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Conseils, science, sante et bien-être


Gros, cancéreux et infertile : mon avenir selon 6 études scientifiques

Publié par MaRichesse.Com sur 2 Août 2014, 20:47pm

Catégories : #INSOLITE, #RELATIONS

Se coucher tard cacherait une psychopathie. De petits testicules permettraient d’être un bon père. Ces études pullulent, nous prédisant un avenir incertain. Un journaliste de RUE89 a sauté le pas, et prévoit son futur.

Gros, cancéreux et infertile : mon avenir selon 6 études scientifiques

Un dimanche comme les autres, je traîne sur internet. Le Huffington Postpartage un article au titre intriguant sur ma timeline Facebook : « Fête des pères : ce que la science nous a appris sur la relation père-enfants ».

Je ne voulais pas, mais j’ai craqué, je sais que ce n’est pas bien mais j’ai cliqué. La conjugaison du mot « science » et de « relation père-enfants » m’y a poussé. Je me dis qu’après tout, la science, c’est sérieux. On ne la remet pas en cause. Je vais apprendre des trucs sur moi, sur ma relation avec mon père, une sorte de psychanalyse rapide et gratuite.

Le premier paragraphe de l’article ne m’intéresse pas, parce que ça ne me concerne pas - l’influence du père sur sa fille. Le deuxième point parle d’alimentation, de génome, de traceurs moléculaires et de sperme de souris. Je passe, parce que je n’y comprends pas grand chose, mais je me dis qu’il n’y a pas de doutes possible, quand il y a du sperme de souris, c’est bien de la science.

Le troisième point m’intéresse davantage. Je lis : « une mauvaise relation avec son père pendant l’enfance, des garçons plus stressés ». Le journalisteexplique :

« Evidemment, le père peut avoir un mauvais impact sur le développement de son fils. Une étude suggère que la relation père-fils peut influencer la façon dont le jeune homme va gérer son stress au quotidien. Selon celle-ci, lorsqu’un homme estimait avoir une “bonne” relation avec son père, il était plus susceptible de mieux gérer les événements stressants, et d’être moins émotionnel à propos de ceux-ci. »

Je cherche à me situer : les examens de piano à l’école de musique, ce quart de finale du district du Finistère Nord de foot en catégorie -13ans, le bac, le permis. Oui c’est vrai j’étais très stressé. Et tout ça c’était donc à cause de mon père, me laisse-t-on penser.

Je décide alors de dresser mon portait et d’explorer le futur que m’offrent ces études. Je veux en apprendre sur moi-même, sur mes pratiques et surtout si je vais mourir bientôt ou devenir obèse.

 
 

 

1.Je mange du bacon donc je n’aurai pas de gosses

 

J’ai envie d’avoir des gamins plus tard. C’est d’ailleurs pour cette raison que je ne mets plus mon portable dans ma poche, les récentes études disent que ça rend le sperme moins fertile.

Je tombe sur une étude de l’American Society for Reproductive Medicine à Boston menée en partie par des chercheurs d’Harvard - c’est vachement crédible tout de suite - et relayée par des nombreux sites d’info.

Les chercheurs sont parvenus à mettre en lumière la causalité entre la consommation de viandes transformées (saucisses ou bacon) et une baisse de fertilité chez les hommes. Pour eux, si je mange fréquemment du bacon ou des saucisses, j’ai 30% de spermatozoïdes normaux en moins.

C’est vrai, je mange souvent de la viande transformée : des nuggets, des cordons bleus, du bacon ou des saucisses. J’ai donc 30% de spermatozoïdes normaux en moins. Un choix cornélien s’impose à moi : manger du bacon ou avoir des spermatozoïdes normaux.

 
 

 

2. Je serai un bon père si j’ai de petites testicules

 

Imaginons que j’arrête de manger du bacon et que je récupère des spermatozoïdes normaux. J’aurai peut-être des enfants. Mais comment savoir si j’ai des chances d’être un bon père pour eux ? Apparemment, tout dépend de la taille de mes testicules.

