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Tous connectés, sans payer : Facebook à la conquête de l’Afrique

Publié par MaRichesse.Com sur 1 Août 2014, 10:19am

Catégories : #AFRIQUE, #INTERNET

Tous connectés, sans payer : Facebook à la conquête de l’Afrique

Un an presque jour pour jour après l’annonce du lancement du projetInternet.org, Facebook est passé à l’offensive : la Zambie doit être et sera connectée au réseau social. Le cheval de Troie : une appli gratuite sur Android accessible par les abonnés de l’opérateur mobile Airtel.

Le Zambien équipé d’un smartphone et de l’app pourra ainsi accéder, avec n’importe quel forfait de base, à ces services sans aucun frais supplémentaire :

  • Facebook
  • Facebook Messenger
  • Wikipedia
  • Google Search
  • AccuWeather, une appli de météo
  • divers services d’hygiène, d’information et de recherche d’emploi

Tous connectés. N’importe où.

Le projet n’était donc pas une simple opération marketing. En août 2013, Facebook prenait la tête d’une alliance de 7 géants des télécoms dont Nokia, Samsung, Ericsson ou encore Qualcomm. « Chacun de nous. N’importe où. Connectés », énumère le slogan qui trône en tête du site.

Leur constat est simple :

« Seulement 2,7 milliards de personnes – à peine plus d’un tiers de la population mondiale » – ont accès à Internet. L’adoption d’Internet croît à moins de 9% chaque année, ce qui est faible dans la mesure où nous sommes dans une phase de décollage. »

S’il faut connecter les populations émergentes, autant commencer par le continent qui enregistre la plus forte croissance de pénétration de la téléphonie mobile : l’Afrique.

 

L’Afrique, nouveau terrain de jeu

Le mode opératoire :

  • Rendre l’accès abordable : baisser les coûts du transfert de données, que ce soit par le développement de smartphones low-cost ou en signant des accords avec fournisseurs d’accès et opérateurs mobiles.
  • Utiliser plus efficacement les données : développer des technologies de « mise en cache » et de réduction du volume de données transféré.
  • Aider les nouvelles entreprises à se connecter : développer et financer de nouveaux business modèles et services qui permettent aux gens de se connecter à Internet.

C’est le premier point, l’accessibilité, qui a été déployé en Zambie. La signature du partenariat avec l’opérateur indien Airtel permet à Facebook de connecter potentiellement 4 millions de personnes dans un pays où seulement 15% de la population a un accès à Internet.

Un premier pas, certainement. Airtel est un partenaire de choix, présent dans 17 pays africains et leader du marché dans la plupart d’entre eux. L’entreprise cumule 25 millions d’abonnés au Nigéria seulement...

 

Saint Facebook : missionnaire de l’Internet

Pas question de parler gros sous et investissements du côté de Facebook. Sur le site du projet, on ânonne plutôt les éléments de langage : « défi », « mettre un terme à la pauvreté », « l’injuste réalité économique »... Bref, Facebook s’est investi d’une mission de civilisation numérique.

Capture d’écran du document publié par Facebook « Is Connectivity a Human Right »

Capture d’écran du document publié par Facebook « Is Connectivity a Human Right »

Mark Zuckerberg, le fondateur du réseau social, ne s’en cachait pas dans son premier communiqué [PDF]

« Depuis presque dix ans, Facebook a eu pour mission d’ouvrir et connecter davantage le monde. […] Je me concentre là-dessus car je pense que c’est l’un des plus grands défis de notre génération. »

Dans une interview donnée à CNN, Mark Zuckerberg opérait une équation plutôt commode : Facebook = Internet. Le débarquement de son bébé, pardon, d’Internet en terre africaine sera une véritable révolution pour la société tout entière :

« Ils l’utiliseront pour décider du genre de gouvernement qu’ils veulent. Pour accéder aux soins pour la toute première fois. Pour communiquer avec les membres de leurs familles à des centaines de kilomètres. L’accès à Internet est une réelle nécessité. »

 

Facebook avance ses pions

Personne n’est naïf, Facebook déploie une stratégie de grande envergure dont nous dessinions les contours dans un précédent article.

  • être présent sur un continent presque vierge et extrêmement dynamique
  • couper l’herbe sous le pied à tout réseau social concurrent, qu’il soit local ou international.
  • rassurer les investisseurs sur ses capacités à conquérir de nouveaux utilisateurs alors que le potentiel américain et européen est arrivé à saturation (voir même confronté à un certain désamour chez les jeunes)
  • s’ériger en leader d’industrie, dynamique et visionnaire

Mais le principal objectif reste bien entendu d’occuper une place centrale dans les usages des Africains. Si Facebook est gratuit, c’est que vous êtes le produit. En attirant de nouveaux usagers sur son réseau, l’entreprise compte bien obtenir des données personnelles qu’elle monétisera ensuite grâce à la publicité ciblée.

Encore faudra-t-il que l’émergence d’une classe moyenne et consommatrice se confirme.

 

Drones, satellites, ballons...

Lors du lancement du projet Internet.org, on a d’abord cru assister à une passe d’arme entre deux géants : Facebook et Google.

Ce dernier avait dès 2011 louché sur le créneau du « connectons les populations pauvres et reculées » en testant en Asie « Free Zone », projet visant à offrir à l’internaute un accès gratuit sur son smartphone à Gmail, au moteur de recherche et à la première page consultée après une recherche.

Passant la vitesse supérieure l’année suivante, Google dévoilait son projet de ballons à hélium diffuseurs de Wi-Fi. En 2013, le constructeur de drones Titan Aerospace et les satellites de SkyBox sont tombés dans le giron de la firme de Mountain View, tandis que Facebook jetait lui aussi son dévolu sur les drones.

Et pourtant, le bras de fer n’aura probablement pas lieu.

 

Google en embuscade

Google n’a rien à opposer réellement à Facebook, son propre réseau social « G+ » battant de l’aile plus que jamais. La firme vise en réalité plus haut et ambitionne d’être le grand marionnettiste des télécoms. En combinant divers modes de diffusion sans fil (ballons, satellites, antennes), Google pourrait dépasser les problèmes liés infrastructures au sol et miser directement sur l’accès mobile.

Il lui serait surtout facile de court-circuiter les fournisseurs d’accès déjà implantés de qualité souvent médiocre. Le Rwanda par exemple ne se classe qu’au 69e rang mondial en terme de vitesse de connexion alors même que son opérateur local, MTN RwandaCell, est considéré comme le FAI le plus rapide d’Afrique.

L’objectif à long terme pour Google : devenir soit un fournisseur d’accès leader sur le continent, soit se faire le grossiste des opérateurs télécoms déjà implantés et maîtriser la « tuyauterie ». Rien de plus facile ensuite que de siphonner les données des utilisateurs pour en apprendre toujours plus sur eux et les livrer aux annonceurs publicitaires. 

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