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Conseils, science, sante et bien-être


Ces femmes qui ne veulent pas d’enfant

Publié par MaRichesse.Com sur 25 Juillet 2014, 21:44pm

Catégories : #FAMILLE, #ENFANT

Ces femmes qui ne veulent pas d’enfant

Malgré l'injonction sociale, certaines femmes font le choix de ne pas avoir d’enfant. Chaque génération compte environ 10% de femmes sans descendance. Mais désormais, certaines, notamment les trentenaires, le revendiquent avec force. Décryptage. 

« Je n’ai jamais voulu avoir des enfants. Et à regarder mes copines, mon choix se confirme. À côté de la joie qu’elles ressentent, il y a le manque de temps, la fatigue, les problèmes de couple. Moi, j’aime mon train-train quotidien, voyager quand je veux ou faire la grasse matinée. » À 30 ans, Amélie fait partie des 37 % de Françaises de son âge à ne pas avoir d’enfant (1). Beaucoup de ces jeunes trentenaires finissent par tomber enceintes dans un pays où le taux de natalité reste élevé avec deux enfants par femme en moyenne. Mais elles sont chaque jour plus nombreuses à ne pas enfanter, et à le revendiquer. Quelque 5 % des Français ont déclaré ne pas vouloir devenir parents (2). Un choix souvent mal compris par les proches. « Il y a autant de raisons que de femmes qui expliquent ce choix », avance Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale au Planning familial, pour exprimer la complexité d’un sujet où « rien n’est tout noir, ni tout blanc mais où il existe toujours une zone de gris ».

Les « non-mères » revendiquent souvent une absence de désir. « Jeune, je pensais fonder une famille. Avec mai 1968, j’ai compris que je devais m’épanouir en tant que personne. Et, à 21 ans, j’ai pris la décision de ne pas avoir d’enfant. J’en ai 66 aujourd’hui et je n’ai jamais regretté », explique Edith Vallée, contrainte de rompre avec son compagnon de l’époque, car lui voulait des enfants. Aujourd’hui psychologue et auteure de plusieurs ouvrages sur la non-maternité (3), Edith Vallée croit à « l’appel des entrailles » des mamans qui le revendiquent, mais affirme ne l’avoir jamais ressenti. « J’ai réorienté mon énergie vitale autrement. Dans ma vie affective et dans mon travail de recherches. » S’il est difficile de recenser toutes les non-mamans, pour Edith Vallée, il en existe deux types : « Il y a celles qui forment une "union", avec ce qu’elles aiment dans la vie. Ce sont des grandes amoureuses qui voient l’arrivée d’un enfant comme une intrusion. D’un autre côté, il y a les femmes "d’action", dont la non maternité témoigne d’une lutte contre le monde ou d’une volonté de rompre avec leur passé. »  

 

"No-kid" par militantisme

Une théorie que semble corroborer Marie-Laure Brival, chef de service de la maternité des Lilas, qui compte parmi les femmes qui ont consulté pour une stérilisation définitive, « celles qui ne veulent pas d’enfant pour des raisons profondes et des histoires de famille. » La gynécologue obstétricienne croise aussi des femmes qui choisissaient la non maternité par militantisme. 

Sans aller jusqu’à la stérilisation définitive, les militantes sont effectivement plus nombreuses qu’il n’y paraît. Il y a d’abord celles qui ajoutent à leur non désir d’enfant, des convictions écologiques. Car pour certains, ne pas avoir de fils ou de fille, est un service rendu à l’humanité. « On est déjà beaucoup trop sur terre. Mettre un enfant au monde est égoïste confie Marie, 29 ans. Il faut réguler la démographie. Si un jour je ressens l’envie d’éduquer ou de transmettre, j’adopterai. » Une volonté qui l’a poussée à se séparer de son ancien compagnon, qui souhaitait être père. « L’homme avec qui je vis aujourd’hui pense comme moi. Je connais des dizaines de couples qui ne veulent pas d’enfant pour cette raison », assure-t-elle.

Une idée a priori déconcertante qui fait petit à petit son chemin. C’est le propos  d’un mouvement né en 2009 : « La fête des non-parents » (4). Créée par Théophile de Giraud et Frédérique Longrée pour célébrer les couples qui ne désirent pas d’enfant, l’initiative ludique cache une revendication environnementale. Théophile de Gautier, co-auteur de Moins nombreux, plus heureux, l’un des instigateurs, avoue que l’une de ses motivations centrales, « c’est la question de la démographie ». L’un de ses combats consiste à faire entrer dans la conscience collective que la croissance naturelle doit être repensée car « une population moins nombreuse faciliterait l’organisation sociale, le partage de l’espace et donc l’émergence possible de relations apaisées entre humains et avec la nature ». 

 

"Les gens pensent que je ne suis pas finie"

Autrefois, lorsque les femmes choisissaient de ne pas avoir d’enfant, elles évoquaient souvent un combat féministe comme Christine, 56 ans : « Avoir un enfant c’était répondre à ma condition et à l’injonction sociale qui voit les femmes comme des mères avant tout. Le fait de choisir a été un facteur d’émancipation. » Mais ces revendications étaient rares parmi les 13,5% de femmes entre 49 et 53 ans sans descendance (5). 

La maternité reste une norme puissante dans une société où il est courant d’entendre : « une vie sans enfant n’a pas de sens » ou « une femme se réalise dans la maternité », ou encore « on n’est pas une vraie femme tant que l’on n’a pas d’enfant » ou, enfin, « ceux qui n’ont pas d’enfant sont égoïstes ». Aussi, celles qui choisissent de vivre sans enfant doivent constamment s’en justifier. « Socialement, c’est très fort, les gens pensent que je ne suis pas finie. Comme si je n’étais pas allée jusqu’au bout de ce qu’on attendait de moi. Quand on est dans la norme, on ne s’interroge pas », regrette Christine. Toutes font part d'une pression sociale pesante qui peut aller jusqu’au rejet et à la marginalisation. Pour certaines d’entre elles, le sujet est presque tabou. « Ma famille le sait mais me demande tout le temps : "alors c’est pour quand ?" À chaque fois, je réponds « plus tard », mais en réalité je ne veux pas d’enfant », assure Marie, 29 ans.

« Les gens aiment à croire que les femmes qui n’ont pas d’enfant sont déprimées », poursuit Edith. « Il y a une fausse tolérance vis-à-vis des "non-mamans". On ne s’oppose pas à leur choix mais on ne peut pas s’empêcher de penser qu’elles vont mal. Et lorsqu’elles traversent un passage difficile, on leur dit "ah… mais si elles étaient mères, ce serait différent". Aussi, je me suis surtout engagée pour que les mentalités évoluent. Ce n’est pas parce qu’on est mère qu’on s’est trouvée. En réalité, c'est la construction d'une vie qui est intéressante. Et il n'y a pas qu'un seul chemin. » 

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