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Trois raisons qui font que Sarkozy reste le meilleur chef de la droite

Publié par MaRichesse.Com sur 5 Juin 2014, 14:37pm

Catégories : #NEWS, #FRANCE, #EUROPE

Trois raisons qui font que Sarkozy reste le meilleur chef de la droite

Il est plus difficile encore de décrocher de la politique que de l’héroïne. Personne ne pouvait croire à l’engagement pris par Nicolas Sarkozy, pendant la campagne, de quitter la vie politique en cas de défaite à l’élection présidentielle.

Lionel Jospin s’était très vite mordu les doigts d’avoir annoncé son retrait de la vie publique dans l’émotion de son humiliante élimination au soir du 21 avril 2002. L’ancien Premier ministre socialiste n’a eu de cesse, par la suite, de tenter des manœuvres de retour.

Le président battu en 2012 a plus de chances que lui. La position désastreuse de son successeur ainsi que la pagaille qui règne à droite lui offrent de sérieuses opportunités. On ne s’étonne guère, dans ce contexte, que ses amis préparent le terrain, de plus en plus ouvertement, à sa reconquête de l’UMP. De Brice Hortefeux à Nadine Morano en passant par Roger Karoutchi, ils l’appellent à redescendre dans l’arène politique.

Ce probable retour, précipité par rapport aux intentions initiales de Sarkozy, doit beaucoup au climat délétère marqué par une série d’affaires qui le touchentdirectement. Affaibli par ces menaces, l’ancien président se doit de reprendre le contrôle de son camp afin de préserver ses chances futures. S’il devait effectivement être candidat, il n’en demeure pas moins en position de favori pour la présidence de l’UMP à l’automne, pour au moins trois raisons. 

 

1.La figure du chef

Deux ans après avoir perdu l’Elysée, la droite française est toujours orpheline de patron, une situation particulièrement pénible à vivre dans ce camp. Aucun chef n’a réussi à s’imposer en son sein. Le pitoyable duel entre Jean-François Copé et François Fillon, qui vient seulement de connaître son épilogue, fut le révélateur d’une impuissance partagée.

L’ancien Premier ministre de Sarkozy continue à éprouver toutes les peines du monde à sortir de son image de second. Le desperado Jérôme Lavrilleux dresse de Fillon le portrait cruel, mais pas forcément faux, d’une homme «complexé de l'intérieur, dans l'auto­émasculation tout en ayant besoin de prouver sa virilité». Qui plus est, l’ancien chef du gouvernement a commis toute une série de maladresses politiques, de la symétrie un temps établie entre le PS et le FN à ses risettes devant Vladimir Poutine.

Ces faiblesses ont redoré le blason d’Alain Juppé. Cet autre ancien Premier ministre semble avoir bien vieilli, devenu un peu moins rigide qu’autrefois. Mais il aura tout de même 72 ans en 2017.

On rétorquera que c’était l’âge de François Mitterrand lorsqu’il s’est représenté en 1988. Mais si le maire de Bordeaux ferait figure d’un candidat de droite rassurant pour l’opinion, rien n’indique qu’il pourrait être adoubé comme chef par les militants de l’UMP. A l’automne, ce seront les adhérents de cette formation qui arbitreront un éventuel combat, et non les sympathisants. 

 

2.L'argument anti-FN 

C’est l’argument principal des sarkozystes: leur champion serait le seul à garantir à l’UMP la qualification au tour décisif de la présidentielle de 2017. L’ancien chef de l’Etat serait «le seul dirigeant à avoir trouvé les mots, les gestes et les actes capables d'endiguer la progression du FN», répète Hortefeux.

C’est un fait que Sarkozy avait réussi à dégonfler l’électorat lepéniste en 2007: 10,44 des voix au premier tour de la présidentielle. Cinq ans plus tard, la démonstration fut moins claire, avec une Marine Le Pen à 17,9%. Mais il est peu contestable qu’il a réussi, au prix d’une campagne à la démagogie assumée, à contenir l’influence du FN au premier tour de la présidentielle de 2012.

Sur ce plan, Juppé est son concurrent le plus fragile. Le maire de Bordeaux plaide en faveur d'une entente entre la droite et le centre. Ce recentrage de l’UMP ouvrirait peut-être la porte à une candidature unique en 2017 –même si cette conséquence est loin d’être garantie– mais elle offrirait plus sûrement encore un espace de progression au Front national.

Fillon ne semble guère plus performant pour traiter le problème posé par l’extrême droite. Ses valse-hésitations en la matière témoignent d’une stratégie peu assurée. L’élu parisien semble pris en tenaille entre ses positions très droitières en matière d’immigration et de sécurité et le style pondéré et modéré qui est sa marque de fabrique.

 

3.Le syncrétisme idéologique

Là est sans doute le principal atout de Sarkozy: cet animal politique est terriblement brouillon mais à coup sûr imaginatif. La cohérence doctrinale n’est pas son fort mais il n’a pas son pareil pour humer l’air du temps. Sa tribune sur l’Europe, publiée à la veille du scrutin du 25 mai, témoignait à nouveau de ces défauts et qualités.

Pendant sa campagne de 2007, Sarkozy avait brillamment réussi un étonnant cocktail idéologique en empruntant aux trois traditions historiques de la droite française. Ses convictions libérales alors affichées le rattachaient à «l’orléanisme». Son autoritarisme rappelait le «bonapartisme». Et ses références à la tradition et à la religion s’inscrivaient dans la veine «réactionnaire».

Même si le charme n’est plus ce qu’il était, Sarkozy sera peut-être capable de bricoler un syncrétisme répondant aux préoccupations contradictoires de Français plus que jamais déboussolés. L’enjeu est de permettre à la droite de retrouver l’oreille des classes populaires. Or, ses concurrents ne sont guère convaincants sur ce plan-là.

Sarkozy a pu, à juste titre, se moquer de l’orientation rigoriste de Fillon:

«C'est un drôle de programme de promettre les 39 heures payées 35 et la retraite à 65 ans. Bon courage à celui qui veut se faire élire là-dessus!»

La surenchère libérale de son ancien «collaborateur» n’est pas précisément une thématique électoralement gagnante en France.

La ligne conservatrice et raisonnable, incarnée par Juppé, n’est pas plus porteuse. Elle dessine les contours d’un centre-droit qui se distinguerait de moins en moins du centre-gauche au pouvoir. La droite républicaine risquerait ainsi de tomber dans le piège de «l’UMPS» et d’être éliminée de la finale présidentielle.

Ces réels atouts de Sarkozy dans la bataille qui se profile pour la contrôle de l’UMP ne lui assurent nullement le succès. La coalition de ses adversaires est désormais large et puissante.

La principale difficulté qu’aura à surmonter l’ancien président ne se situe cependant pas dans son parti. Les Français oublieront d’autant moins aisément son bilan et son comportement passés que le feuilleton des affaires se chargera de leur rafraîchir la mémoire. 

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