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Marichesse.com

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Conseils, science, sante et bien-être


«Vivre heureux en couple, comprendre et gérer les conflits de la vie quotidienne»

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Juillet 2014, 05:38am

Catégories : #HEUREUX, #COUPLE, #HOMME-FEMME, #LIVRES-A-LIRE

«Vivre heureux en couple, comprendre et gérer les conflits de la vie quotidienne»

Votre conjoint est-il une personnalité difficile ? 

 

 

Une personnalité est dite difficile lorsque certains traits de son caractère sont trop figés ou trop marqués, pas adaptés aux situations, et qu’ils génèrent de la souffrance pour elle-même ou pour autrui.

 

Quand on est au début de la vie commune, on ne s’alarme pas des légères tendances à la déprime, à l’obsession ou à l’anxiété de son mari ou de sa femme. On les supporte avec un léger agacement, en pensant que cela va passer. Mais les mois, les années passent et rien ne s’améliore. Un jour on se sent submergé par la problématique de l’autre, et l’on s’effondre, ne voyant plus d’issue positive possible.

 

Pour éviter à des couples d’en arriver là, nous résumons ici les caractéristiques des personnalités difficiles les plus courantes selon le DSM-IV, et la conduite à tenir avec ces personnes, donc éventuellement avec votre mari ou votre femme. Le DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, est traduit de l’américain par Guelfi, Pull et Boyer, Masson, 1996. Cette classification de l’Association de psychiatrie américaine, utilisée dans le monde entier, contient tous les critères diagnostiques des différents troubles de la personnalité. Vous pouvez aussi lire: Comment gérer les personnalités difficiles, François Lelord et Christophe André, Odile Jacob.

 

C’est une illusion de croire que ces pathologies disparaîtront toutes seules. C’en est une autre de croire que vous pourrez changer, guérir votre conjoint. Nul ne peut s’improviser psychothérapeute, et surtout pas d’un proche.

 

La première chose à faire, c’est l’accepter tel qu’il est. Il n’a pas choisi sa personnalité difficile: qui choisirait volontairement d’être paranoïaque ou anxieux ?

 

Cherchez aussi à comprendre les croyances erronées qui sous-tendent ses conduites et, à ses yeux, les légitiment.

 

Simultanément, apprenez à vous protéger, à poser vos limites le plus tôt possible.

 

Mais si en dépit de tout, votre vie commune devient intenable, une solution positive est d’essayer de le persuader (en douceur et avec diplomatie…) de consulter un psychothérapeute ou un psychiatre. Ce point est essentiel, et il est valable pour toutes les personnalités difficiles.

 

 

VOTRE CONJOINT EST-IL DEPRESSIF ? 

Il voit le côté sombre des situations, les risques possibles, surévalue l’aspect négatif et minimise l’aspect positif. Son humeur est habituellement triste, même en l’absence d’événements défavorables.

 

Il n’aime pas la vie et parfois préférerait ne jamais avoir existé. Il éprouve peu de plaisir, même dans les activités ou les situations généralement considérées comme agréables (loisirs, fêtes). Il se dévalorise, se sent inapte ou coupable, même si les autres l’apprécient.

 

Il a une vision négative de lui-même (« Je ne suis pas à la hauteur »), du monde (« La vie est dure et injuste ») et du futur (« Les choses vont mal tourner pour moi et pour mes proches »).

 

Si votre époux est de nature dépressive, rappelez-lui par des exemples concrets que son pessimisme a été démenti maintes fois dans sa vie. Comme il n’en prendra pas lui-même l’initiative, entraînez-le dans des activités agréables, à sa mesure. Prouvez-lui que vous l’appréciez. 

 

C’est l’un des troubles qui peut le plus bénéficier de l’aide d’une psychothérapie. 

 

Ne lui dites surtout pas de « se secouer », cela ne sert à rien. Ne blâmez pas sa passivité et ne lui faites pas la morale: vous ne reprochez pas à un myope de voir flou… Ne vous laissez pas contaminer par sa morosité, gardez votre propre vie en restant gai et optimiste.

 

 

 

VOTRE CONJOINT EST-IL NARCISSIQUE ? 

S’admirer un peu est nécessaire, cela s’appelle l’estime de soi et procure de l’assurance. Mais le narcissique, lui, a le sentiment d’être exceptionnel, d’avoir un charme fou et de mériter plus que les autres. Très soucieux de son apparence physique, il ambitionne des succès éclatants dans le travail et auprès du sexe opposé.

 

Il cherche sans cesse à accaparer l’attention, à recevoir des compliments, s’attend à des privilèges et des passe-droits, est en colère lorsqu’on lui manque d’égards. Les règles s’appliquent aux gens ordinaires, pas à lui. Il exploite et manipule pour parvenir à ses buts.

