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Les Brics peuvent-ils vraiment devenir plus puissants que l'Occident ?

Publié par MaRichesse.Com sur 5 Août 2014, 02:20am

Catégories : #NEWS, #BRICS, #ECONOMIE

Les Brics peuvent-ils vraiment devenir plus puissants que l'Occident ?

Après la Coupe du monde de football, le Brésil accueillait le sommet des cinq grands pays émergents: Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud (les «Brics»). Aux côtés de Vladimir Poutine et de Xi JinpingDilma Rousseff a pu se consoler de la déroute de la Seleçao en rêvant d'un nouvel ordre mondial et lancer sa campagne pour les élections d'octobre prochain.

Malgré l'humiliation de l'équipe nationale, privée de sa vedette Neymar face à l'Allemagne en demi-finale, le Mondial aura été un succès pour le Brésil. Les émeutes qu'anticipaient les plus pessimistes n'ont pas eu lieu, en dépit des manifestations de l'an dernier contre ces 11 milliards de dollars engloutis dans la construction de stades, à l'utilité bien éphémère. Avec la préparation desJeux olympiques de 2016, il n'est pas certain toutefois que le gaspillage d'argent public ne revienne hanter la présidente. L'effondrement, en pleine compétition, d'un pont à Belo Horizonte, n'a fait que rendre plus criants les besoins de financement des infrastructures, comme de l'éducation et de la santé publique, secteurs négligés pendant les années fastes où l'économie était tirée par la remarquable croissance chinoise. 

À l'image du Brésil, menacé par la stagnation et une inflation en hausse, les Brics ne sont pas au meilleur de leur forme. La crise ukrainienne compromet la croissance russe, les espoirs suscités par l'élection triomphale de Narendra Modi en Inde tardent à se concrétiser, tandis que l'Afrique du Sud se débat avec les revendications des mineurs et l'instabilité des changes. Seule la Chine maintient une croissance supérieure à 7 %, sans toutefois dissiper les craintes d'un ralentissement encore plus prononcé qu'entraînerait un éclatement de la bulle immobilière.

Le moment était donc venu pour les grands émergents, qui représentent à eux cinq 40 % de la population de la planète et un cinquième du PIB mondial, de matérialiser leur puissance nouvelle. La création d'un fonds de réserve commun et d'une banque de développement, basée à Shanghaï et dirigée par un Indien, est un défi ouvert lancé aux institutions de Bretton Woods, créées en juillet 1944 et dont les deux piliers sont le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

Lassés d'attendre que le Congrès des États-Unis autorise la réforme du FMI qui leur donnerait une représentation plus conforme au poids qu'ils ont acquis dans l'économie mondiale, les Brics créent l'embryon d'un système parallèle qui se pose en contrepoids, si ce n'est en alternative, à celui dont les bases avaient été jetées pendant la Seconde Guerre mondiale, à un moment où les équilibres étaient très différents de ceux d'aujourd'hui. 

 

L'avenir des nouvelles instances est très incertain. Les difficultés que traversent les économies émergentes pourraient sonner le glas d'une période de rattrapage accéléré et prolonger la domination occidentale. Mais ce sont surtout les disparités entre chacun des pays réunis à Fortaleza qui incitent à la circonspection. Le pétro-État russe n'a rien de commun avec l'immense marché chinois, dont le fonctionnement étatique est à l'opposé de celui des démocraties indienne ou brésilienne. Comment coordonner les politiques quand les intérêts sont aussi divergents? Tel a toujours été le handicap des Brics, dont l'assemblage hétéroclite a été jusqu'à présent plus symbolique que véritablement opérationnel. Dominées par les États-Unis et l'Europe, les institutions de Bretton Woods ont eu l'avantage, dès leur création, d'exprimer une certaine cohérence. C'est d'ailleurs cette même cohérence interne qui a l'inconvénient aujourd'hui de compliquer leur adaptation aux temps nouveaux.

L'amorce d'une gouvernance économique réunissant les deux géants que sont l'Inde et la Chine ne peut toutefois laisser indifférent. Elle pointe le danger d'un monde coupé en deux, où les émergents se sentiraient exclus au point de se désintéresser de l'évolution des institutions internationales pour se concentrer sur leurs intérêts propres.

Avant et après le sommet de Fortaleza, Vladimir Poutine et Xi Jinping ont tous deux parcouru l'Amérique latine pour se poser en alternative aux États-Unis et consolider leur présence dans la région, la Chine pour diversifier des relations économiques déjà très intenses et la Russie pour sortir de l'isolement dans lequel pourraient la plonger les sanctions occidentales à propos de l'Ukraine.

Dans un cas comme dans l'autre, les stratégies s'affinent. Pékin investit au-delà de l'exploitation des ressources naturelles, tandis que Moscou affiche ses ambitions géopolitiques. Une nouvelle compétition entre deux blocs est en train de naître. 

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