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Les 12 choses que vous ne savez pas sur les taxis

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Juin 2014, 00:30am

Catégories : #NEWS, #FRANCE

Les 12 choses que vous ne savez pas sur les taxis

Paiement par carte bancaire, couleur « sobre » unique, voie réservée sur l'autoroute ou aménagement des gares et aéroports. Derrière ce catalogue de mesures contenues dans le rapport du député Thomas Thévenoud (PS, Saône-et-Loire) se cache une ambition : faire du taxi une « alternative à la voiture individuelle ». Selon ce rapport, remis le 24 avril au premier ministre, les voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), concurrentes des taxis depuis la libéralisation qui a eu lieu en 2009, devront aussi se plier à une certaine réglementation. En revanche, le délai de quinze minutes entre la commande et la charge (le quart d’heure de Manuel Valls),suspendu par le Conseil d'Etat, est supprimé. Mais au-delà de cette rivalité et de ses effets pour les clients, connaissez-vous vraiment le taxi, savez-vous comment il fonctionne, quels sont ses droits et ses devoirs, ses petits ennuis et son jargon ?Voici les 12 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur les taxis. Un panorama effectué avec l’aide de Marie-Xavière Wauquiez, auteure du livre Taxis, l’avenir en 3Dpublié grâce au système de crowdfunding KissKissBanBank en mars 2014.

1/ Une profession très masculine. Quatre-vingt-treize pour cent des taxis parisiens sont des hommes. « Il y a plus d’hommes chez les sage-femmes que de femmes taxis », constate Mme Wauquiez.

2/ Des taxis et des ambulanciers. On compte en France 55 000 taxis, dont 20 000 à Paris. Et pourtant, dès qu’on quitte le centre de la capitale et les aéroports, que l’on soit dans l’est parisien, en proche banlieue, dans une métropole régionale ou une ville moyenne, il devient aléatoire de trouver un véhicule. Où sont les 35 000 autres taxis ? Que font-ils ? Réponse : ils conduisent des malades à l’hôpital. C’est le« transport assis de personnes ».

3/ Des tarifs parfaitement incompréhensibles. A Paris, il existe trois types de tarifs au kilomètre, qui s’appliquent de manière différente selon les zones géographiques. Attention, prenez votre respiration : le tarif A vaut pour la zone urbaine de 10 heures à 17 heures, du lundi au samedi, le B le reste de la journée du lundi au samedi ainsi que de 7 heures à minuit le dimanche et les jours fériés, le C de minuit à 7 heures le dimanche et les jours fériés. Le champ des tarifs A, B et C n’est pas le même en zone « suburbaine », c’est-à-dire les trois départements de petite couronne, mais aussi les aéroports de Roissy et d’Orly, le Parc des expositions de Villepinte ou encore cette étroite bande urbaine qui est officiellement sur le territoire de la ville de Paris mais située à l’extérieur du périphérique… Pour cette zone, pas de tarif A, mais le B de 7 heures à 19 heures du lundi au samedi et le C le reste du temps. Enfin, au-delà de la zone suburbaine, c’est le tarif C, quel que soit le jour et l’heure. Ouf ! Inutile de dire que personne n’y comprend rien. D’autant que les taxis doivent eux-mêmes actionner le changement de tarif lorsqu’ils changent de zone, ce dont ils n’ont pas nécessairement conscience.

4/ La licence à prix d’or… mais pas partout. La licence de taxi, ce droit d’exercer la profession en stationnant son véhicule dans un endroit réservé, revendue à la fin de la carrière, n'a pas la même valeur partout. Elle est généralement évaluée à 240 000 euros à Paris, mais elle vaut 100 000 euros à Marseille, 80 000 euros à Arras et même « 40 000 euros en Saône-et-Loire », signale M. Thévenoud. En revanche, à Aix-en-Provence, la licence s'échange 300 000 euros, et à l’aéroport de Marignane, 350 000 euros. Nice bat les records, avec 400 000 euros. On notera qu’à Paris les taxis affirment que la valeur de leur rente est en train de baisser, les échanges se situant autour de 200 000 euros, un fléchissement qu'ils imputent à la concurrence des voitures de tourisme avec chauffeur. Bref, ça eut payé, mais ça paie plus.