 

Les émotions des autres le touchent peu, et il se montre jaloux de leur réussite. Il a donc peu d’amis. Souvent, vers la quarantaine, supportant mal de n’avoir pas atteint les ambitions de sa jeunesse, il risque de déprimer.

 

Si vous vivez avec quelqu'un qui pense être la huitième merveille du monde, montrez-lui votre approbation uniquement quand celle-ci est sincère et méritée et expliquez-lui pourquoi les autres ne le trouvent pas si exceptionnel qu’il le pense. Respectez les détails qui sont essentiels pour lui: ne pas le présenter à une personne importante dans une soirée est à ses yeux un crime de lèse-majesté. Si vous devez le critiquer, comme il est très susceptible, n’attaquez pas son être, mais uniquement un comportement précis: « Je n’ai pas aimé quand tu m’as critiqué en public. »

 

Un partenaire centré uniquement sur lui-même est énervant, irritant, parfois insupportable. Vous aurez envie de le blesser, d’exploser, de faire de l’opposition systématique. Cela calmera peut-être vos nerfs mais envenimera votre vie de couple. Donc, relaxez-vous. Après tout, vous l’avez épousé parce qu’il avait quelques qualités, non ?

 

Soyez attentif à ses tentatives de vous manipuler, que ce soit par la peur (« Attention à toi si tu… »), la flatterie (« Tu es la meilleure ») ou la culpabilité (« Après tout ce que j’ai fait pour toi… »).

 

Ne vous attendez pas à la réciprocité, au donnant-donnant. Il s’attend à recevoir beaucoup, mais il ne vous rendra pas, car tout lui est dû, il mérite ce que vous lui donnez. Evitez l’erreur de penser: « Plus je serai gentil(le), plus il le sera. » Ça ne marche pas avec les narcissiques !

 

 

 

VOTRE CONJOINT EST-IL DEPENDANT DES AUTRES ? 

Dépendre un peu d’autrui est normal. Ecclésiaste 4.9-10 dit que « deux valent mieux qu’un… car s’ils tombent, l’un relève son compagnon; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe sans avoir un second pour le relever ! » Chacun de nous doit trouver l’équilibre entre la dépendance et l’autonomie.

 

Mais le dépendant, lui, a un besoin maladif d’être sans cesse soutenu et rassuré par les autres, et surtout par vous: il laisse les autres prendre les décisions pour lui ou n’en prend pas sans avoir leur accord, suit le mouvement plutôt que de proposer une activité, n’aime pas être seul ou faire les choses seul.

 

Sa grande peur est de perdre le lien avec autrui. Donc, par crainte de déplaire, il dit toujours oui, ressent de l’angoisse si on le désapprouve et si on le critique, accepte les corvées pour plaire à son entourage, est très perturbé par toute séparation. Il épouse en général un partenaire dominateur et possessif. Les femmes battues restent malgré tout avec leur mari violent ou alcoolique parce qu’elles sont incapables de vivre seules. 

 

Une personne tributaire de vous a des exigences importantes; elle peut faire pression, de manière très culpabilisante, sur vous et vous dire par exemple: « Si tu me laisses seul tout ce week-end, je vais aller très mal et ce sera de ta faute. »

 

Si votre conjoint ne sait pas gérer sa vie tout seul, renforcez ses initiatives plutôt que ses réussites et aidez-le à banaliser ses échecs. Quand il vous demande conseil (c'est-à-dire plusieurs fois par jour !), avant de lui répondre, demandez-lui d’abord ce qu’il en pense, lui. Partagez vos faiblesses et vos doutes, demandez-lui conseil pour vos propres décisions, il comprendra ainsi que l’on peut à la fois être autonome et avoir besoin des conseils des autres.

 

Incitez-le à multiplier ses activités, ses relations, il dépendra moins de vous seul. Aidez-le à comprendre que si vous faites une activité ou une sortie sans lui, ce n’est pas un rejet de sa personne, et qu’un couple est formé de deux êtres autonomes, pas de siamois inséparables.

 

Ne prenez surtout pas les décisions à sa place, même s’il vous le demande instamment, cela le rendrait de plus en plus tributaire de vous et augmenterait son sentiment d’incapacité. Lorsque enfin il ose prendre une initiative, ne le critiquez pas si celle-ci est un échec, mais encouragez-le pour avoir osé agir par lui-même. Ne l’abandonnez pas d’un seul coup complètement à son sort sous prétexte de lui apprendre à se débrouiller seul, il risque de céder à l’angoisse puis à la panique.

 

S’il doit devenir un peu plus indépendant, sachez que cela ne se fera que très progressivement, aussi armez-vous d’une patience infinie…

 

 

 

VOTRE CONJOINT EST-IL HYPER STRESSE ? 