Si l’on en croit des chercheurs de l’Université de Géorgie, les hommes avec de petite testicules sont de meilleurs pères. Pour eux, ces pères moins bien dotés témoignent d’une activité accrue du cerveau au niveau de l’aire tegmentale ventrale (ATV), qui serait liée à la motivation des parents. Ils ont tenu à préciser par ailleurs, qu’avoir des grosses testicules ne devait pas être une excuse pour être un mauvais père.

Une question me vient soudainement : comment savoir si on a des plutôt grosses ou plutôt petites testicules ?

 
 
 

3. Je travaille assis donc j’aurai un cancer du colon

 

La plupart du temps, avouez, vous êtes assis. Vous vous jetez dans le métro ou dans le bus pour avoir une place sur un strapontin, avez la flemme de vous lever pour faire de la place quand il y a trop de monde, vous mangez et travaillez assis.

Selon une étude publiée par le journal Américain du cancer, « plus on passe de temps assis, plus le risque d’avoir un cancer du colon augmente ». Pour eux, passer dix heures par jour à travailler ou regarder la TV en position assise en augmente le risque de 8%.

Mais il n’y a pas que ça en cherchant sur d’autres sites d’info j’ai trouvé que des études y voient aussi un risque de maladie cardio-vasculaires, de diabète, de dégénérescence musculaire ou même pire de décès précoce. Tout ça parce que t’as passé ta vie assis, la lose.

J’ai fait le compte, je crois que je passe bien plus de dix heures par jour assis. Je suis un kamikaze de la chaise.

 
 
 

4. A supporter Brest, je finirai gros

 

Oui, je supporte le Stade Brestois 29. C’est la ville où j’ai grandi, et je ne loupe aucun de leurs matchs. Seulement, ces derniers temps, ils ne gagnent pas beaucoup. Ils sont descendus en Ligue 2 il y a deux saisons, et ils étaient il y a peu encore 19e du championnat.

Ce n’est pas toujours évident de supporter une équipe, surtout quand elle perd, mais en plus il paraîtrait que ça fait grossir. Une étude [PDF] réalisée par Yann Cornil et Pierre Chandon de l’INSEAD - c’est toujours plus crédible de mettre des noms et un acronyme - explique que soutenir une équipe qui perd accroît les chances de grossir.

Pour eux, les supporters d’une équipe de losers consomment 10% de calories et 16% de gras en plus que lors d’une journée sans match. Mais ils ne s’arrêtent pas là, et prétendent que ça vaut aussi à l’inverse pour ceux qui gagnent. Les fans d’un club victorieux ingurgitent 5% de calories et 9% de graisses en moins qu’un jour sans match.

Encore 5 ans en Ligue 2, et c’est sûr, je vise une reconversion en sumo.

 
 
 

5. Je me couche tard, donc je suis un psychopathe

 

Un article du Huffington Post énonce en titre : « Les couche-tard seraient plus diaboliques que les autres ». « Couche-tard », oui je situe. Quel est le rapport avec mon - hypothétique - côté diabolique ? Le site d’information livre une accroche pour le moins intrigante :

« Quel était le point commun entre Adolf Hilter et Joseph Staline ? Bien sûr, ils portaient tous les deux la moustache, avaient l’un comme l’autre un goût immodéré pour l’invasion de la Pologne et sont responsables de la mort de millions d’individus, mais pas seulement. Ils partageaient également une personnalité narcissique, machiavélique et psychopathique ainsi qu’un dernier trait de caractère : c’étaient de véritables couche-tard. Une coïncidence ? Pas vraiment. »

J’ai bien souvent du mal à m’endormir avant une certaine heure plutôt tardive, je préfère travailler jusqu’à 5h du matin que de me lever à 6h du matin, je me reconnais plutôt bien dans l’appellation « couche-tard ». D’après une étude de l’Université de Sydney, sur laquelle se base le Huffington Post, la probabilité de développer un comportement narcissique, machiavélique, et de psychopathe est plus élevé chez les personnes qui se couchent tard que chez les autres.

Serais-je donc un psychopathe en puissance ?

