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VIDEOS: Lionel Messi est-il encore un footballeur?

Publié par MaRichesse.Com sur 15 Juillet 2014, 00:30am

Catégories : #SPORTS, #VIDEO

VIDEOS: Lionel Messi est-il encore un footballeur?

Il est allé, tête basse, chercher le trophée de meilleur joueur d'une compétition dont il aura peu pesé sur le dénouement. Tout un symbole, celui d'une machine à jouer parfois devenue caricature. 

 

Il erre sur le terrain puis monte, tête basse, chercher un trophée de meilleur joueur d’une compétition au cours de laquelle il n’a pas pesé lors des trois derniers matchs, les plus décisifs. Leo Messi est pour beaucoup le plus grand joueur de foot des temps modernes. En est-il pour autant un footballeur?

La meilleure occasion de Messi face à l'Allemagne en finale

Autant évacuer un reproche dès le départ: si la question peut paraître provocatrice, le but recherché n’est pas de remettre en cause les qualités intrinsèques du joueur. Il est surtout question ici de se demander si Leo n’est pas devenu le représentant d’un football qui privilégie les joueurs de foot au détriment des footballeurs.

Tout le monde connait le conte de fées Messi. L’histoire du gamin surdoué sauvé de ses problèmes de santé par le grand FC Barcelone et devenu depuis le meilleur joueur du monde. 

 

Surdoué, Messi l’est sans aucun doute. Sauvé par le Barça, un peu moins. Car depuis la sortie de livres comme Le mystère Messi, la belle histoire s’est trouvée quelque peu écornée: s’il a atterri au Barça, ce n’est pas pour qu’un club prenne en charge un traitement déjà couvert au pays, c’est avant tout car ayant décelé le talent de son fils, Jorge Messi a tout fait pour qu'il fasse carrière, s’inspirant de l’exemple local Leandro De Petris, jeune Argentin signé par le Milan AC à seulement onze ans en 2000. Entouré des bons agents, il parvient à décrocher un essai au Barça qui s’avère concluant et, à force de persuasion, finit par faire entrer son fils à La Masia, le centre de formation du club.

Leo a 13 ans et va désormais vivre en vase clos, loin de son pays, protégé de tout élément extérieur, le football comme seule et unique activité, entrecoupée de repos et de sessions jeux vidéo. Depuis, l’enfant de Rosario est devenu un quadruple Ballon d’or, symbole d’un football spectacle à la sauce catalane, une icône européenne aux origines sud-américaines. 

 

Le storytelling a remplacé la réalité

Pour beaucoup, il est l’héritier (quand il ne lui est pas supérieur) de Maradona. On comprend alors pourquoi le storytelling a pris la place de la dure réalité de l’histoire d’un enfant talentueux formaté pour devenir un grand joueur. Car s’il est une certitude, c’est que Leo Messi est un grand joueur. En revanche, il est légitime de se demander s’il est (encore) un footballeur.

Car plus qu’une simple question de sémantique, vouloir faire de Messi l’égal d’un Maradona (Argentine oblige) revient à devoir définir ce qu’est un footballeur, et par conséquent ce qu’est le football.

Leo Messi est le leader technique de l’Argentine 2014, comme Diego était celui de l’Argentine 1986. Comme Diego, Messi est souvent «utilisé» par ses partenaires pour débloquer des situations.

Mais le parallèle s’arrête là. Car si Diego pouvait débloquer une situation sur un coup de génie, il savait surtout lire le football. Il dictait le tempo de la rencontre, savait quand il fallait accélérer, lancer ses coéquipiers ou poser le jeu. Son activité était grande sur le terrain, la zone couverte immense.

Maradona venait systématiquement chercher les ballons dans les pieds de ses défenseurs, multipliait les allers-retours entre les lignes, venait sentir le jeu. De son côté, Messi attend d’être servi, ne participe quasiment jamais à la construction, se contentant de déclencher ses dribbles dans les 30 derniers mètres.