Il lutte contre le temps, est impatient, soucieux d’aller toujours plus vite, et ne tolère pas la lenteur des autres. L’existence est une compétition, il a tendance à vouloir toujours gagner, même une discussion ou un match de tennis amical. Sa vie, c’est l’action: il travaille beaucoup, surcharge son agenda et déteste l’inactivité pendant les vacances ou le week-end.

 

Pour lui, chaque événement est un défi à relever, toute dispute est une guerre nucléaire, seule la première place compte, il doit réussir tout ce qu’il entreprend, contrôler chaque situation. C’est une tornade blanche qui court après le temps, qui ne supporte pas les files d’attente ou les embouteillages. Il avale plus qu’il ne mange, court plus qu’il ne marche, parle si vite qu’il en bégaie, et il termine même les phrases des autres à leur place. Il sacrifie parfois sa vie familiale à sa réussite professionnelle et provoque des conflits du fait de son autoritarisme et de son hostilité envers ce qu’il nomme « les lents et les mous ».

 

Si vous vivez avec un stressé, puisqu’il s’irrite d’attendre, soyez ponctuel, évitez les oublis, cela le gardera de bonne humeur. Affirmez-vous chaque fois qu’il tente de vous contrôler, refusez qu’il vous donne des délais trop courts pour accomplir une tâche, peu à peu il apprendra à vous respecter.

 

Aidez-le à relativiser, car il tend à tout dramatiser: montrez-lui qu’attendre dix minutes à la caisse du supermarché n’est pas la fin du monde. Faites-lui découvrir les plaisirs simples d’une partie de pétanque (sans compétition !), d’une demi-heure de farniente allongé au soleil dans l’herbe, d’une promenade dans la forêt; faites-lui une remarque gentiment ironique s’il se met à planifier un dimanche ou une journée de vacances heure par heure comme s’il était à son travail.

 

Si vous devez débattre d’un sujet avec lui, souvenez-vous que pour lui débat égale compétition, il voudra donc « gagner », avoir le dernier mot. D’ailleurs tout est pour lui objet de rivalité: il veut faire la meilleure plaisanterie, skier mieux que les autres, être le plus bronzé. Ne le surstressez pas, il le fait déjà très bien lui-même, soyez plus sage que lui !

 

Ne dramatisez pas les disputes avec lui. Il est irascible, s’énerve vite, mais sa colère redescend aussi vite qu’elle est montée. Attendez simplement qu’elle soit passée.

 

Le risque principal lorsqu’on vit avec un stressé qui a un ce que les psychologues appellent un comportement de Type A, c’est qu’il meure prématurément de problèmes coronariens: les Types A ont deux fois plus de risques cardiaques que les Types B (les personnes très calmes). Faites-lui part de vos craintes pour sa santé, et incitez-le à suivre un programme de gestion du stress. Il apprendra à se relaxer, à relativiser, à prendre du recul, à déléguer ses tâches, à mieux communiquer pour être moins agressif, à pratiquer des loisirs et un exercice physique régulier.

 

 

 

VOTRE CONJOINT EST-IL SCHIZOÏDE (SOLITAIRE) 

Précisons que la schizoïdie n’est pas la schizophrénie, qui est une psychose caractérisée par une désagrégation psychique, la perte du contact avec la réalité et le repli sur soi, et nécessite le recours à un psychiatre. Les deux mots ont cependant en commun la même racine grecqueschizo: coupé du monde.

 

Le schizoïde choisit surtout des activités solitaires, et ne recherche pas la compagnie des autres. Il n’a donc que très peu d’amis et ne se lie pas aisément. Il paraît insensible aux éloges ou aux critiques d’autrui, impassible, détaché du monde, mystérieux, sur une autre planète. Même en société, il semble toujours « être ailleurs ».

 

Le comprendre est difficile, car il se livre peu. Sa conviction est qu’il n’est pas comme les autres, et que la vie sociale est source de complications. Les autres étant imprévisibles, indéchiffrables, donc fatigants, mieux vaut les éviter et rester isolé dans son coin. Il a horreur des contacts sociaux forcés, par exemple de partir en vacances au sein d’un groupe organisé, ou même qu’on invite dix personnes pour lui souhaiter son anniversaire.

 

Il est autonome, aime rêver et travailler seul, et se montre souvent très compétent comme ingénieur, informaticien, mathématicien, artisan, etc. On trouve parmi ces solitaires de nombreux écrivains, chercheurs, artistes ou créateurs.

 

Si vous partagez la vie d’un schizoïde, comprenez que la compagnie des autres le fatigue, et respectez son besoin de solitude: c’est son oxygène, ce qui le reconstitue.

 

Mettez-vous à l’écoute de son univers intérieur qui est souvent très riche, interrogez-le avec tact et discrétion, et avec un peu de patience vous découvrirez chez lui des trésors de sensibilité cachée et d’originalité.

