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«Ce que nous redoutons de dire à propos d'Ebola»

Publié par MaRichesse.Com sur 15 Septembre 2014, 03:56am

Catégories : #EBOLA, #MONDE, #MORT, #SANTE-BIEN-ETRE

«Ce que nous redoutons de dire à propos d'Ebola»

« Il y a deux chapitres futures possibles qui devraient nous empêcher de fermer l’œil la nuit », affirme Michael T. Osterholm, qui dirige le Centre de recherche et de politique pour les maladies infectieuses à l’Université du Minnesota, dans une tribune du New York Times.

 

« La première possibilité, c’est que le virus Ebola se répande de l’Afrique de l’Ouest vers des mégapoles d’autres régions du monde émergent. (…) Il est plus facile de contrôler des infections Ebola dans les petits villages. Mais il y a eu une augmentation de 300% de la population de l’Afrique au cours des 4 dernières décennies, pour la plus grande partie dans les bidonvilles des grandes villes. Que se passe-t-il si une personne infectée mais non encore malade prend l'avion pour se rendre à Lagos, Nairobi, Kinshasa ou Mogadiscio — ou même Karachi, Jakarta, Mexico City ou Dhaka?

La seconde possibilité est celle que les virologues répugnent à évoquer ouvertement mais qu’ils envisagent clairement en privé : que le virus Ebola puisse muter pour devenir transmissible par voie aérienne. On ne peut attraper l’Ebola qu’en entrant directement en contact avec des fluides corporels. Mais les virus tels qu’Ebola sont connus pour se dupliquer de façon médiocre, ce qui signifie que le virus qui entre dans le corps d’une personne peut être génétiquement différent de celui qui entre dans une autre. L’hyper-évolution de l’actuel virus d’Ebola est sans précédent ; il y  a eu plus de transmissions d’homme à homme au cours des 4 derniers mois qu’il n’y en a eu probablement au cours des 500, voire des 1000 dernières années. Chaque nouvelle infection représente des milliers de milliards de nouveaux jets du dé de la génétique.

Si certaines mutations se produisent, cela signifie que le simple fait de respirer fera courir le risque de contracter l’Ebola. Les infections pourraient se répandre rapidement dans toutes les parties du globe, comme le virus de la grippe aviaire H1N1 l’a fait en 2009, après avoir vu le jour au Mexique.

En 2012, une équipe de chercheurs canadiens a prouvé que le virus Ebola Zaire, le même virus qui est à l’origine de l’épidémie de l’Afrique de l’Ouest, pouvait se transmettre par les voies respiratoires des cochons aux singes, qui ont tous deux des poumons très similaires à ceux des humains. (…)

Nous devons envisager que de telles transmissions puissent se produire entre les humains, si le virus mute. »

 

Quelques chiffres :

  • Depuis mars, la fièvre Ebola a tué plus de 2.400 personnes, pour la plupart habitantes du Liberia, du Sierra Leone et de la Guinée. Au 7 septembre 2007, on dénombrait 4.366 personnes atteintes
  • L’épidémie se propage rapidement dans les villes les plus densément peuplées telles que Monrovia, la capitale du Liberia. Plus de la moitié des personnes décédées étaient ressortissantes du Libéria.
  • L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pense qu’il est fort probable que ces chiffres sont sous-estimés. Elle a alerté sur la progression exponentielle de l’épidémie, en particulier au Liberia. Selon les épidémiologistes américains du National Institutes of Health and the Defense Department, l’épidémie pourrait encore durer 12 à 18 mois. Leurs prévisions sont plus pessimistes que celles de l’OMS qui avait évoqué le mois dernier une durée de 9 mois et 20 000 victimes. D’autres chercheurs affirment en fait que nous pourrions arriver à 20.000 décès par mois.
  • Ce weekend, le Docteur Olivette Buck, du Sierra Leone, est décédée de la maladie, portant à 144 le nombre de membres des équipes soignantes tuées par la maladie.
  • Vendredi, Cuba a annoncé qu’il enverrait 165 professionnels de la santé au Sierra Leone le mois prochain. L’armée américaine a promis de construire un hôpital de 25 lits au Liberia pour les personnels soignants souffrant de la maladie d’Ebola. La France a promis d’envoyer 20 spécialistes des catastrophes biologiques en Guinée. La Grande-Bretagne a promis de construire un hôpital de 62 lits au Sierra Leone.
  • Le co-fondateur de Microsft, Paul Allen, a promis que sa fondation ferait un don 9 millions de dollars pour soutenir la lutte contre l’épidémie ; le mois dernier, il avait déjà donné 2,8 millions de dollars  à la Croix Rouge. La Fondation de Bill et Melinda Gates s’est engagée à donner 50 millions de dollars.
  • Malgré leur importance, ces donations sont très insuffisantes par rapport aux besoins : dans la capitale du Liberia, Monrovia, on ne trouve plus aucun lit pour les personnes infectées. Le Liberia dispose de 314 lits dans des centres spécialisés dans la prise en charge de l’Ebola, mais selon l’OMS, il lui en faudrait 760 de plus.

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