Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Comment les vendeurs d'alcool ont obtenu que la Fifa nous fasse boire. Beaucoup

Publié par MaRichesse.Com sur 15 Juin 2014, 22:02pm

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #SPORTS

Le British Medical Journal publie l'enquête d'un journaliste britannique sur les relations étroites et structurantes qu'entretiennent la Fifa et les grands alcooliers.

 

Hier du pain et des Jeux. Aujourd’hui, le Mondial et la bière. Un travail très documenté (financé sur des fonds de recherche de la Commission européenne) démontre de quelle manière les géants mondiaux de la bière industrielle ont investi l’industrie du football. Signé de Jonathan Gornall, journaliste indépendant, ce travail a été publié dans le British Medical Journal (BMJ): «World Cup 2014: festival of football or alcohol?». (vidéo ici)

La Coupe du monde 2014 fournit ici une loupe grossissante de ce phénomène, qui n’est pas sans conséquences en termes de santé publique compte tenu notamment de l’impact de ce marketing sur les millions de jeunes amateurs de ce sport. Pendant le Mondial 2010, on a enregistré une augmentation de 37,5% des agressions, souvent associées à la consommation de l’alcool, dans les services des urgences britanniques les jours où l’Angleterre jouait.

Jonathan Gornall explique que la Fifa «a un long passif consistant à soutenir les intérêts financiers de ses partenaires, notamment Budweiser, l’un de ses sponsors officiels, tout en imposant des conditions extrêmes aux gouvernements à travers le monde». La Fifa a obtenu du gouvernement brésilien que le «statut du supporter» soit mis entre parenthèses. Ce texte, qui interdit depuis 2003 la consommation d'alcool dans les enceintes sportives du pays, est suspendu pendant la Coupe du monde.

L'emprise de la Fifa se fait via la taxation sur les profits réalisés par les partenaires commerciaux pendant la Coupe et, selon Jonathan Gornall, au moyen de l'«intimidation» exercée sur le gouvernement brésilien.

«Le pouvoir de la Fifa est tel que le Qatar, un pays musulman strict où la législation sur l'alcool est dure, a déjà autorisé la vente d'alcool dans les endroits où les supporteurs se trouveront en 2022.»

Comment les vendeurs d'alcool ont obtenu que la Fifa nous fasse boire. Beaucoup

Ce dernier décortique aussi de quelle manière le gouvernement britannique s’est laissé convaincre de laisser les pubs longuement ouverts pendant le Mondial.

La parfaite démonstration, selon lui, des liens qui unissent alcool et football. Outre-Manche, seuls 2 des 20 clubs de la Premiere league ne sont pas sponsorisés par l’industrie des boissons alcooliques. EtManchester United n’a pas moins de trois parrains financiers issus des secteurs de la bière, du vin, et des spiritueux. Carlsberg sponsorise la Ligue elle-même et neuf des vingt clubs.

Dans ce contexte, la France est citée en exemple grâce à la loi Evin qui a constitué une solide barrière (parfois poreuse) aux appétits des grands alcooliers et des géants de la publicité. C’est aussi une loi de santé publique qui devrait rassurer les amateurs de football comme les partisans du libre marché: l’interdiction de la diffusion de la publicité dans les espaces et les spectacles sportifs ne tue ni l’intérêt pour sport ni les industries concernées.

Reste le cas de l’alcool, du football et du Brésil. Un homme a symbolisé tout cela:Garrincha, un génie pathologique du dribble. Un alcoolique (1933-1983) devenu saint dans son pays. Un petit ouvrage vient de paraître, qui parle de lui avec beaucoup de délicatesse: Eloge de l’esquive d'Olivier Guez. C’est un hommage doublé d’un bréviaire pour le Mondial. 13 euros: le prix de deux ou trois bières. 

Source

Commenter cet article

Archives