 

Vous le trouvez trop silencieux ? Appréciez-le pour le calme, la concentration, le repos qu’il vous procure après une journée où d’autres vous ont noyé sous leurs bavardages ! Il sera un compagnon de rêve pour une randonnée dans la montagne ou un après-midi de lecture ou d’étude à la campagne.

 

N’attendez pas de lui ce qu’il est incapable de vous donner, c'est-à-dire des démonstrations émotionnelles intenses. Estimez-vous content s’il répond: « Oui », lorsque vous tentez de lui communiquer votre enthousiasme devant le plus beau coucher de soleil que vous ayez jamais vu. Ce « oui » sera déjà pour lui un gros effort… Acceptez-le tel qu’il est, c’est un des secrets de l’harmonie de votre couple.

 

Ne profitez pas de son mutisme pour l’assommer, vous, de vos paroles. Vous pensez peut-être que, puisqu’il ne parle pas, il prend plaisir à vous écouter. Ce n’est pas sûr. Observez les mimiques de son visage, sa posture, qui vous indiqueront s’il vous écoute encore ou s’il a atteint son point de saturation et a besoin maintenant d’oxygène (de silence).

 

S’il n’écoutait que sa tendance naturelle, le schizoïde finirait en ermite, totalement coupé de la société. Mais il est marié, alors acceptez le fait que c’est vous qui êtes responsable de la vie sociale de votre couple: emmenez-le de temps en temps chez des amis, faites-lui rencontrer des personnes s’intéressant aux mêmes domaines que lui. Peu à peu il prendra davantage goût aux relations sociales.

 

S’il entreprend une psychothérapie, il ne deviendra certainement pas un boute-en-train, mais apprendra du moins à s’affirmer et à communiquer plus aisément avec vous et avec les autres.

 

 

 

VOTRE CONJOINT EST-IL PASSIF-AGRESSIF ? 

Il résiste généralement aux exigences des autres, que ce soit au travail ou avec ses amis, et aussi aux vôtres. Il critique les figures d’autorité, discute les ordres, ne tolère pas d’être commandé. Mais cette résistance est passive et s’effectue de manière détournée, en faisant traîner les choses, en sabotant, en oubliant, en se plaignant d’être incompris. Il ergote sur des détails, insiste sur les problèmes à venir, s’enferme dans une attitude négativiste.

 

Si vous le contrariez, sans rien vous expliquer, il se met à bouder et s’enferme dans le silence. Il peut vous « priver » de relations sexuelles en prétextant n’importe quoi. Ses croyances sont « qu’il mérite mieux que ce qu’il a », « que les autres veulent toujours le dominer ». Il a comme règle de ne jamais se laisser faire, et de résister de manière indirecte car « il risque trop à dire ce qu’il pense ». Une de ses devises est: « Si on ne me demande pas quelque chose gentiment, je m’arrange pour ne pas le faire », une autre: « Plus on me presse, plus je vais lentement ».

 

Cette attitude passive-agressive vient parfois du fait d’avoir eu un père trop autoritaire auquel il ne pouvait s’opposer par peur de ses réactions violentes. Par la suite, dans la vie adulte, toute figure d’autorité lui rappelle son père, et il va s’y opposer sournoisement, exprimer son agressivité de manière passive, afin de ne prendre aucun risque.

 

Si votre époux est passif-agressif, il est très susceptible, et sensible à tout ce qui ressemble à un manque d’égards. Donc soyez toujours très aimable et compréhensif avec lui.

 

Plutôt que de dire abruptement à votre épouse: « Comment, tu n’as pas encore repassé ma chemise bleue pour demain comme je te l’ai demandé ? » dites-lui: « Ma chérie, je sais que tu as eu une journée très chargée, et je comprends bien ta fatigue; mais j’aimerais avoir ma chemise bleue repassée pour demain. Crois-tu que tu pourras trouver le temps ? Sinon je le ferai moi-même. »

 

Demandez-lui son avis chaque fois que c’est possible, car il a horreur de devoir accepter une décision avec laquelle il n’est pas d’accord. Si, sans lui demander son avis, vous lui dites: « Tiens, ce dimanche midi j’ai prévu qu’on aille pique-niquer dans la forêt », il viendra avec vous, mais ne manquera pas de vous faire remarquer que le paysage est « sans intérêt », le chemin « boueux » et les sandwiches « immangeables. » Le passif-agressif collabore d’autant mieux qu’on lui donne l’impression d’avoir participé aux décisions.

 

Incitez-le à vider les petits abcès de la vie quotidienne, à exprimer ouvertement son agressivité et ses opinions, au lieu de faire de l’opposition passive. Il acceptera sans doute, sauf dans le cas où son attitude a valeur de représailles, de punition, de vengeance; s’expliquer le priverait alors de ce moyen détourné de vous faire « payer quelque chose ».