 

La mort des enganches

Maradona était un enganche, ce joueur en voie de disparition aujourd’hui (à l’exception du colombien James Rodriguez, pour citer l'exemple le plus flamboyant), ce meneur de jeu typiquement sud-américain que l’Europe a aujourd’hui tant de mal à intégrer, ce playmaker, représentant d’un football où l’individu, aussi génial soit-il, n’est finalement que l’un des maillons d’un collectif. L’enganche, c’est le leader technique qui brille et surtout fait briller, c’est le magicien du milieu de terrain, celui qui transforme le football en poésie.

Si cette notion paraît typiquement sud-américaine, elle compte plusieurs exemples européens: Michel Platini était un enganche à la française, Johan Cruyff son pendant néerlandais. S’il persiste de l’autre côté de l’Atlantique, en Europe, ce joueur est aujourd’hui sacrifié (voyez l’exemple de Riquelme en Espagne) au profit du football des individualités, dont les nouveaux dieux sont les Ronaldo et Messi. 

 

Avec eux, le football n’est que statistique personnelle, l’individu est supérieur à l’équipe. Il n’est plus un élément du collectif, c’est au reste du collectif de se mettre à son service. Conséquence directe de la marchandisation des footballeurs, chaque individu d’une équipe privilégie sa cause au nom des intérêts (financiers, publicitaires) qu’il défend.

Avec ces nouvelles idoles, c’est tout le football qui a changé. Il suffit de regarder jouer des enfants. On ne leur apprend plus à se placer sur un terrain, à savoir à tout moment où se situent leurs coéquipiers. On laisse le ballon à celui capable d’aller tout droit, tête baissée, pour marquer son but, imitant sa star vidéoludique, poussant l'imitation jusqu’à s’autoglorifier dans une célébration devenue marque de fabrique.

Autrefois, on nous enseignait qu’un dribble était inutile s’il se faisait au détriment d’une passe. Aujourd’hui, le bon joueur est celui qui enchaîne les dribbles, celui qui fait la différence tout seul.

Dans le sillage de Messi, le football a vraiment changé. Ses nouveaux héritiers fleurissent sur le web, les petits dribbleurs deviennent des stars made in YouTube que l’on invite sur les plateaux télé.

 

Dictature cherche Stakhanov

Le football est victime de cette dictature du spectacle qui a pris le pas sur la beauté du jeu. Et comme toute dictature, il cherche ses Stakhanov et prône le culte de la personnalité. Leo, le gamin de la «Maquina 87» devenu machine, répétant ses gammes, ses gestes, jusqu’à en devenir parfois une caricature comme lors des derniers matchs de cette Coupe du monde, en est son principal représentant, celui qu’on érige meilleur joueur d’un tournoi mondial.

Revoyez ce qui reste comme le coup d’envoi le plus parfait de l’histoire d’une Coupe du monde, lorsqu’en 1974, les Pays-Bas de Johan Cruyff dansent autour d’un ballon qui passe entre les pieds de joueurs qui avancent tête levée, pour atterrir dans ceux de leur leader technique floqué du numéro 14. Celui qui a dicté le rythme de ce ballet va porter le coup fatal au terme d’une percée individuelle. Et avec lui, demandez-vous si finalement, le football n’a pas sacrifié ses footballeurs, ceux qui font de ce sport un art collectif, pour lui préférer des joueurs de foot, qui n’en font qu’un spectacle.

Comme un symbole, les deux géants sud-américains et terres des enganche que sont le Brésil et l'Argentine ont perdu la Coupe du Monde de la même manière: en s’en remettant à deux individualités qui ne sont pas au service d’un collectif. La première, Neymar, a disparu sur blessure et son équipe a coulé; la seconde, Messi, a déçu au moment décisif et son équipe a perdu.

Et toutes deux face à une formation allemande devenue l’un des derniers défenseurs européens d’un football collectif. Une équipe allemande qui ne se retrouve pas personnifiée par un joueur de foot, mais qui est une association de footballeurs. 

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