professeur des Hauts-de-Seine. "Comme parfois une envie pressante peut arriver (...) on utilise la porte ouverte" reliant à la classe d'à côté, et "on chuchote à un collègue", dit-elle. En lycée technologique à Paris, une autre prof d'atelier explique que "les cours durent au minimum 3 heures". Résultat, dit-elle, en cas d'envie, "on est obligé d'utiliser un prétexte bidon comme d'aller voir la direction" et de laisser seuls les étudiants.

Comme les téléconseillers, qui doivent demander l'autorisation de quitter leur poste, les caissières peuvent aussi se trouver en difficulté . Claudette Montoya, représentante de la CGT chez Carrefour, explique qu'elles "ne peuvent quitter la caisse sans autorisation. Et quand les clients sont là, le responsable refuse", déplore-t-elle.

Pause-pipi "très compliquée"
Chez PSA à Sochaux, Benjamin Barra (CGT), qui travaille sur une chaîne de montage, relève de même que "c'est devenu très compliqué pour les salariés de pouvoir aller aux toilettes en dehors des pauses". "Avant, on avait un moniteur qui avait le temps de pouvoir remplacer au cas où. Maintenant, il manque du monde, il y a de plus en plus d'absentéisme (...) et le moniteur se retrouve de plus en plus souvent en poste", regrette-t-il.

Du côté des contrôleurs aériens, un responsable syndical de la Direction générale de l'aviation civile assure que ce n'est "pas vraiment un problème" car il y a des temps de pause et parce que "c'est une population jeune et en bonne santé, sans problèmes de prostate!".

Le sujet des toilettes n'est pas des plus glamour, mais est clairement abordé dans le code du travail: l'employeur doit prévoir au moins un cabinet et un urinoir pour 20 hommes et 2 cabinets pour 20 femmes, ceux-ci devant être "aménagés de manière à ne dégager aucune odeur"et être "équipés de chasse d'eau et pourvus de papier hygiénique". Il doit aussi faire procéder "au nettoyage et à la désinfection" des toilettes "au moins une fois par jour". En cas de manquement, il peut être puni d'une amende de 3.750 euros, multipliée par le nombre de salariés concernés.

Pour ceux qui n'ont pas d'obstacles à franchir, l'expérience des toilettes au travail peut tout de même être déplaisante. Selon une enquête d'Initial (loueur d'articles d'hygiène) qui date de l'automne 2013 (basée sur deux études menées par Opinion matters et Added Value), un tiers des salariés Français n'étaient pas satisfaits de leur dernière visite aux toilettes. Parmi eux, 45% se plaignaient de la saleté et 41% de l'odeur. A l'échelle de la planète, ces difficultés peuvent être relativisées. Selon l'OMS, un tiers de l'humanité (2,5 milliards de personnes) n'a tout simplement pas accès à un assainissement approprié, y compris des toilettes... 

AFP

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