 

En tous cas, ne faites pas comme si vous n’aviez pas remarqué qu’il fait la tête. Considérez chaque bouderie, chaque mouvement d’humeur maussade comme un message codé qu’il vous envoie, et dites-lui: « Tu as l’air de m’en vouloir, qu’est-ce qui se passe ? » En l’incitant rapidement à s’exprimer de manière claire, vous lui éviterez de prendre la mauvaise habitude d’un comportement constamment passif-agressif.

 

Ne le critiquez pas comme un parent critique son enfant, ne lui faites pas la morale, ne faites pas appel aux valeurs de bien et de mal, cela lui rappellerait l’autorité de son père et il le prendrait très mal. Contentez-vous de décrire ce qui dans son comportement vous contrarie.

Enfin, ne vous laissez pas entraîner dans une escalade de représailles, de vengeance, de riposte. Votre vie conjugale deviendrait vite un enfer. Revenez au secret numéro un: incitez-le à exprimer clairement ce qu’il a sur le cœur.

 

 

 

VOTRE CONJOINT EST-IL ANXIEUX ? 

Il se fait du souci trop fréquemment ou de manière trop intense pour les risques quotidiens, que ce soit pour lui-même, pour vous ou pour ses proches. Il est trop tendu physiquement, et guette tout ce qui risque de mal se passer: il anticipe anxieusement les dangers potentiels. Il souffre en quelque sorte d’un réglage trop sensible de son système d’alarme.

 

Il est convaincu que le monde est dangereux, qu’il a raison d’être vigilant, d’anticiper les problèmes et de prévoir le pire. D’ailleurs même s’il n’a pas de souci, il s’en fabrique: et si un jour ma femme ne m’aimait plus ? Et si tous mes enfants étaient stériles et que je meure sans descendance ? Et si un avion s’écrasait sur ma maison ?

 

Cette anxiété généralisée peut lui causer des palpitations, des sueurs, une boule dans la gorge, des contractures musculaires, des troubles du sommeil ou de l’irritabilité. Il a peut-être des attaques de panique.

 

D’ou provient cette anxiété ? Les causes diffèrent pour chacun, mais l’hérédité et l’environnement jouent un rôle: ses parents, ses grands-parents, étaient peut-être déjà des anxieux. Des événements de vie (deuils ou séparations parentales dans l’enfance, chômage ou traumatisme, dans un passé proche) ont sans doute aussi eu une influence.

 

Si votre partenaire est un angoissé chronique, montrez-lui que vous êtes aussi fiable et solide que l’Everest. S’il pense que l’univers risque à tout moment de tomber en panne, qu’il soit certain que la panne ne viendra en tous cas pas de vous. Prouvez-le lui dans les petits détails: par exemple, s’il vous le demande et si cela suffit à le rassurer, conduisez-le à la gare quarante minutes avant le départ de son train.

 

Apprenez-lui à relativiser: si vous êtes pris dans un embouteillage alors que vous le menez à la gare, et qu’il commence à transpirer d’inquiétude, demandez-lui quelles seraient les conséquences réelles s’il ratait son train, si ce serait vraiment grave, et s’il n’y aurait pas une solution de rechange (prendre le train suivant et prévenir de son retard).

 

Si ses appréhensions vous énervent parfois et que vous vous laissez aller à ironiser à ce sujet, ne le faites qu’avec gentillesse puis excusez-vous: c’est sa nature, et croyez bien qu’il préférerait ne pas être angoissé.

 

Par contre, il a des moyens d’agir en vue de diminuer son anxiété: incitez-le à consulter un spécialiste.

 

Ne le laissez pas vous rendre esclave de ses peurs. Si par exemple les circuits touristiques l’effraient, ne renoncez pas, pour le restant de vos jours, à votre rêve de visiter l’Egypte ou la Grèce. Pendant ce temps-là, votre douce moitié ira tranquillement chez des amis ou dans sa famille, ou… fera un stage de relaxation !

 

Evitez de jouer avec ses nerfs, ne lui faites pas de surprises, bonnes ou mauvaises, pas de canular, vous le feriez paniquer à coup sûr. Ne lui dites pas que votre entreprise organise un stage obligatoire de saut à l’élastique…

 

Ne partagez pas avec lui vos inquiétudes personnelles, il a déjà du mal à gérer ses propres soucis, réels et imaginaires. Evitez d’évoquer devant lui tous les malheurs dont vous avez connaissance: le fils de votre voisin qui a eu un accident de moto, votre patron qui a fait un infarctus, le commerçant du coin qui a tenté de se suicider, vos amis d’enfance qui parlent de divorcer, sans parler d’un cyclone à l’autre bout du monde et d’une bombe qui a fait vingt morts à l’étranger. 