5/ Deux clientèles bien distinctes. Bien sûr, chacun est libre de monter dans un taxi. Mais dans les faits, on constate la coexistence de deux clientèles qui ne se croisent jamais, raconte Mme Wauquiez dans son livre. A) Ceux qui prennent le taxi de jour, hommes ou femmes d’affaires, quadra ou quinquagénaires, qui ne regardent pas à la dépense, paient par carte bancaire et se font établir une note de frais. Ces clients privilégiés, parfois abonnés au même chauffeur depuis des lustres, se contentent d’arpenter les quartiers de l’Ouest parisien, d’un hôtel particulier à un siège social, d’un restaurant à une boutique. Sans oublier, évidemment, les gares et les aéroports. B) Les clients qui hèlent un taxi le vendredi ou le samedi soir, âgés entre 20 et 35 ans, pour qui il s’agit d’une dépense exceptionnelle. Ils voyagent dans l'Est parisien l’œil rivé sur le compteur et paient en liquide, à leurs frais.

Station de taxi, Paris. © Olivier Razemon6/ Les stations sans borne et les stations avec. On trouve des taxis stationnés sur la voie publique, sur des espaces qui leur sont réservés : il s'agit des stations, de capacité variable. Certaines d’entre elles, 116 à Paris, sont dotées d'une borne téléphonique : on peut théoriquement commander un taxi en appelant la borne d'un téléphone, par exemple de chez soi. En pratique, les numéros des bornes ont parfois été réattribués à des particuliers ou à des commerçants. En revanche, les autres bornes, presque 300 à Paris, ne servent qu’à « stocker » les chauffeurs en attente. Ce sont les municipalités qui sont chargées de l’entretien des stations, une tâche dont elles s’acquittent (assez mal) contre une cotisation de 17 euros par trimestre versée par chaque taxi. M. Thévenoud veut les moderniser, d'autant que ces stations parisiennes, souvent dégradées, font pâle figure au regard des 800 stations Autolib'.

7/ La « route de Shanghaï ». Dans le jargon taxi, c'est ainsi que l'on dénomme un détour injustifié infligé au client par un chauffeur indélicat, afin de lui faire payer le prix fort. Les touristes, ou les clients désagréables, subissent à l’occasion ce traitement.

8/ Pas de pipi après 22 heures ! Les Sanisettes installées sur la voie publique ne sont plus accessibles passé 22 heures. A Paris, les taxis doivent se rabattre sur la seule vespasienne qui existe encore, sous les murs de la prison de la Santé, ou stationner un peu n’importe où, au bord du périphérique, dans les bois, etc. Parfois la vidéoverbalisation sanctionne ce stationnement illégal et qui répond pourtant… à un besoin.

La gare du Nord, à Paris. © Olivier Razemon9/ Le plan Pégase. Lorsqu’un train, à la suite d'un retard, arrive dans une gare parisienne à une heure avancée de la nuit, la SNCF déclenche le plan Pégase, qui consiste à « convoquer » les taxis, afin d’assurer un transport aux voyageurs bloqués. Ceux-ci reçoivent un « bon-taxi » de 20 ou 30 euros. Ce dispositif a été imaginé en 2009 à la suite d'un retard affectant plusieurs centaines de voyageurs sur le réseau sud-est. Il s'applique entre 10 et 12 fois par an, comme ce fut le cas lundi 21 avril à la gare d'Austerlitz. On notera que la SNCF travaille encore à l’ancienne : elle fait connaître sa demande aux compagnies de taxi en leur envoyant… un fax !

10/ « Guantanamo ». C’est le petit nom donné par les chauffeurs à la « base arrière » de l’aéroport de Roissy, un énorme parking où ils attendent, parfois plus de trois heures, avant de charger un client. Proche de la rue Eugène-Poubelle, ce parking est aride : on n'y trouve pas d'abri, à peine la possibilité de se rafraichir, et les toilettes sont en mauvais état. « On pourrait utiliser ce lieu pour former les taxis, leur enseigner l’anglais ou les relations à la clientèle », suggère Mme Wauquiez. Le surnom « Guantanamo » s’explique par une salle de prière musulmane qui y fut installée un temps, avant d’être détruite.

11/ Pas de ceinture. Les taxis sont dispensés du port de la ceinture de sécurité. Cette singularité doit son existence a un événement unique. « Un jour, un chauffeur a failli être étranglé par son client », rapporte Mme Wauquiez. Par contre, les clients sont obligés de boucler leur ceinture.

Examen. © Olivier Razemon12/ Pléthore d’écoles. On compte une trentaine d’écoles de taxis en Ile-de-France, et encore bien d’autres dans le reste de la France. La qualité des formations dispensées, d'une durée de trois mois, « est inégale », assure Mme Wauquiez, qui rapporte une anecdote. « Un apprenti taxi, découvrant lors d'une formation l'existence de l'avenue de Tourville (7e arrondissement), affirme doctement : “C'est une erreur, c'est Trouville, pas Tourville.” Invité à consulter le plan de Paris, et voyant que cette avenue de Tourville existe bel et bien, l'apprenti s'exclame alors, incrédule : “Incroyable, ils ont fait la même erreur !” » 

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