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Les États-Unis entrent en guerre contre la Syrie

Publié par MaRichesse.Com sur 26 Août 2014, 18:36pm

Catégories : #ETATS-UNIS, #SYRIE, #GUERRE, #NEWS

Les États-Unis entrent en guerre contre la Syrie

Le Pentagone s'apprête à envoyer des avions espions et des drones au-dessus de la Syrie pour repérer les djihadistes et préparer le terrain à d'éventuelles frappes, a indiqué lundi à l'AFP un responsable américain sous couvert de l'anonymat. «Les États-Unis sont, de facto, en guerre contre l'État islamique (EI). Il va y avoir une escalade, c'est inévitable», estime Hussein Ibish, chercheur à l'American Task Force on Palestine, centre de réflexion de Washington.

Jusqu'ici exclues par Barack Obama, les frappes aériennes américaines en Irak pourraient déborder en Syrie. Ben Rhodes, proche conseiller d'Obama sur la politique étrangère, assure que Washington fera ce qui est nécessaire pour frapper l'État islamique (EI), sans être «limité par des frontières». Pour le général Martin Dempsey, plus haut gradé américain, l'EI «est une menace régionale qui sera bientôt une menace pour les États-Unis et l'Europe». Mais lundi, «aucune décision concernant des opérations militaires en Syrie» n'avait encore été prise par le président américain.

Le revirement probable a vraisemblablement été provoqué par deux éléments: la décapitation du journaliste américain James Foley par l'EI, et la présence de nombreux Occidentaux parmi les djihadistes, susceptibles de semer un jour la terreur en Europe et aux États-Unis. L'exécution de James Foley, qui a «choqué la conscience du monde entier» selon les termes de Barack Obama, pourrait aussi rendre une action militaire en Syrie moins difficile à faire accepter à une opinion publique américaine échaudée par plus d'une décennie de guerre en Afghanistan et en Irak.

 

«Parler de la frontière syrienne est hors de propos: l'EI l'a effacée»

Après deux semaines de raids aériens (une centaine de frappes au total) contre les djihadistes en Irak, plusieurs responsables de l'Administration laissent entendre qu'une nouvelle phase militaire est en préparation. Selon un ancien haut responsable de l'administration, ce changement de ton semble indiquer que la Maison-Blanche se situe «à un tournant» dans sa réponse aux djihadistes ultraradicaux qui ont progressé de façon fulgurante depuis début juin. «J'ai le sentiment qu'ils ont passé la vitesse supérieure», explique-t-il.

Mais une intervention militaire en Syrie contre les djihadistes de l'EI met les États-Unis dans une position délicate vis-à-vis du régime syrien. Il y a un an presque jour pour jour, Barack Obama envisageait en effet des frappes contre le régime de Bachar el-Assad accusé d'attaques à l'arme chimique. Confronté à un Congrès hostile et à une opinion publique réticente, il y avait renoncé au dernier moment. Aujourd'hui, il étudie des frappes contre l'EI, qui est aussi l'ennemi du régime de Damas. L'objectif militaire est très différent, mais l'Administration Obama, dont les éventuelles frappes pourraient, de fait, aider le régime d'Assad, se retrouve dans une situation délicate. «Nous ne considérons pas que nous sommes du même côté simplement parce qu'il y a un ennemi commun», a tenté d'expliquer lundi Jennifer Psaki, porte-parole du département d'État.

Le gouvernement syrien n'a pas tardé à s'engouffrer dans la brèche. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Walid el-Mouallem, il a affirmé lundi être prêt à coopérer avec la communauté internationale, tout en soulignant aussitôt que toute frappe américaine contre les djihadistes sur son territoire devait être coordonnée avec lui, au risque d'être considérée comme une agression. Le régime Assad espère placer les Occidentaux devant un fait accompli: «L'opposition est morte, l'EI représente un plus grand mal que nous; vous n'avez pas d'autre choix que de travailler avec nous contre eux», résume Frederic Hof, du Centre Rafic Hariri sur le Moyen-Orient. La Maison-Blanche n'a pas directement répondu au gouvernement syrien mais a clairement laissé entendre que les États-Unis étaient prêts à agir sans l'accord de Damas, comme ils l'ont fait par le passé. «Le président a déjà démontré sa volonté d'utiliser la force pour protéger les Américains quelles que soient les frontières», a affirmé Josh Earnest, citant l'exemple du raid contre la résidence d'Oussama Ben Laden au Pakistan, en mai 2011, pour lequel Islamabad n'avait pas été averti à l'avance. Pour Hussein Ibish, la situation sur le terrain rend ce débat largement artificiel: «A partir du moment où vous vous lancez dans une guerre contre l'EI en Irak, parler de la frontière syrienne est hors de propos: l'EI l'a effacée». 

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