 

A ce sujet, tentez de le dissuader de regarder ou d’écouter les nouvelles à la télévision ou à la radio. L’énumération des catastrophes et des faits divers le renforce dans la conviction qu’il a bien raison de vivre dans l’angoisse, puisque le pire arrive réellement.

 

 

 

VOTRE CONJOINT EST-IL PARANOÏAQUE ? 

Cela se manifeste principalement par deux attitudes, la méfiance et la rigidité.

Il est habituellement plus méfiant que confiant: toujours sur ses gardes, il soupçonne les autres de mauvaises intentions envers lui et ne désire pas se confier à eux, craignant que cela ne se retourne ensuite contre lui; il met en doute leur loyauté, et pense que si on lui fait un compliment, c’est pour obtenir quelque chose de lui.

 

Il interprète toute parole ou attitude comme étant une tentative pour lui nuire. Il est souvent jaloux, et recherche activement des preuves de votre infidélité. Si vous parlez cinq minutes avec quelqu'un, il pense aussitôt que vous avez eu une liaison avec cette personne dans le passé, ou que vous allez le tromper.

 

Il est prêt à des représailles s’il se sent offensé, ce qui lui arrive fréquemment pour des broutilles. Il supporte mal les plaisanteries, l’humour, car il croit en être la cible. Bref il voit le mal et des ennemis potentiels partout. Sa croyance de base est que le monde est plein de méchants qui l’obligent à rester sur ses gardes. Il se sent apaisé quand il découvre un ennemi réel, ce qui lui confirme qu’il avait bien raison de se méfier.

 

Ce qui est tragique, c’est qu’à force d’être méfiant et hostile envers les autres, il provoque effectivement leur inimitié.

 

Votre partenaire a une seconde caractéristique: sa rigidité. Il se montre rationnel et logique et résiste à tous vos arguments, persuadé d’avoir raison. Vous ne parvenez pas à l’ébranler dans ses convictions. De plus il a peut-être du mal à manifester de la tendresse ou des émotions positives. Il peut avoir une mauvaise image de lui-même, et par conséquent une humeur triste. Se sentant faible face aux autres, il pense être menacé par eux.

 

Si votre conjoint a des tendances paranoïaques, vous aurez sans doute du mal à l’inciter à voir un spécialiste. En effet, il faudrait d’abord pour cela qu’il accorde sa confiance à celui-ci ! Mais s’il se sent déprimé parce que menacé par les autres, il aura peut-être envie de consulter.

 

Vous pouvez aussi l’aider de diverses façons. D’abord, exprimez toujours clairement vos motifs, vos intentions, vos critiques, de la manière la moins équivoque possible. Bien que cela vous paraisse fatigant et frustrant, ne renoncez pas à éclaircir les malentendus, car cela lui donne une chance de modifier sa vision pessimiste des rapports humains.

 

N’attaquez jamais sa personne, son image de lui-même, car il a déjà tendance à se dévaloriser. Mais si vous devez critiquer un de ses comportements, faites-le. Prenez cependant la précaution de bien mesurer vos paroles, et de ne commettre aucune maladresse ou faute. Vous devez rester irréprochable, et surtout ne pas réagir vous-même en vous indignant, en vous mettant en colère, en exerçant de lourdes représailles pour une faute minime.

 

Ce ne sera pas facile car votre conjoint, d’une certaine façon, a tendance à vous faire devenir aussi paranoïaque que lui ! Si vous sentez que l’épuisement et la frustration sont en train de vous faire craquer, que vous êtes à bout, n’hésitez pas: allez voir un spécialiste qui vous apportera conseils, soutien et réconfort.

 

 

 

VOTRE CONJOINT EST-IL HISTRIONIQUE (HYSTERIQUE) ?

 Le terme histrionique (du latin histrio: acteur de théâtre) a depuis 1980 remplacé celuid’hystérique. On trouve deux femmes pour un homme dans cette catégorie de personnalité.

 

Vous repérerez que votre mari est histrionique si son souci constant est d’être le point de mire de l’assistance, de jouer avec son apparence, de séduire par des déclarations enflammées, s’il pique des crises de colère théâtrales suivies de pitreries, s’il donne l’impression d’être toujours en représentation, de « faire son cinéma ». Il y a des chances qu’il soit avocat, acteur, ou bien qu’il travaille dans la publicité, la communication, le syndicalisme ou la politique.

 

La femme histrionique joue un cinéma permanent et dramatise l’expression de ses émotions qui sont très changeantes. Son père était-il inaccessible, distant, et a-t-elle « appris » à jouer la comédie car c’était le seul moyen d’obtenir son attention ? C’est possible.