L’auteur précise :

« Les explications à ce phénomène restent floues. Les chercheurs suggèrent que les couche-tard pourraient tout simplement avoir hérité ce trait de caractère de leurs ancêtres. »

 
 
 

6. Si je pars tard à la retraite, je serai en meilleure santé

 

(Ce message est sponsorisé par le Medef.) Une étude de l’INSERM révèle que partir tard en retraite réduit le risque de démence ou d’alzheimer. Selon les chercheurs, partir à la retraite à 65 ans plutôt qu’à 60 ans réduirait ces risques de 15%.

Ils font un lien évident entre l’entretien de l’activité cérébrale liée au travail, et la réduction de ces maladies.

Je devrais donc encore travailler plus de 50 ans pour réduire le risque d’être atteint d’Alzheimer. Pour vraiment m’assurer une santé, je songe même à travailler jusqu’à 80 ans. Comme ça, plus de risque du tout.

 

Une rhétorique de la promesse

J’ai parcouru des dizaines d’études différentes, relayées par des articles français et internationaux. Elles m’agacent et m’angoissent parfois, mais souvent je les lis sans le vouloir. Etienne Candel, maître de conférence en sciences de l’information et de la communication au CELSA Paris-Sorbonne m’explique :

« Leur lecture fait partie d’une logique médiatique liée à internet : les producteurs de ces textes visent un certain succès. Ce succès est quantifié de façon extrêmement précise : le nombre de retweets ou de partages. Le contenu doit être “viral”. Parfois, seul le titre suffit à être partagé parce qu’il offre une promesse suffisante et qu’on le partage à une communauté bien précise. La lecture de ces articles est irrésistible même si elle nous agace, elle devient presque automatique. »

Pour lui, c’est en partie la faute de certains sites internet :

« Beaucoup cherchent à faire des titres très accrocheurs du genre : “Vous ne devinerez jamais ce qu’a fait cette femme...”, qui nous poussent à cliquer. C’est un appel au clic “pragmatique” et très efficace : on place dans le titre un chiffre qui nous fera lire. Ces articles jouent aussi sur la rhétorique de la promesse, “vous allez apprendre quelque chose sur ce que vous avez l’habitude de faire et que vous pensiez bon”. Tout le monde est en quête de ça : ajuster ses comportements en fonction de la juste mesure (ce qui est sans doute juste). Ils nous promettent que l’on va apprendre quelque chose de différent de ce que l’on a l’habitude de penser et de ce que notre culture nous a appris. »

Mais selon Etienne Candel, qui est aussi chercheur au Groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d’information et de communication (GRIPIC), certains scientifiques ont aussi leur part de responsabilité :

« Certaines d’entre eux posent la mauvaise hypothèse. Par exemple, je lisaisun article il y a peu qui expliquait que les lecteurs d’Harry Potter ont tendance à être moins racistes. Pourquoi pas, mais ça me paraît impossible à cerner ! La démarche paraît aberrante parce que basée sur la question “on va voir si...” Peut-être est-ce plus généralement que tous les lecteurs sont moins racistes que les autres ? Il paraît aussi impossible de quantifier précisément tous les lecteurs de Harry Potter. »

En écumant toutes ces études, je me suis rendu compte d’une chose : je n’en retiens jamais rien sur le long terme. Je serais d’ailleurs incapable de citer une seule chose que j’ai apprise en lisant un article basé sur une enquête scientifique insolite. Etienne Candel explique :

« C’est la même logique que le “chiffre du jour” dans les quotidiens régionaux. L’encadré dans un coin du journal qui expose un chiffre que l’on est censés ignorer. Nous ne le retenons jamais parce que nous n’avons pas les connaissances nécessaires pour l’assimiler. Par exemple, si nous savons que la Tour Eiffel est grande, c’est parce que nous avons pour point de référence les immeubles qui se trouvent à côté, et que nous savons qu’ils ne sont pas forcément hauts. Mais peut-être que si nous lisions l’ensemble de l’étude, nous en retiendrions davantage. »

 

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