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Vous n'avez pas confiance en vous? Vous pouvez réussir quand même

Publié par MaRichesse.Com sur 8 Juin 2014, 00:04am

Catégories : #DEVELOPPEMENT, #RELATIONS, #RICHESSE, #ARGENT

Les Américains sont persuadés qu'avoir confiance en soi est le meilleur moyen de réussir. Mais c'est peut-être leur excessive confiance en eux qui leur fait croire qu'ils ont raison...

Vous n'avez pas confiance en vous? Vous pouvez réussir quand même

Les Américains sont obsédés par la confiance en soi, et cela commence dès les premières années de leur vie. Les moindres activités pour enfants sont systématiquement présentées comme des manières de «développer l’estime de soi»du petit. La brochure d’un conservatoire de New York explique que les cours de musique sont «stimulants cognitivement» et qu’ils permettent de «développer la confiance et l’estime de soi». Accessoirement, on y apprend aussi à jouer d'un instrument.

Même chose pour le karaté. Pratiquer un sport pour le plaisir, c’est bien, mais la plupart des clubs précisent en général que «les arts martiaux permettent de renforcer la confiance en soi et les qualités de leadership».

Le parent américain a peur que son enfant ne s’aime pas assez. C’est pourquoi on lui vend facilement des livres comme  «50 conseils pour améliorer l’estime de soi de votre enfant», ou encore des ouvrages qui ciblent directement les jeunes, tels que:Je vais m’aimer ou Content d’être moi-même.

Cette relation à la confiance est assez torturée: depuis 2009, de nombreux livres –notamment Le piège de l’estime de soi et L’épidémie de narcissisme– pointent les écueils de cette obsession de la confiance. Dans cette veine, l’ouvrage le plus populaire est celui de la mère «tigre» Amy Chua (publié cette année-là), selon laquelle l’acquisition de compétences et la discipline sont les seules bases d’une réelle confiance en soi, pas le bombardement d’encouragements vides.

Pour résumer, les Américains ne savent plus trop où placer la barre de la confiance, et pas uniquement dans le domaine de l’éducation.

 

Crise de confiance généralisée

A la suite de la crise des subprimes, des dizaines d’articles ont évoqué «la confiance excessive» des banquiers, «l’arrogance» de traders «aveuglés par un orgueil démesuré» et un «optimisme exagéré». Dans Bright Sided, la journaliste Barbara Ehrenreich faisait le lien entre confiance excessive et tendance dangereuse au surendettement.

Dans ce contexte, on aurait pu penser que le pays était en train de modérer son enthousiasme pour les vertus de l’estime de soi. Ce n’est pas tout à fait le cas. Les récents best sellers sur les inégalités homme-femme au travail, ont un même message: si vous voulez réussir, ayez plus confiance en vous!

Dans le livre Lean In, publié l’année dernière, la directrice générale de Facebook exhorte les femmes à croire en elles et à s’imposer plutôt que de rester en retrait. Même son de cloche dans le livre des journalistes Katty Kay et Claire Shipman Le code de la confiance en soi, l’art et la science de l’assurance, publié en avril. 

Leurs recommandations sont simples: positiver, foncer, évacuer le doute, et agir plutôt que trop réfléchir. Une attitude qui correspond bien au slogan du monde du travail américain - «fake it till you make it» –que l’on pourrait traduire par «fais semblant jusqu'à ce que tu réussisses». Si tu es sûr de toi et que tu donnes l’impression d’avoir déjà réussi, tu t’en sortiras…

Le livre cite plusieurs recherches de psychologues qui tendent à montrer que ceux qui projettent le plus d’assurance –même s’ils ont tort– sont considérés comme plus importants et influents par leurs collègues. Or les femmes sont plutôt du genre à douter d’elles-mêmes: lorsqu’on leur demande après un test si elles ont bien réussi, elles sous-estiment systématiquement leur performance.

On apprend que Christine Lagarde et Angela Merkel préparent beaucoup plus leurs discours et leurs rapports que leurs homologues masculins, et qu’en moyenne les femmes chef d’entreprise ou sportives se remettent en question plus que leurs collègues hommes. Pourtant, le doute n’a  pas empêché ces femmes d’atteindre le sommet. Alors pourquoi se concentrer sur leur supposé manque de confiance?

Un professeur de psychologie à l’University College of London a récemment écrit un livre qui dit à peu près l’inverse de ce que recommandent Kay et Shipman. Selon les études qu’il a effectuées, on ne trouve pas de corrélation entre niveau de confiance et réussite professionnelle.

«C’est le fait d’être compétent qui crée la confiance en soi, pas l’inverse», explique Tomas Chamorro-Premuzic. 

«Douter de soi est très bénéfique car cela permet de se motiver pour s’améliorer…Le monde est en mauvais état en grande partie à cause des actions d’hommes qui ont trop confiance en eux.»

Pour un Français qui suivrait ce débat, l’inquiétude d’un manque d’assurance chez les Américains, même les femmes, est assez étrange. En effet, la plupart des Américains sont des maîtres de l’auto-promotion qui ont appris dès l’école à parler d’eux mêmes de manière positive, et à se mettre en valeur avec aisance.

La description qui est faite des femmes dans le livre de Kay et Shipman pourrait d’ailleurs correspondre à une description du Français par rapport à l’Américain dans le monde du travail. Plus en retrait,  plus analytique et moins dans l’action immédiate et la prise de risque.

Myriam Le Cannellier, qui dirige un cabinet de recrutement à Chicago confirme le fossé.  

«Les Américains ont tendance à se survendre et à se surévaluer.»

Elle explique que dans son travail de recrutement, il peut être difficile de cerner les personnes réellement compétentes tellement tous sont habiles à se mettre en valeur.

Le niveau souhaitable de confiance apparente varie beaucoup selon les cultures, et les Etats-Unis sont plutôt du côté de l’excès. Une journaliste de Jezebel.com se demandait si au lieu d’une crise de confiance des femmes, le problème n’était pas plutôt une crise d’excès de confiance des hommes (américains).

Au sein de la population américaine, les niveaux de confiance varient aussi selon les communautés, et les études à ce sujet ne vont pas dans le sens d'une corrélation positive entre confiance et réussite. Cette année, Amy Chua a publié un autre livre, dans lequel elle pointe le succès de certaines communautés, notamment d’origine asiatique, qui ont des niveaux de confiance en soi plus faibles que la moyenne. 

C’est aussi ce qu’explique Tomas Chamorro-Premuzic: 

«Les pays asiatiques qui ont émergé comme puissances dominantes ont des cultures qui valorisent beaucoup moins la confiance en soi, et plutôt la discipline, la modestie et l’introspection.»

L’étalon de mesure américain de la confiance est un peu décalé par rapport au reste du monde, mais au lieu de le remettre en perspective, les auteurs de livres commeLean In et Le code de la confiance semblent vouloir que tout le monde s’y adapte. Ce n’est pas forcément une bonne idée. 

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