 

En tous cas elle cherche intensément à attirer les regards et l’affection de tous par une tenue discrètement provocante, des déclarations théâtrales, des appels à l’aide dramatisés. On a du mal à savoir si elle joue comme une actrice ou si c’est sa vraie nature. Sa conviction est qu’elle doit toujours charmer les autres afin qu’ils l’aident. En effet elle a une image assez dévalorisée d’elle-même et si les autres la remarquent, cela la rassure. Alternativement elle idéalise exagérément les personnes de son entourage, vous y compris, puis les dévalorise.

 

Au début le charme de votre compagne vous a séduit et captivé, mais ses démonstrations spectaculaires, ses tentatives de séduction des autres hommes, ses sautes d’humeur et sa soif ardente d’attention peuvent finir par vous lasser. Voici quelques suggestions pour votre vie de couple.

 

Ne vous énervez pas, ne vous irritez pas lorsqu’elle en rajoute dans l’excessif et la dramatisation; ce n’est pas un caprice, c’est son caractère. Elle est incapable de modifier son comportement inadapté et le répète sans cesse. Si vous la critiquez durement et la rejetez, elle risque de dramatiser encore plus, jusqu’à s’évanouir, faire une crise de larmes ou de nerfs, menacer de vous quitter ou de se suicider. Donc laissez-lui faire une scène de temps en temps, mais fixez-en les limites.

 

Montrez votre appréciation et votre intérêt sincère chaque fois qu’elle se comporte normalement. La meilleure manière d’endiguer son flot de paroles floues, dramatiques, théâtrales, est de l’encourager vivement et de lui accorder toute votre attention lorsqu’elle tient un discours précis, basé sur les faits et centré sur la résolution concrète des problèmes.

 

Ne vous étonnez pas si un jour vous êtes à ses yeux le meilleur mari de la terre, et le lendemain le plus minable ayant jamais existé. Elle passe de l’admiration au mépris en une minute. Elle revit peut-être des situations de son enfance où, ne parvenant pas à attirer l’attention d’un père trop idéalisé, déçue, elle se mettait à le haïr. Ou bien, incapable de supporter consciemment de vraies émotions profondes, elle met en place des sentiments de remplacement.

 

Ne vous moquez pas d’elle et de son « cinéma », mais appréciez au contraire la variété des scènes qu’elle est capable de vous jouer. C’est bien ce qui vous a séduit lorsque vous en êtes tombé amoureux, non ?

 

Cependant, ne vous laissez pas trop émouvoir ni attendrir par sa fragilité et son comportement un peu enfantin. Vous êtes son public privilégié, c’est vrai, mais vous ne lui rendrez pas service en entrant trop dans son jeu. Si vous ne gardez pas une certaine distance, vous risquez de vous retrouver entraîné dans ses sautes d’humeur et ses attitudes théâtrales, et incapable de garder la tête froide.

 

 

 

VOTRE CONJOINT EST-IL EVITANT ? 

Deux traits le caractérisent: l’hypersensibilité au rejet et la dévalorisation de soi.

 

Sa grande peur est qu’on le rejette, qu’on se moque de lui, qu’on le critique, qu’on le tourne en ridicule. Donc il évite d’entrer en relation s’il n’est pas sûr que l’autre sera inconditionnellement bienveillant à son égard. Il fuit toute situation où il s’expose au regard et au jugement d’autrui, où il risquerait d’être embarrassé ou blessé: examen, rencontre d’un personne nouvelle ou importante, nouveau poste. Par conséquent il ne se sent à l’aise qu’avec sa famille ou de vieux amis dont il n’a rien à craindre, refuse les invitations, reste dans un cadre professionnel routinier et pour rien au monde n’oserait demander une augmentation à son patron.

 

L’évitant se dévalorise, a une faible estime de soi et de ses capacités et il dévalue ses réussites. Par crainte d’échouer ou de décevoir les autres en n’étant pas à la hauteur, il se maintient dans un rôle effacé ou dans un poste inférieur à ses capacités. Il pense qu’il n’a pas assez d’atouts pour plaire, et se résigne, par sécurité, à une vie un peu étriquée, dans le domaine social et professionnel.

 

Ses deux convictions sont: « Je suis inférieur » et « Au contact des autres, je pourrais être blessé ». Pour se faire accepter dans un groupe, il est prêt à tout: il est trop gentil, approuve tout ce que les autres disent, rit à leurs plaisanteries, rend toujours service.

 

Certains vivent même dans une grande solitude, trop timides pour avoir un quelconque contact avec les autres. Cela peut venir d’une éducation trop sévère, d’une infériorité physique, d’un retard scolaire, d’un frère ou d’une sœur trop « supérieurs », de parents eux-mêmes complexés etévitants. Ici aussi, l’inné et l’acquis ont chacun leur rôle.

