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« La guerre mondiale contre les drogues est un échec de 1 milliard de dollars »

Publié par MaRichesse.Com sur 26 Mai 2014, 15:20pm

Catégories : #NEWS

« La guerre mondiale contre les drogues est un échec de 1 milliard de dollars »

« La guerre contre les drogues est un échec de 1 billion de dollars », affirme le financier milliardaire et philanthrope américain d'origine Hongroise, George Soros, dans une tribune du Financial Times. Il affirme que l'approche répressive inopérante adoptée dans le monde entier à l’égard du problème de la drogue a englouti des sommes d'argent considérables au détriment de politiques alternatives qui ont prouvé leur efficacité, telles que les échanges de seringues et la thérapie de substitution.

Une étude de la London School of Economics, soutenue par 5 économistes lauréats du Prix Nobel, a montré que cette guerre avait fait plus de mal que de bien. Elle a montré que la lutte contre la drogue a conduit à l'émergence d'un marché noir évalué à 300 milliards de dollars, qui a transféré le contrôle de la drogue sur les producteurs et les pays de transit, tels que l'Afghanistan et le Mexique. « Cette approche ne tient pas compte d’une vérité élémentaire : les marchés de la drogue s’adaptent particulièrement bien à toute nouvelle situation », écrit Soros. Ainsi, lorsque la répression se durcit dans un pays, le marché se déplace dans un autre. C’est ce qui s’est passé lorsque la Colombie s’est attaquée au commerce de la cocaïne : la criminalité et la violence associée se sont déplacées sur le Mexique. Selon l’étude, après 2007, les politiques de la Colombie ont été responsables de près de 20% de la hausse du nombre d’homicides c onstatée au Mexique.

« Ce type de violence a des conséquences désastreuses pour l'économie ; les entreprises se délocalisent, l'investissement étranger se tarit et les citoyens fuient à la recherche d’une vie meilleure », souligne Soros.

Mais les pays producteurs ne sont pas les seuls à subir ces effets pernicieux : les pays consommateurs souffrent aussi. Par exemple, les États-Unis comptent pour moins de 5% de la population mondiale, mais aussi pour près de 25% des détenus dans le monde. La plupart de ces personnes emprisonnées l’ont été pour des délits liés à la consommation de drogue, la plupart du temps sans violence. Répondre à ces délits par la mise en place d’un traitement, et d’autres alternatives, plutôt que par l’incarcération, aurait été plus efficace pour éviter les récidives et assurer la protection des autres citoyens, estime Soros.

40% des neuf millions de détenus des prisons du monde ont été incarcérés pour des délits liés à la drogue, et ce chiffre est susceptible d'augmenter à l'avenir, d’autant qu'en Asie, en Amérique latine et en Afrique de l'Ouest le nombre des délits est en augmentation constante.

« Malgré l’ampleur catastrophique de toutes ces souffrances humaines, des services qui pourraient sauver des vies et réduire le coût pour la société ne parviennent pas à trouver tous les financements dont ils auraient besoin,  ou ne sont pas du tout financés », note Soros. Il explique qu’un pays qui l’a essayé a démontré que pour chaque dollar qu’il avait investi dans un programme d’échange de seringues, qui permet de lutter efficacement contre la contamination du HIV entre toxicomanes, il réalisait une économie de 27 dollars. C’est une rentabilité énorme, compte tenu des milliards qui sont dépensés en soins pour soigner les personnes infectées au HIV. Selon Soros, les salles d’injection de drogue supervisées et les traitements de substitution donnent des résultats tout aussi encourageants.  

«Pourtant,  malgré ces bénéfices, le Congrès américain continue de bloquer les financements fédéraux pour les programmes d'échange de seringues », déplore Soros, qui observe qu’ailleurs dans le monde, on observe une résistance à s’écarter de « l’idéologie de la guerre contre la drogue ».

Mais en 2016, l’Assemblée Générale des Nations Unies va examiner la situation du système actuel de contrôle de la drogue. « Les gouvernements tout autour du monde doivent soupeser les coûts et les bénéfices de leur politique actuelle, et accepter de rediriger les ressources vers les programmes qui donnent des résultats. Cela sauvera des vies, et permettra également d’économiser de l’argent. Nous avons l’opportunité unique pour cette génération de remédier à l’inefficacité du cadre international adopté pour gérer la crise de la drogue. Le coût de l’inaction est trop élevé pour être acceptable », conclut-il. 

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