 

Proposez-lui des objectifs de difficulté très progressive, par exemple d’aller au cinéma ou à la piscine avec une personne qu’il connaît un peu. Ne l’amenez surtout pas d’emblée à une soirée où la présence de trente personnes inconnues le plongera dans la panique.

 

Faites-lui sentir que son opinion vous importe vraiment, et qu’il a de la valeur, contrairement à ce qu’il croit. Montrez-lui que vous acceptez la contradiction, et que même si vous n’êtes pas d’accord avec ce qu’il dit, c’est important qu’il se soit exprimé.

 

Comme il est hypersensible à la critique, quand vous devez lui faire une remarque, rappelez-lui que trouver à redire à une de ses actions ne signifie pas que vous rejetez sa personne. Au contraire, assurez-le de la constance de votre soutien, et de votre appréciation inconditionnelle de son être. Evitez à tout prix d’ironiser, de faire de l’humour, ou de vous énerver, car vous risquez de le blesser cruellement. Vous le rendrez encore plus anxieux et évitant, en ayant renforcé ses deux croyances: « Je suis inférieur » et « Les autres vont me rejeter ».

 

 

 

QUELQUES AUTRES PERSONNALITES DIFFICILES

 

Deux types de personnalités sont souvent combinées, c’est peut-être le cas de votre conjoint:

 

Le narcissique-histrionique

Il est à la fois un histrionique théâtral et séducteur, et un narcissique supérieur et susceptible.

 

 

L’évitant-dépendant

L’évitant étant bien obligé d’avoir quelques contacts sociaux, il va chercher à se faire accepter par les autres en étant serviable, gentil et dépendant.

 

Il y a enfin quelques personnalités très difficiles. Si vous y reconnaissez le portrait de votre partenaire, consultez un psychiatre qui vous conseillera sur la conduite à tenir.

 

 

L’antisocial (ou le sociopathe)

On trouve trois fois plus d’hommes sociopathes que de femmes. Ils ne respectent ni les règles de la société ni les lois, sont impulsifs, ont du mal à tenir des projets à long terme, et ont un faible sens de la culpabilité.

 

Ils plaisent souvent aux femmes à cause de leur goût pour l’aventure et l’audace. Mais ils se révèlent décevants: instables, ayant du mal à garder un travail, infidèles, dépensiers, enclins aux bagarres et aux beuveries. Les plus intelligents réussissent dans les affaires, à condition d’avoir de bons avocats ! Les sociopathes sont souvent mariés avec des femmes dépendantes qui, incapables de vivre seules, supportent leurs actes délictueux sans jamais les quitter.

 

 

Le borderline (ou la personnalité limite) 

Son humeur très instable le fait vivre dans un état de crise presque permanente, avec des émotions incontrôlables, de la colère alternant avec une humeur dépressive. Le taux de suicide est très élevé chez ces hommes qui abusent souvent de l’alcool et des drogues. Beaucoup d’entre eux ont subi des abus sexuels ou des violences de la part d’un proche dans leur enfance.

 

 

Le schizotypique

Il a des croyances bizarres concernant lui-même, les autres, et le reste du monde. Il est attiré par l’ésotérisme, les religions orientales, la réincarnation, les extraterrestres, les phénomènes paranormaux… Il n’est pas schizophrène, car il garde tout de même le contact avec la réalité, mais il a du mal à s’adapter à la société et est très solitaire, aussi présente-t-il un risque élevé de dépression et de suicide.

 

 

Le sadique 

C’est presque toujours un homme. Il agit de manière à faire souffrir autrui ou à le dominer. Par exemple il prend plaisir à punir ses enfants plus que nécessaire ou même les maltraiter, humilier autrui en public, terrifier par des menaces de sanction, etc. Une fois sur deux le sadique est également paranoïaque, narcissique, ou sociopathe.

 

 

Les comportements d’échec

La personne sabote volontairement son existence alors qu’elle pourrait faire autrement. Ces conduites d’échec sont souvent associées à une personnalité dépendante, évitante, passive-agressive, borderline ou dépressive.

 

Par exemple, face à une perspective de promotion, le dépendant refusera par crainte de devoir prendre des responsabilités personnelles, l’évitant par peur d’avoir un poste plus en vue, le passif-agressif pour « punir » son patron qui comptait sur lui mais à qui il en veut. Le borderline va refuser parce qu’il doutera soudain de ses véritables désirs et parce que son humeur changera brusquement, le dépressif par crainte de ne pas être à la hauteur de cette promotion, qu’il croit d’ailleurs ne pas mériter.

 

 

Nous rappelons notre suggestion: incitez en douceur votre mari ou votre femme à se faire aider par un psychothérapeute. Cela pourrait améliorer vraiment votre vie de couple. 

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